‹ Étude sur les affections articulairesChapitre 17 sur 29 · PREMIÈRE FORME · texte numérisé non relu

PREMIÈRE FORME

Arthralgie blennorrhagique.

Il s’écoule presque toujours un laps de temps assez long entre l’apparition des douleurs et le début de la blennorrhagie (dans l’observation I, il y a eu deux mois; dans l’observation II, un mois et demi).

Toutes les articulations peuvent être le siège de sensations douloureuses.

La douleur est tantôt vive, lancinante; d’autrefois compressive, contusive; assez souvent, surtout aux poignets, elle offre

un caractère spécial : le malade éprouve du malaise, un sentiment pénible, agaçant, dans les jointures.

Quelquefois elle présente une légère exacerbation la nuit v. obs. I).

Elle ne s’accompagne jamais de gonflement; on ne constate pas de craquements; les fonctions des membres sont toujours faciles: dans quelques cas ils sont plus difficiles; après la marche les douleurs sont plus vives.

Assez souvent on constate de la myosalgie, de laténosite.

Avant la manifestation rhumatoïde il existe assez souvent un léger mouvement fébrile.

Dans l’observation II, où nous avons assisté au début de la maladie, nous voyons que la température est à 38° 2, 38 degrés:

Le soir où apparaissent les douleurs, il y a des sueurs trèsmodérées, et la température est à 37° 9. Le 21 le thermomètre monte à 38° 6, le soir quelquefois à 39 degrés. Mais le 25 mars les douleurs diminuent. Alors la chaleur tombe à 37° 2; le soir, le malade est presque guéri, bien qu’il conserve encore quelques douleurs.

Il n’en est pas toujours ainsi, et la température peut très-bien ne pas dépasser 37° 7 et ne s’éloigner guère du taux physiologique.

Le pouls correspond à la lempérature, pouvant atteindre 94 et tomber à 72. En résumé, la températurene s’exaspère guère qu’au début, vingt-quatre heures, trente-six heures avant les douleurs articulaires, puis à certains moments la chaleur s’accroît un peu, au moment des oscillations diurnes. Cette augmentation de la température est passagère.

Voici des observations qui se rapportent à ces variétés :

Obs. I. — Blennorrhagie . — Arthr algies multiples. — Myosalgies.

D..., vingt-cinq ans, marchand de vins, est entré le 24 décembre, à l’hôpital Saint-Antoine, salle Saint-Augustin, n° \.

Étant jeune, à sept ans, il paraît avoir eu des croûtes dans les cheveux, avec engorgement sous - maxillaire , probablement un eczéma du cuir chevelu de nature scrofuleuse ; à dix ans, il eut deux fois un érysipèle à la face. Depuis cette époque la santé du malade a toujours été bonne; jamais de rhumatisme.

Il raconte que cinq jours après un coït suspect qu’il avait pratiqué vers le 20 août, il s’aperçut d’une goutte purulente au méat urinaire. Une quinzaine après, sentant une douleur dans le testicule droit, il consulta : une orchite était déclarée-, il ne remarqua pas que l’écoulement se fût modifié sous l’influence de l’orchite.

Du 25 août au premier jour de décembre, il a pris de la poudre de cubèbe, a fait des injections astringentes. L’écoulement a persisté malgré le traitement et continue encore aujourd’hui bien qu’il soit très-léger.

Il y a deux mois il ressentit de la douleur dans le genou gauche, quinze jours après il souffrait aussi du droit; il n’y a jamais eu de gonflement ni d’un genou ni de l’autre. De plus ces douleurs [avaient un caractère mal défini, elles s’exaspéraient la nuit pour se modérer pendant le jour. Depuis trois semaines il souffre dans les coudes et surtout dans les genoux, mais ces douleurs n’ont jamais été vives; il n’y a pas eu de gonflement ni de rougeur ; on lui a prescrit le repos, il ne paraît pas avoir eu de fièvre.

Le 24 décembre, son pouls est normal au sphygmographe.

25 décembre. — P. 60, T. R. 37° 7, les genoux seulement sont un peu sensibles à la pression : blennorrhagie légère, quelques taches purulentes sur la chemise; un peu d’hypospadias; il existe encore une induration dans l’épididyme droit.

5 janvier. — Pléiade ganglionnaire des deux côtés très-manifeste; engorgement des ganglions cervicaux postérieurs ; jamais de laryngite.

Point de gonflement des articulations, point de craquement pendant les mouvements ; sensibilité à la pression dans les muscles des mollets et adducteurs de la cuisse ; douleur diffuse dans les muscles des bras près de l’épaule (myosalgie), pendant la marche, la douleur semble diminuée pour augmenter après le repos. Le malade marche assez bien, mais il accuse de la faiblesse qu’il attribue au séjour prolongé du lit. Pas de céphalalgie.

A la région cervicale moyenne, derrière le bord du sterno-cléidomastoïdien, on rencontre une cicatrice provenant de l’ouverture, il y a six moins, d’un abcès : à cette époque il aurait été soumis au traitement par l’iodure de potassium.

Il dit n’avoir jamais eu ni plaie aux membres, ni affection cutanée, on rencontre cependant un léger prurigo généralisé avec des points d’acué à la partie postérieure du thorax ; jamais de mal de gorge.

8. — Peu de sommeil. Les douleurs dans les épaules et aux genoux sont moins vives. Rien au cœur. U quitte l’hôpital à la fin de janvier, presque complètement guéri.

Obs. II. — Tênalgie de l’insertion inférieure des tendons d'Achille.

Vaginite. — Arthralgies multiples.

B... (Victorine), dix-neuf ans, domestique, est entrée le 18 janvier 1869, à l’hôpital Saint-Antoine, salle Sainte-Adélaïde, n° 18.

Cette jeune fille raconte que depuis un mois, après un coït suspect, les pertes blanches qu’elle avait auparavant ont augmenté, et que depuis douze jours seulement elle souffre en urinant.

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