SOLS
Gadinine C’H'5AzO?:.
Découverte par Brieger qui la retira des produits de putréfaction de la morue en précipitant par le chlorure de platine
les eaux mères qui avaient déjà fourni la muscarine.
Propriétés. — Elle donne avec l'acide chlorhydrique un sel cristallisé en grosses aiguilles incolores très solubles dans l'eau, insolubles dans l'alcool. Les solutions de ce chlorhydrate sont précipitées par le chlorure de platine en aiguilles jaune d'or, par les acides phosphomolybdique, phosphotungstique et par l'acide picrique.
Elle n’est pas toxique.
L'existence des quatre bases oxygénées dans les produits résultant de la putréfaction de la chair de poisson explique les accidents toxiques signalés après l’ingestion de poissons mal conservés. D'ailleurs Anrep, professeur à Kharkow, étudiant en bloc les produits résultant de cette putréfaction, avait obtenu les principales réactions des ptomaïnes.
Bases C’H'$Az?05 et C‘H!:2Az20:.
Ces deux bases ont été découvertes en 1884 par M. le professeur Pouchet, déjà connu par des travaux sur les alcaloïdes putréfactifs qui font le sujet de sa thèse d’agrégation.
Dans une note publiée en mars 1884, il constata l’analogie qui existe entre les ptomaïnes et une nouvelle série de bases découvertes dans les organes du corps sain (leucomaïnes) ou malade ftoxines).
Appliquant la méthode suivante à des résidus provenant du
le are
traitement par l'acide sulfurique de débris d'os et de viandes, il obtint ces deux bases : ces résidus étaient réduits en pulpe et traités par de l'alcool, et le mélange additionné d’une quantité suffisante d'acide citrique pour donner une réaction légèrement acide, Le tout était mis en digestion à 50° pendant quelques heures et agité fréquemment. On passe sur une toile et on exprime le résidu solide. On évapore à 40° environ en consistance de sirop, on additionne de 19 à 15 fois son volume d'alcool à 95°. [l se forme un précipité qu'on sépare. On distille pour retirer l'alcool et la liqueur épuisée par le pétrole pour enlever les matières grasses. Elle est ensuite additionnée de bicarbonate de ‘soude, puis épuisée par la benzine, le chloroforme et l'alcool amylique, qui séparent les alcaloïdes en bloc ; on évapore ces solutions et le résidu dialysé ou traité par le tannin et l'hydrate de plomb, puis l'alcool bouillant.
Sur le dialyseur reste un mélange de bases hydrovyridiques analogues à celles de MM. Gautier et Étard; quant aux produits solides, ils donnent deux chloroplatinates assez solubles dans l'eau, cristallisés l’un en aiguilles prismatiques répondant à la formule (C'HAZOSHCI)PtCI presque insoluble dans l'alcool fort, l’autre est sous forme de poudre jaune et répond à la formule (C’H°AzO‘HCI) PIC soluble dans l'alcool mais insoluble dans l’éther et dans un mélange d’éther et d'alcool.
En faisant réagir l’acide sulfhydrique sur ces deux chloroplatinates on obtient deux bases cristallisées altérables par l'acide chlorhydrique en excès au contact de l'air.
La première de ces bases CFHA7?0* se présente sous forme d’aiguilles groupées en pinceaux peu altérables, tandis que l’autre, C'H'#Az?06, est en prismes gros brunissant à la lumière et s’altérant à l'air.
Leurs solutions aqueuses précipitent par l'acide phospho-
molybdique et le précipité réductible est soluble dans l’ammo-
niaque en donnant une coloration bleue. Elles se comportent comme des oxybétaïnes. |
Ce sont deux bases toxiques abolissant les mouvements réflexes.
Midatoxine C6 H!3 AzO®:.
Découverte par Brieger dans les produits de putréfaction des cadavres humains et de la viande de cheval. Elle accompagne souvent la cadavérine et la putrescine. Elle donne un chlorhydrate fusible à 193, précipitable par le chlorure de platine et l’acide phosphomolybdique. |
Son pouvoir toxique est peu considérable.
Mydine C$ H'! AzO.
Extraites des viscères humains par Brieger, elle est peu stable et se décompose par la chaleur, elle constitue une réaction énergique agissant sur le chlorure d’or et donnant la réaction Brouardel-Boutmy.
Elle précipite par l'addition d'acide picrique et le précipité formé est très stable et fond à 195°.
Elle est également peu toxique.
Méthylgadinine.
Elle à été trouvée par Brieger avec les bases précédentes dans les mêmes conditions et donne les mêmes réactions ; elle
ne s'en distingue que par sa plus grande toxicité.
Peptotoxine.
Cette substance a été isolée par Brieger en appliquant sa méthode à 200 grammes de fibrine humide soumise à l’action du suc gastrique à la température du corps.
Propriétés. — La peptotoxine est soluble dans l’eau, l'alcool amylique surtout à chaud, elle est insoluble dans l’éther, la benzine, le chloroforme.
Très stable, elle résiste à l’action de la chaleur.
Elle précipite par les acides phosphomolybdique et phosphotungstique, le tannin, les iodures doubles, les chlorures d’or, de mercure et de platine, l'acide iodhydrique iodé. Elle donne la réaction Brouardel-Boutmy, elle est peu toxique.
La peptotoxine se rapproche beaucoup des peptones : elle présente des différences essentielles d'avec les alcaloïdes, mais nous avons tenu à en parler à cause de l'intérêt qu'elle présente au point de vue de l’origine des alcaloïdes microbiens. Nous avons déjà dit, en effet, que la peptotoxine apparait au commencement de la putréfaction de la peptone, puis disparaît pour faire place aux bases que nous avons étudiées. Elle nons semble donc être le stade de décomposition par lequel les matières albuminoïdes passent pour être décomposées par les
bactéries.
Mytilotoxine C5 H'5 AzO*.
Cette substance a été isolée des moules avariées par Brieger.
Propriétés. — Elle est résineuse, soluble dans l’eau, elle donne un chlorhydrate cristallisé fondant à 182°, elle précipite par le chlorure d’or.