Maladie du porc
Cultures du staphylococcus pyogenes aureus.
Brieger ayant ‘ensemencé de la viande de bœuf, des bouillons
et de la gélatine peptonisée avec le pus provenant d'abcès, vit : se développer des cultures de staphylococeus ; prenant alors ses
cultures sur la viande de bœuf divisée, il les traita par sa
méthode générale, il précipita seulement la peptone avec le bichlorure de mercure, et la liqueur séparée du précipité conte-
nait de l’ammoniaque et une base organique peu toxique dont le chlorhydrate obtenu sous forme de fines aiguilles donne avec l'acide phosphomolybdique un précipité jaune floconneux, avec
l'acide phosphotungstique un précipité blanc soluble dans un
excès de réactif, avec l'iodure de cadmium et potassium une coloration rose, avec l’iodure de bismuth et de potassium un précipité aciculaire rouge brun, avec l'acide picrique des aiguilles
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jaunes, et qui produit très nettement la réaction Brouardel- Boutmy.
. MM. Rodet et Courmont, dans une note publiée dans les comptes-rendus de la Société de Biologie (Séance du 8 décembre 1894) admettent que le corps signalé par Brieger est en réalité un mélange de plusieurs substances. Ces substances sont distinctes de la diastasé isolée par Christhmas dans les mêmes cultures. :
Culture du Bacille Pyocyanique.
Les observateurs qui ont étudié la coloration bleue produite à la surface des plaies par le bacille pyocyanique sont nombreux, mais c'est Fordos qui lisola le premier en 1859, et Gessars, dans sa thèse de 1882, la reconnut comme produit du bacille pyocyanique et en indiqua le mode d'extraction
suivant.
Préparation. — On cultive le microbe en question dans l’urine, dans le liquide de l’hydrocèle, dans une décoction de carottes, et quand le liquide a pris une coloration bleue verdâtre on l’agite avec du chloroforme qui dissout les matières grasses etles matières colorantes ; cette solution chloroformique bleue agitée avec de l’eau acidulée avec Hel lui abandonna la pyocyanine qui devient rouge, cette solution est saturée avec un carbonate alcalin qui met la pyocyanine en liberté, on la redissout avec une petite quantité de chloroforme et cette solution filtrée laisse déposer des cristaux de pyocyanine en
s’évaporant.
Propriétés. — Elle se présente en prismes ou en lamelles d’une
couleur bleu foncé, d'une saveur amère, non déliquescents,
solubles dans l'eau, dans l'alcool, le chloroforme, peu solubles .dans l'éther; inaltérable par la chaleur, elle vire au rouge par les acides. .
Les solutions de pyocyanine précipitent par le chlorure d'étain en lamelles jaune verdâtre, le nitrate d'argent en vert.
La pyocyanine donne des sels cristallisés très solubles dans l'eau et l'alcool, insolubles dans le chloroforme, ils précipitent de leur solution en jaune par le chlorure d'or et le bichlorure de platine, en bleu par l’iodure double de mercure et de potassium, en vert par le bichlorure de mercure et l’acide phosphomolybdique.
Ils donnent très nettement la réaction Brouardel et Boutmy.
La pyocyanine en solution alcaline aqueuse s’oxyde à Pair en donnant la pyoxanthose qui est jaune et possède les réactions de la pyocyanine, mais qui donne avec le chlorure d’or un précipité violet, avec le chlorure platinique un précipité rouge et avec l’acide phosphomolybdique un précipité jaune. Elle jaunit au contact des acides et devient violette avec les alcalis.
L'analyse de la pyocyanine faite par Lederrhose lui assigne la formule C* H“ Az O.
Les propriétés physiologiques ont été étudiées avec beaucoup de soin par M. Charrin.
Résultats fournis par l’étude des Alcaloïdes microbiens.
Cette rapide étude des alcaloïdes d'origine microbienne et des travaux auxquels ces alcaloïdes ont donné lieu suffit pour montrer quel intérèt puissant est attaché à ces recherches et
quels résultats on pourra en tirer en continuant les travaux
de
qui ont déjà permis de résoudre un certain nombre de problèmes de chimie générale, de chimie biologique, de médecine légale, de physiologie et de pathologie.
En ce qui concerne la chimie proprement dite, rappelons en effet que M. Schutzenberger, en chauffant à 200° en vase clos les matières albuminoïdes avec une solution de baryte avait obtenu une hydratation de ces matières suivie d’un dédoublement en tyrosine, leucine, glucoprotéines 6, il avait démontré également que les leucines en perdant leur acide carbonique se transforment en amines, que les glucoprotéines non dédoublables s'hydratent en donnant des acides protéiques, en perdant de l'acide carbonique, les acides hydroprotéiques perdent également de l'acide carbonique en donnant des amines oxygénées qui, déshydratées, donnent des bases hydropyridiques.
De ces dédoublements sous l'influence d'une hydratation, M. Schutzenberger avait conclu à la formule suivante pour
représenter la constitution des matières albuminoïdes.
17 / CO | —C'H*AZH CGH*AZH CIF — COR CO CN A/HCH AZ CH CH CO
CO Z H Na $ co | — CH°CHAZH CH CH AZH CHE CO'H
L'hydratation de cette formule conduit à la formation d'urée
pour la première et partie des corps suivants. OH — CO — C‘H° — AZH° (Leucine) OH — C H'AzH° (base oxyéthylénique analogue à la névrine), etc.
Les hypothèses que M. Schutzenberger avait émises à la
suite de réactions chimiques de laboratoire ont reçu une con-
firmation éclatante par l'étude des produits de la putréfaction : :
la fermentation putride peut être considérée comme une vérie table hydratation et non comme une oxydation, car elle este
anaérobie, or elle donne des alcaloïdes qui sont semblables aux bases obtenues par M. Schutzenberger. Nous avons vu, en effet, qu'on a trouvé parmi elles des amines, des ptomaïnes oxygénées et des bases pyridiques et hydropyridiques.
La chimie physiologique est venue ainsi confirmer les hypothèses que la chimie pure avait élaborées : il y a plus, Brieger a retrouvé dans la décomposition putride des matières albuminoïdes les mêmes stades que Schutzenberger a trouvés dans leur hydratation par la baryte : il a démontré en effet que les albuminoïdes se transforment d'abord en peptotoxine qui se décompose à son tour en ptomaïnes oxygénées, en diamines qui font place à des bases pyridiques, et enfin ces bases ellesmêmes se résolvent en triméthylamine, en ammoniaque, etc...
Dans les deux cas, réaction chimique ou réaction putréfactive, suivant la période à laquelle on observe le phénomène, on trouve des molécules albuminoïdes incomplètes, des noyaux cycliques qui perdent peu à peu leurs chaines latérales et vont toujours en se simplifiant.
La chimie biologique doit à cette étude une connaissance plus approfondie de la nutrition de la cellule animale et de la désassimilation, elle a vu par elle se resserrer l’analogie des phénomènes vitaux des deux règnes végétal et animal : tous deux sont susceptibles de produire des alcaloïdes doués de propriétés très voisines et parfois identiques, telle la muscarine.
L'étude des ptomaïnes a conduit à celle des leucomaïnes, qui éclaire d'un singulier jour les échanges organiques et le retour des substances organisées au règne minéral.
Nous avons vu, en traitant des propriétés des alcaloïdes micro-
biens, combien leur étude était utile au mélecin légiste et au
Æxpertises et, par suite, des erreurs judiciaires : la formation des alcaloïdes toxiques-dans les cadavres et même dans les tissus vivants au cours de diverses maladies infectieuses montre une fois de plus qu'il ne suffit pas de trouver dans les organes d’un cadavre une matière toxique pour conclure à un empoisonnement, et il est indispensable de définir la nature et les propriétés de cette matière toxique, alors seulement on sera en droit de conclure affirmativement : on voit done quel intérêt puissant s'attache à ces recherches et combien il serait à désirer que la connaissance de ces corps soit suffisante pour éviter les incerütudes que nous avons signalées et qui peuvent résulter du mélange de certains alcaloïdes avec les ptomaïnes dans.les viscères exhumés après plusieurs semaines!
Nous avons montré également en citant les travaux de MM. Charrin, Bouchard, Courmont et Doyon, comment l'étude des toxines avait modifié entièrement la conception de la pathogénie des maladies infectieuses : ces maladies doivent ètre considérées aujourd'hui comme de véritables intoxications et être traitées comme telles. C'est du reste ce que M. Villiers disait dans une de ses communications à l'Académie des sciences
que nous avons citée : « L'étude de ces alcaloïdes peut donner des
indications utiles en thérapeutique; peut-être en effet, s'il est
EN
vrai que les maladies se terminent par un empoisonnement,
pourrait-on empêcher ce dernier de se produire au moyen
« d’un contre-poison administré d'une manière continue jus-
« qu'à ce que la cause de production du poison ait disparu ».
Le contre-poison auquel M. Villiers faisait allusion était une substance chimique qui amènerait la destruction ou la neutralisation chimique du poison microbien (c'est ainsi qu'il proposait l'administration de l’eau iodée contre le choléra); mais
dans la même voie de la thérapeutique par les antitoxiques,
sont venus des savants qui ont cherché à combattre Nr microbien par: d’autres poisons microbiens où à empêcher sa production en enrayant la fermentation diastasique qui lui donne naissance, C'est cette idée qui a présidé à la découverte des vaccins chimiques, des sérums antitoxiques ét des injections immunisantes, conséquence des études sur limmunité naturelle ou acquise. |
Mais ici encore le chemin parcouru est bien restreint en comparaison de ce qui reste à faire : il est certain en effet que dans ces vaccins chimiques, dans ces antitoxines, dans ces sérums encore inétudiés au point de vue chimique, il existe des substances chimiques bien définies, ct c’est probablement à l'une de ces substances qu’il faut rapporter les propriétés du vaccin ou du sérum. Il y aurait certainement avantage à préparer cette substance pure comme on l’a fait pour la pepsine, la pancréatine, etc., et une posologie plus régulière qui en serait la conséquence permettrait d'en graduer les effets.
D'autre part, pendant que le bactériologiste cultivant les agents infectieux récolterait le poison soluble sécrété par un microbe pour l’administrer à l'homme malade, le chimiste l’aiderait peut-être dans cette tâche en reproduisant par synthèse les substances chimiques auquelles sérums et vaccins
doivent leur activité.