‹ Étude sur les animaux de l'Anjou, (mammifères)Chapitre 5 sur 7 · partie. {Inv. d'Anjou, 754 à · texte numérisé non relu

partie. {Inv. d'Anjou, 754 à

' l.e Rreuil de fains (c'est-à-dire le bois de hêtres) n'existe plus 11 était situé ù Uoid lieues nord-esl de Baugé, entre les communes de Cbavaignes^ Cbigné et Genneteil, près No^fant.

(Notes d^ Jév«me Pichon sur le Trùor éê Véneriê.}

Catherine de Médicis pour faire sa cour à François V\ lorsqu'elle n'tHciit encore que dauphine, avait formé une petite troupe, qu'on appelait, dit Brantôme, « la petite bande des dames, » avec laquelle elle allait courre le cerf : elle était toujours accompagnée dans ces excursions de François de Rohan, seigneur de Gié, du Verger, baron de ChAteau-du-Loir, de Mortier-(irolle et de Marigoy.

Catherine de Médn is ainiait la chasse avec fureur; elle lit plusieurs chutes de cheval, qui pensèrent lui devenir tataliîs, et dut la vie, plus d'une fois, à son intrépide compagnon ; outre la rupture d'une jambe, elle reçut une blessure à la téte, à la suite de laquelle elle fut trépanée.

Charles IX vint au château du Verger, le 8 novembre 1565. Le seigneur de ce lieu avait organisé une chasse en Thonnenr de ce monarque, dont tout le monde connaît la grande passion ^ On

* Charte IX fat un dM plus gnndi duMSun «[ui uant «raté. 11 tnlraprit m qu'aaeun âotre D'ayait osé faire avant lai : 11 atlaqtia ua cerf à vue et uuds aide

de chiens cournuts vA lévrier-;, sans prendre même de relais. II le poursuivit par monts et par ifaux a course de cheval, avec tant de fureur qu'enûn le cerf fut forcti et rendu. Jean-Antoina da Balf, fils da l'Angevin Laiare de Baif, ambasndaur à Venisa an 1530, célèbre cet aiploit dans «ne pièce de vers derenua fort rare aujourdirai, et qu'on a bien voulo nous cemmuaiqaer :

Au mont Ménalien, Hercule ei bien guette Gomme debon du fort rattronge cerf le jette,

Clierchaut son viandis, que d'un trait non fintif

II traverse lo flanc de ce monstre fuilif;

Mais vous, non pas d'uguet^ combien que d'embuscade.

Vous penssiei le tirer da «eure arquebuiade

Trop plue juste tireur que ce vaiUaot areber ;

Mais tout ouvertement tous aimastes plut dier,

A courte de clievAl le poursuivant k veue.

Une chasse achever encore non cogneue,

N'^ faictc d'aucun Roy. Sans lévriers, sans clabauts,

ATex forcé le cerf et par monts et par taux,

Ibumcné de tous «eulj monstraut que la vitesse

Ne sauve le couart, quand le guerrier le presse.

C'est le cheval guerrier, qui sous uu roi Tniilanl,

Magnanime guerrier, non vaincu bataillant.

Orgueilleux de m d>arge, et de course non lente

Acconsaivit la beste en «es membres tremblante,

lança le cerf ; le roi le poursuivit avec une telle ardeur, qu'il laissa

loin derrière lui sa suite.

Charles IX fut ravi de cette chasse et Ue la manière dont les gentilshommes avaient sonné du cor, dignes rivaux du duc d'Alan-^ çoU) de Huet de INautes et du sire de Montoioreiicy.

Du corner d'Anjou justement Enfendent eenlx paxCaitement Sœvent corner U aucun ; Pour ce mais raport à chacun *.

Charles IX chaaaa plnsiepis fois le cerf, pendant son Béjcmr eo Anjou. Entre autres forêts, où il se donna ce plaimr, nous citenmsla forât de Belle-Foule. Un grand dîner fut offert an roi, lorsqu'il vint coucher au chétosu de BnsBae : un cerf entier, la tète onpée de ses bins, tenait le centre de la table ; on voit encore la cheminée qui servit à r^tir cette pièce gigantesque.

Henry lY, pendant le temps qu il passa en Anjou, se livra à de grandes chasses, au Plessis-Macé et aU Y.erger. Il y eut, dans cette

Et sous "vostre esperon légior obéissant

De la prise espérée fotH rendit jouissant.

Qae nofluis-ja Gonon, nuûstre en k cogooimnea

Dm a«trei du haut da ciel l Là-haut votre lemblance

En veneur estoilé, la trompe sous le bras,

L'épieu dedans le poing, Toslre rhoval plus bai,

D'estoilles flamboyroit Orion qui menace,

La lempeste efl'écidr tous qnilteroit la place.

Non pour donner l'oiege anx humaine malheureux^

Mais pour tiToriier ks Tenmin Uenhenreui.

Moy donc ce que je puis, tous mon ^and Roy je chante,

Avecque le chefal, la besle trébuchante;

Au coup de vostre main, sur un chêne branchu

Vouant du dief du cerf le braachage fenrchu.

Le roi Charles neufTième, et premier qui a voe.

Sans meute sans relais, k In he-^tp recrue,

Piquant et parcourant faitreudre les abboig.

En consacre la teste à k dame des bois.

* TMmt (k /• FAisns, page 7S.

terre, une chasse aax lanternes *. Lorsque le cerf fut mis à morl, le seigneur du lieu coupa la patte gauche de Taninud, et mettant un genou en terre, la pr^enta au loi» suivant Tusage, dans un magni-

%ue plat d'or aax armes des Uohau, eusuitu eut lieu la curée à laquelle le roi prit un vil piaisii*.

Voici les prescriptions ordonuées par la laculté de médecine d'Angers, en l'année 171)5, à l'égard de la chair du cerf :

a Le ccïi doit être gras, tendre, bien jeune et même qui telte encore, si ou peut le ti'ouvcr tel.

u Sa chair est fort nourrissante et elle produit un aliment solide et durable.

« A mesure que le cerf vieillit, sa chair devient dure, compacte, difficile à digérer, pesante sur l'estomac, et propre à produite des ^ humeont grossières et mélancoliques. Galien en désapprouve fort Tusage , et Ayioenne prétend que cette chair cause des lièvies quartes.

« Le cerf contient en touti^ ses parties beaucoup d'huile et de sel rolatil alkali.

« U convient en tout temps aux jeunes gens bilieux, qui ont un estomac fort et robuste, et qui sont accoutumés à un grand exercice de corps; mais les vieillards, les personnes faibles et d*nn tempérament mélancolique doivent 8*en abstenir. »

La faculté de médecine d'Angers ordonnait pour ariéter les diarrhées et les vomissements de sang une gelée £ûte avec la raclure de corne de cerf.

La moelle et la graisse de cerf étaient employées pour les rhiuiiatismes, pour résoudre, puai' fortifier les nerfs, pour ia goutte sciatiijue et pour les fractures.

Uu faisait prendre, par jour, une dragme de sang de cerf desséché au soleil, aux malades attemts de pleurésie ^

* [/Buteur aaonymu de la Vie d'Henri iK assure avoir appris d'un homuie de coudiuuu qui accouipagUHit cë priuce dan» iouteii ses chasses, que jamais oa ue lumail un cerf, sans qu'U n'ôtàt ion chapeau, ne fit le gigoa de la croix, ei puis piquait MA cheval et suivait le cerf

• Uiti\errité drAugere, Facultâ de Médecine (liewe 9).

Les Angevins, lorscju'iîsvoyafçeaient, avaient rhabitude d'attacher à la selU' de leurs chevaux une outre de peau de cerf, daus laquelle ils mettaient du vin. •

On lit dans la vie de saint Manr, que ce vénéré personnage, étant allé vi.siter mw d ^ fermes de son monastère, vit arriver à lui, le visage rouvert de sueur, Anscrairc, nrchidiacre de l'EfïUse d'Angers ; le saint abbé voulut le faire rafraîcliir, malheureusement son outre de peau de cerf était prestjue vide. Mais, dit l'historien qui raconte ce fait, rbomme de Dieu y suppléa par un miracle, car il multiplia tellement le reste de liqueur que contenait son outre, qu'elle suffit pour désaltérer soixante dix-huit personnes, qui se trouvaient là.

CERF-CHEVREUIL. — Cervus Capreolus (Linn.).

CARACTiUBS. — Bois 8*élevant perpendiculairement au-dessus de la tète ; un premier andouiller à la face ant^eure dirigé en avant ; un second plus haut, àla&ce postérieure, dirigé en arrière; point de canine au mufle.

Le chevreuil est monogame, vit en famille, perd son bois en automne et le refelt à l'hiver. La chevrette porte cinq mois et met bas, au mois d'avril, deux petits, mftle et femelle, qui s'attachent l'un à l'autre pour leur ide et ne quittent le père et la m^e qu'au bout de neuf mois.

Le chevreuil, de même que le cerf, vit peu de temps en captivité;

éloigné des farauds bois il s'attriste, dépérit et finit par succomber.

Ce charmant animal est très-susceptible d'éducation et il est facile de l'apprivoiser. Ainsi, dans ce moment, il existe, dans le parc de Saint-Jean-des-Mauvrcts, parc de 30 hectares appartenant à M. le comte du Rouzai, une chevrette, qui vient quand on l'appelle et suit comme un chien.

11 y a une quarantaine d'années, le chevreuil était rare en Anjou : on désignait quelques couples dans la foret d'Ombrée. Depuis vingt« cinq ans cnviron,il est devenu trè^-commun, grâce aux actionnaires des forêts du gouvernement, qui les ont repeuplées de chevreuils. Aujourd'hui ce ruminant se trouve dans presque tous les bois] de l'Anjou.

Voici oe que la fiaeulté de médecine d'Angera». ea 1709, pen-> sait sur le chevreuil considéré comme aliment :

« Le chevreuil doit être choisi jeune, tendre, gniSj bien nourri ; sa chair nourrit heauooup, fournit un bon aliment, et se digère fecilement.

« Quand le chevreuil est avancé en âge, sa chair est dure, coriace

et difficile à digérer.

« Le chevreuil contient beaucoup de sel volatil et d'huile , il convient à toute sorte d à^e et de tempérament. »

Genre CHLVIŒ. — Cafra (Linn.)

Gabactéhes. — Les animaux compris dans ce genre ont les somes dîrqjées en lutut et recourbées en arrière, leur menton est ordinairement garni d'une barbe pendante.

Aucune race particulière à PAnjou ; la chèvre qu'on y élève généralement est la chèvre domestique, Capra hircus. L.

Genrb mouton. — Ovis (Linn.)

Caiiactères. — Cornes dirigées en arrière, el revenaiil [)lus ou moins en avant en spirale, leur chanfrein est presque toujours convexe et ne porte point de barbe.

UB MOUTON OBOINAIRE. ^ Om Aribs (Dbsh.)

Cette espèce, qui est sujette à (îe grandes variations de pelage, est la plus répandue en Maine-et-Loire, où l'élevage du mouton diminue de jour en jour, surtout depuis les progrès de la culture alterne; rarrondissenient*de Saumur est celui qui fournît le plus de moutons.

Genre BŒUF. — Bos (Linn.)

Le mot buiiif. dit Georges tÀivier, désigne proprement le taureau châtré. Dans un sens plus étendu, il désigne l'espèce entière, dont le taureau, la vache, le veau, la génisse et le bœuf uc sr»!it f|ue les diiféreuts états. Daus un sens plus étendu encore, il s'appkque au

genre entier, dont les espèces sont le bœuf, le butïle, le yak, etc.

Dans l'Anjou, habite une race aborigèae^ connue aoua Le nom de race choletaise .

Qu'6st-ce que la race choletaise ?

La race désignée, sur les marchés de Sceaux, de Poissy et, aujourd'hui, de la Villette, et dans la boucherie de Parus, sous le nom de race choletaise , a été ainsi dénommée du marché de Gbolet, qui était aneiennemeni le plus important de notre contrée pour le bétail gras. Sous cette dénomination, figurent des animaux qui constituent bien une raœ, par leurs caractères généraux, mais qui se divisent en plusieurs sons-races, et celles-ci ont elles-mêmes des caractères particuliers distincts.

Les deux types principaux de ces races sont nommés» dans les programmes industriek, race parthenaise, et race nantaise , qui sont comprises sous le nom général de race vendêeime.

La race, qu'on est convenu d'appeler race choletaise, se compose de bœufs parthenais , de bœufs nantais , et des croisements de ces deux familles entre elles. Ces croisements ont créé des animaux qui participent des deux. Tantôt, c'est l'un ou l'autre des types (pli prédomine alternativement; tantôt, il s'o[jère une sorte de fusion qui rend la distinction extrêmement diilicile, et le classement font à fait arbitraire, f.a rare choletaise proprement dite me parait être le résultat de cette fusion.

La race parthenaise ou poitevine s'élève particulièrement dans la partie nord du département des Deux-Sèvres et une portion du département de la Vendée. Dans ces contrées, cette race est traitée au point de vue de l'élevage, c'est-à-diro que les jeunes animaux sont conduits au marché, dès l'âge de deux ou trois ans ; et ib sont vendus pour alimenter les pays de travail et d'engraissement.

La race nantaise est.^evée, dans les mêmes conditions, dans le département de la Loire-Inférieure et la partie du département de la Vendée qui T^voisine.

Dans tout le pays de Cholet, comprenant une partie du département de la Vendée, des Deux-Sèvres, de TAtijou jusqu'au Layon, et de la Loire-Iii£6rieure, on élevé aussi des animaux de oes deux

races, que l'on croise entre elles ; mais cette contrée n'exporte pas de jeunos animaux, comme les deux premières; elle garde pour son travail local, et livre ensuite à rengraisseraeut, tout ce qu'elle produit. Mais comme l'imlustrie de Tengraisf'ement osl tn's-doveloppée, elle no fait pas naître assez d'animaux pour l'alimenter, et devient ti il iitaire des marchés de bœufs parthenais qui sortent gras de nos étables, sous le nom de bœufs choletais.

Ces races sont au reste répandues dans une partie du centre et de l'ouest de la France.

CARACTÈRKS t.fcM-llA.L'>C DU BŒUF CUÛLETAIS QUI HABHK LA CONTRÉE COMPRISE ENTRE LE LAYON ET LA SÉVRE NANTAISE.

Jaune clair, ou jaune brunâtre dans le plus grand nombre des sujets , la robe du bœuf choletais est loin d'être uniforme ; c'est souvent un mélange de gris fauve, de noir et de brun , de gris brunâtre et rie châtain foncé, mais sans aucune marque blanche. Le ventre est généralement d'une teinte plus claire que le reste du corps, le dessous du cou et la queue sont plus foncés. Les cils et les paupières sont noirs, avec une bordure gris blanc; les cornes sont bien placées, ouvertes en arc, blan châtres à la base avec la pointe noire, longues d'environ quarante-cinq centimètres et plus. La taille, dans la race nantaise, s'élève jusqu'à i«60 ; dans les parthenais et les choletais, la taille moyenne la plus ordinaire est d'environ 4,45; corps allongé, dos horizontal, posture légère, téte courbe et large, fanon assez développé, queue attachée bns entre les fesses, cuir souple et mince, poil soyeux, épaules larges et droites; distance rie l'une et de l'autre au garot de 5 à G centimètres; poitrine ample et sortie, coffre puissant, côle longue et amoindrie, fesses et cuisses cbarnues et bien descendues, hanches larges, peu relevées, souvent môme un peu déprimées, croupe larve et cubique. Enequique et docile, le bœuf choletais est un des meilleurs travailleurs que possède la France. Sa force musculaire est telle, que, quand on n'en abuse pas, le travail n'exerce aucune influence fâcheuse sur son aptitude à l'engraissement; il est sobre et peu difTif lIp î^ur le choix de ses aliments, pendant la croissance, et quand il est en repos et soumis à un régime substantiel, il met si bien à profit les soins qu'on lui donne, qu'à poids et volume égaux, il fournit un tiers de plus de suif, que toutes les autres races françaises. Cette propriété, jointe à l'eicellente qualité de sa chair, lui a mArité, sar les marchés qui appro» visionnent Paris et la Normandie, une réputation qui le fait rechercher et préférer.

On doit aux mifiralions fréquentes de nos bœnfs oholelais vers les marchés de la capitale, un pbénomènc veycial qui ii'a peul-ètre encore été signalé mille pcirt.

Dans les prair ies de Ciiolei, croit une légu mineuse très-rare; nous vouloub parler du tiifvlium resupinatmn, L. '. Ce trèfle, qui ne croit sjvontanémeiit et eu abondance, en Maine et Loire, que dans cette * seule localité, a été retrouvé, au grand étonnement des botanistes, de distance en distance, sur tout le pai'cours des bœufs depuis Cbolet jusqu'à Paris ; oa Ta observé dans plusieurs gares'. Gelait de végétation, qui a paru assez extraordinaire, s'explique, à mon sens, parfaitement Lieu. La graine de ce trèfle se loge dans le sabot des bœu& mis à Tberbage, et c'est de cette manière qu'elle est transportée et propagée le long des routes et même sur les talus du chemin de fer.

> Il a été décuuvtirlpar M. Desvaui^, directeur du jardio des plaotes d' Aagers . * M. CourtiUer jeune a tronvé le trifoUum resupinattm daas la gare de •

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