L^EMPEREUR MAZIMILIEN AU CONSEIL DE NUREMBERG
Landau, 12 décembre i5i2.
Maximilien, empereur romain par la grâce de Dieu, etc.
Honorables et chers fidèles,
Le soin que notre fidèle Albrecht Durer a toujours apporté aux dessins exécutés pour nos travaux, PolTre volontaire quMl a faite de continuer à nous servir de même, offre dont nous avons ressenti un vif plaisir; la grande célébrité qu^il a acquise dans Part de la peinture et les éloges que font de lui, comme nous Pavons appris, les autres peintres, nous ont déterminé à Thonorer d'une faveur toute spéciale. A cet effet, nous vous demandons avec de pressantes instances de vouloir bien, par amour pour nous, exempter chez vous le nommé Durer de tout impôt communal, charges, contributions et autres, en témoignage de notre faveur et en considération de son art re-nommé, qui le recommandera aisément auprès de vous. Veuillez donc ne rejeter en aucun cas cette demande, comme du reste il est convenable que
vous fassiez, tant pour nous être agréables que pour favoriser chez vous le développement de cet art. Nous ne doutons en rien de votre acquiescement. Vous reconnaîtrez ainsi la bienveillance toute particulière que nous vous avons toujours gracieusement témoignée, à vous et à votre viU««
Fait dans notre ville de Landau, le 12 du mois de décembre, la 27* année de notre règne. Tan 1 5 12 de Père romaine. Ad mandatumD^^ imperatoris mppria.
PRIVILÈGE DE l'eMPEREUR MAXIMILIEN EN FAVEUR DE DURER
InsprQçk, 6 septembre i5i5.
Nous, Maximilien, empereur par la grâce de Dieu, qui de tout temps avons agrandi TEmpire en Allemagne, Hongrie, Dalmatîe, Croatie, etc., etc.; roi, archiduc d^Autriche, duc de Bourgogne, de Brabant, et comte palatin, etc., déclarons publiquement par cette lettre, pour nous et nos successeurs à FEmpire, et notifions à tous qu^en considération de Fadresse, de Fart et de la science de notre cher et fidèle Albrecht Durer, beaucoup vantés en notre présence; en considération de^ bons, fidèles et utiles services qu^il nous a rendus, au saint Empire et à notre propre personne, si souvent, de diverses façons et de son plein gré, services qu^il nous rend encore journellement et voudra et devra nous rendre par la suite, nous lui accordons et concédons, de propos délibéré, après mûres réflexions,, au su de nous-méme, des princes de FEmpire et de FÉtat, ce que nous faisons savoir en venu de cette lettre. On aura, par Fentremise du bourgmestre et des conseillers de la ville de Nuremberg ou par leurs successeurs, à lui payer et remettre 1 00 florins du Rhin annuellement, et tous les ans, la vie durant, et pas plus longtemps, somme prise sur les impôts de la ville que nos honorables et chers fidèles bourgmestre et conseillers de la ville de Nuremberg ont à nous payer et verser annuellement et chaque année dans nos chambres des redevances. Et tant que les nommés conseillers et bourgmestre de la ville de Nuremberg ou leurs successeurs payeront, donneront et remettront audit Albrecht Durer ces 100 florins de la façon qui a été stipulée plus haut contre quittances, ces sommes, qu'ils ont, comme il est dit précédemment, à nous verser
annuellement dans nos chambres des redevances, devront être considérées dans les contributions de la ville, et passées en compte, comme si elles avaient été versées et payées à nous-méme contre nos propres quittances; et il ne sera fait à eux ou à leurs successeurs aucun tort ni aucun préjudice tant de notre part que de la part de nos descendants dans TEmpire. En foi et à Pappui de quoi cette lettre a été cachetée de notre propre sceau ci-attaché. Fait dans notre ville d'Insprûck, le 6* jour du mois de septembre, an 1 5 1 5 après J. C, de notre règne romain la 3o* année, de notre règne hongrois la 26«.
Maximilien.
Sur le propre ordre de Sa Majesté Impériale : L. S.