‹ Étude sur les animaux de l'Anjou, (mammifères)Chapitre 4 sur 7 · ORDRE. — LES PACHYDERMES · texte numérisé non relu

ORDRE. — LES PACHYDERMES

Caractères. — Pieds d'un à cinq doigts, ongulés ou garnis de sabots, point de clavicules, ^tomac simple divisé en plusieurs poches, trois sortes de dents.

Genme SAiNGLiLlV. — Sus (Linn.).

Garagtèrbs. — Quatre doigts i tous les pieds, dont deux sont grands et armés de sabots et deux très-petits extérieurs, ne touchant presque pas la lerre, incisives en nombre variable, canines sortant de la bouche et se recourbant vers le haut, museau tronqué, corps carni de poils raides, douze mamelles.

SANGLIER COMMUN. — Si» Schofa (Link.).

CmcTiRES.— Corps couvert de soies d'un brun noirâtre, raides, dmvs, plus longues sur ledos et autour des oreilles, oreilles courtes, droites, mobi*

les yeux petits» défenseB prismatiqaes recourbées en dehors et en dessus.

Lorsque la défense supérieure se tronque obliquement à sa face antérieure par son frottement contre celle d'en bas, ce qui arrive à l'âge de

cinq ans, les chasseurs disent que le san^,^lir'r pst miré ; la défense inférieure est aiguisée en pointe, les défenses atteignent chez les vieux mâles des proportions qui en font une arme terrible, les molaires sont au nombre de cinq el la première d'en bas est écartée des autres, i^a queue est fort courte et droite, les jambes sont épaisses et les pieds terminés par quatre sabots, dont les deux plus grands posent sur le sol.

La fenK'llf'. [ilu> petite que le nnàle, s'appelle iaie ; dans nos anciens auteurs elle est désignée sous le noni de a sangUère. i>

Je coiuerre toujours un embonpoint égal :

Chasser le jour, la nuit, à pieds comme à ckevaly Le fusil sur l'épaule, en cfirrosse, en litière, Forcer chevreuil^ cerf, daim, sanglier, sangliére; Manger froid, boire chaud, dormir couché» ddKwt; Un garçon comme moi . s'accommode de tout >.

Les petits sont appelés marcassins. Quand le sanglier a un an, il s'appelle Â^te de <:omjMi^^me, parce que, jusqu'à deux ans, il ne quitte pas sa mère ; à deux ans, on le nomme ragot, à trois, sangiier en son iiersy à sept ansy vieux sanglier. Le lieu où il se retire se nomme hauge. D*après une légende, la petite ville de Baugé, Balgiacum^ Bauffeium, Baugium, eu latin, tirerait son nom de ce qu'un comte ,d*Anjou, apràs avoir forcé nn sanglier dans une forêt près du lieu où se trouve la ville actuelle^ aurait &it découper en très-minoes lanières la peau de ce pachyderme» et s'en serait servi, comme autrefois Didon voulant fonder Carthage pour tracer le contour d*une ville qu'il â>mptait bâtir. C'est en souvenir de ce &it qu'on a désigné cette ville sons le nom de Bauge, puis Bougé*

Nous donnons cette l^nde pour ce qu'elle vaut. Mais nous avons encore, dans nos campagnes, de vieilles locutions qui ont

* Le CurUwt imperUiteni, acte H, scène 3.

• Devenere locos, ubi mine ingentia cernes Mœnia , surgenteuiqiie novœ CarUiaginis arcem ; Mercatique solum, facti de nomiae Byrsam, Tâttrino quanimu postent circmuda» tergo.

(ViM»n.B^ ^aeiilst).

quelque rapport à on fût de ce genre ; ainsi l'on dit bouger , pour mesurer ; bauge pour mesure.

Les armes de la ville de Baugé représentent un sanglier de sable dans wic bauge de sinople.

Le sanglier se nourrit J'iierbes , de glands , de racines , de pommes de terre, et quand il mange de l'lierl)e , on dit qu'il Acrbille; quand il mange des glands, on dit (ju'il mulote. Cette dernière expression est empruntée des amas de glands que font les mulots dans les forêts et qui sont souvent découverts par les sangliers. On dit qu'il fouge, lorsqu'à l'aide de son museau il laboure la terre pour y trouver dos larves d'insectes, dont il est très-friand ; u«ttrouiller s'emploie pour dire que le san(|;lier se vautre dans la boue.

La chasse au sanglier a toujours passé pour dangereuse : cet animal, d'une nature timide, ne connaît point de borne à sa fureur, lorsqu'il est attaqué et surtout lorsqu'il est blessé.

Au moyen âge, on ne commençait la chasse du sangUer qu'au mois de septembre ; c'était avec l'épieu ordinairement qu'on l'abattait. Mais tout gentilhomme tenait & insigne honneur de mettre, du haut de son cheval, un sanglier hors de combat, avec une épée longue^ forte et bien amour^»

Les v^eurs qui couraient le sanglier, portaient un pourpoint fourré de gris sur une robe eonrte> de couleur verte, serrée avec une ceinture de cuir d'Irlande, à laquelle était appendu un couteau de chasse a{)pelé qucnivct^ des chaussettes, des bas. des bottes fortes, des éperons sans or ni argent, puis le cornet d ivoire pendant au cou.

Âpres la chasse du cerf, c'était celle du sanglier qui était la plus tenue t n honneur, n est un vieux proverbe qui dit :

An cerf la bière

Au aanglisr le mitre.

Le mot mière veut dire médecin; ce (jui signitie qu'on guérit plus aisément la l)lessure faite par le sanglier, que la blessure faite par le cerf, laquelle est presque toujours mortelle.

Le sanglier est très susceptible d'éducation ; j*eD ai vu on, dans une ménagerie, qui dansait, saluait, faisait des gestes grotesques au commandement de son maître.

C'est du sanglier que sont proveuues toutes nos variétés du cochon

domestique.

Les sangliers sont aujourd'hui extrêmement rares, dans notre piuviiicc. Les chasseurs savent le nombre de ceux qui se trouvent dans nos foi*"'ts ; il*;, ne sont que de j)a^?age, et solitairos. La forêt de V'^ezins est ia seule foret, où l'on en connaisse actuellement.

Autrefois ils étaient très-communs, à tel point que les terres environnant les forêts n'étaient pas cultivables. Chaque fois qu'on voulait les ensemencer, on était sûr de voir, la nuit, les sangii^ arriver par bandes et fouger, dans le sol fraîchement remué, pour y trouver des insectes.

La faculté de médecine d'Ângers, en 1705, donnait sur la chair du sanglier les avis suivants :

« hè sangler nourrit beaucoup et fournit un aliment qui ne se dissipe pas aisément, sa chair se digère plus facilem^t que celle du cochon ordinaire. Elle produit des humeurs grosûères et elle ne convient point aux personnes oisives et délicates.

«( Toutes les parties du cochon sauvage contiennent beaucoup d'buiie, plus de sel volatil que le cochon ordinaire et moins de phlegme.

« Le sanglier convient principalement, en hiver, aux jeunes gens

d'uu tempérament chaud et bilieux , à ceux qui ont un bon estomac, et aux persouues qui fatiguent beaucoup.

« La graisse du sanglier appliquée extérieurement est résolutive, émolliente, fortifiante et adoucissante.

« Le sanglier se mange rôti, ou fricassé avec des navets ; il n'en est pas ainsi de la hitre (c'est-à-dire la tète) ; elle s'accommode à part, mais un pareil^morceau ne convient qu'aux gens riches. »

Gtm CHEVAL. — Equus (Cuv.)

GauactAiibs. — Six încisiTes à chaque mâchoire qui, dans le jeone Age, ont leur couronne carrée marquée parles lamos dYmail, qui s'y enfoncent; les mâles ont de plus petites canines qui manquent, presque toi^ours, aux femelles;, les mamelles sont placées entre les cuisses.

« La population chevaliae en iMaiiie-el-lx)ire est hétérogène. On y trouve, dit A. Vallon*, une race de petits chevaux particuliers au pays ; une dégéuération de la race bieluiiue aj tr' aux Lravaux agrudhs, mais trop eommum' pour Tannée ; des cliL\ aiix is^iis du croisement de ces deux races; enfin des produits de ces mèiiies races avec des étalons anglais ou anglo-normands, de pur sang ou de demi-sang du dépôt d'Angers. Ceux-ci forment une espèce métis, connue sous le nom de chevaux AngevinSpiim fournit à Tarmée bon nombre de chevaux de trait et de selle, sans caractères particuliers, mais ressemblant au type anglo-normand. Les meilleurs descendent des étalons de demi-sang ; ceux qui sortent du pur sang ont la poitrine étroite, les membres grêles, de mauvais aplombs et sont trop irritables.

4( Mais l'espèee chevalhae présente des différences dans Maine-et- Loire : les arrondissements de Beaupréau, de Segré, d'Angers sont les pins riches et produisent les meilleurs chevaux ; à Beaupréau et À Segré, on trouve de la distinction et da caeliet ; Farrondissement d'Âng^ foit bien aussi ; celui de Baugé donne des 'chevaux de petite taille et communs; celui de Saumur foit peu de chevaux de selle.

« Maine-et-Loire est plutôt un pays de production que d^élevage,

> Cours d hippologie, à l'usage de MM. les officiers de l'armée^ de MM. les officiels des haras, lesTitérinaire», les agrienltMin «t de (eatet les personnee qui s'oocupeat de questions eheTalfnes, par A. Vallon^ vétérinaiiie principa], professeur d'hippologie et directeur du lûras de TËMle impériale de eanlerie^ etc.» etc.» tome II, page 526.

les éleveurs vendent leurs poulains, dès l'âge de dix huit-mois à deux

ans, à des marchands qui les conduisent en Tourainc, en Limousin, en Auvergne, en Normandie ; le peu qu'ils élèvent, sont livrés au commerce ou à la remonte* lorsqu'ils ont atteint leur quatrième année.

« L'hygiène laisse beaucoup à désirer : la plupart des éleveurs enferment les chevaux, en hiver, dans des écuries basses, chaudes, humides, où l'air et la lumière ne pénètrent que difficilement. Le pansage y est à peu près inconnu. Les chevaux restent dans les prés« les marais, les jachères, jusqu'au moment où les neiges ou - les inondations obligent à les retirer, el ne reçoivent d'autre nourriture que celle qu'ils trouvent. Ces conditions hygiéniques nuisent au développement du cheval, à ses qualités physiques, mais elles le rendent docile, doux, sobre, rustique ; aussi ceux qui réunissent les conditions nécessaires pour entrer dans l'armée s*acclimateni-ils fiidlement et promptement dans les corps, et une Ibis acdimalés, y fontr-ils an bon service.

« Le dépdt d'Angers achète, dans Maine-et-Loire, des chevaux pur tontes les armes, surtout pour la cavalerie légère, Tartillerie et la ligné. » • •

L'ANE. Equds Asnns (Lboi.).

GAitÀCTARES. — Pelage tantôt gris de souris, gris aigenté, ou presque fauve, la queue n'a qu'un bouquet de erins courts à son extrémité, il porte toujours une croix noire Sur les épaules.

Cet aininal domestique, onj^iuairede rintérieurdes g:rands déserts de l'Asie, n'est employé aux travaux d'agriculture eu Maine-et-Loire que dans les environs de Doué-la-Foataiue , arrondissemeut de Saumur.

8" ORDRE. - LES RUWNANTS.

GàiiAGTilUBS* — Piêdt ayuit deux doigts enveloppés par deux sabots qui présentent leur &ce aplatie, cette dispoiition a valu i ces animauz la dénomination de pM fourelim.

Le nom de raminant désigne cette faculté, qui leur est propre, de ramener les aliments dans leur bouche pour y être mâchés une seconde fois.

mumiiMUftSa k mmmÊnm ^miÊUÊgmm et pMne««

Gknrb cerf. — Cbrvus (Linn.)

Caractères. — Pelage composé de poils soyeux, dont la coloration varie avec tes saisons ; pieds fonrcliuB, oreilles grandes^ ouïe très délicate, odorat fin, vue excellente, dente molaires et incisives, semblables i celles des autres ruminants.

A Tepoque des amours, le cerf d'une nature timide, est animé

d'une fureur aveugle et devient très-dangereux. Quand, à ce

moment, deux oerfs se rencontrent, ils se battent à outrance.

Les anciens attribuaient au cerf une très-longue vie, plus de cent ans. Ceci est une erreur : le cerf ne dépasse guère vingt ans.

Le cerf s'apprivoise très-facilement ; mais en ci^tiviié, il ne vit pas longtemps : il lui faut l'espace et l'air des champs.

Autant lesceris sont rares auj ourd'hui, autant ils étaient communs, 6n Anjou, au moyen âge, Pluneurs de nos comtes permirent aux alibayes d'en faire tuer sur leurs domaines, pour nourrir les frères malades, pour feire des ceintures et des gante aux religieux et surtout pour couvrir les livres de leurs bibliotfaièqaes.

Lorsqu'un baut et vénéré personnage venait à mourir, il était d'usage de l'ensevelir dans nne pean de cerf*. C'est ainsi que forent

* Ea I7d3, OD ouTTÎt à Saint-Denis le tombeau du roi Louis VIII^ ou trouva son corps enveloppé dans un sac de peau de cerf auprès duquel étaient an resie de sceptre de bois pourri, un diadème qui n'était qu'une liande d'étoffe tissne en or et une calotte d'étoffs ntiaée* (tocès-terbnl de l'ouveHure des oaveaux de Saint-Denis.)

retrouvés les corps du bienheureux Roberl d'Arinnssel, fondateur

de Tordre de Fontevrault^ de saint Brieuc, dont le corps reposait dans

l'abbaye S;iint-Serge et Sainl-Bacli, de saint Florent, etc. Cependant la peau du cerf u'est pas de plus longue durée que celle du bœuf, du cheval, de l'âne, et l'on s'est livré à de nombreux commentaires pour savoir d'où venait cet usage. Les uns pensent (ju'il a pris naissance sur ce préjuge, cpii attribue au cerf un- tn ■:-iongue vie, et là, ils ont vu un symbole de l'immortalité ; d'autres se sont appuyés sur ce passage du second livre des psaumes, verset xli : Quemadmodttm desiderat cervus ad fontes aqiuman, ita desiderat anima mea ad te Detis !

« Comme le cerf soupire après les eaux y de même mon cœur soupire vers vous, A mon Dieu 1 »

CERF D'EUROPE. — Gbrvds Euphub (Lin.n )

CâBAGTÉRES. — Pelage gris brun pendant l'hiv^f en été d'un fauveclair,, avec une ligne brune plus foncce sur la région médiane du dos, et sur les côtés de laquelle sont des taches d'un jaune clair; lête allongée, lo mâle se distingue de la biche par les bois et par les caniaesà la mâchoire inférieure.

Le |àon, jusqu'à six mois, a le corps parsemé de petites taches blanches, sur un fond brun buve ; arrivé à six mois, on commence k voir paraître sur son os firontal deux tubercules, qu'on appelle ses, alors il prend le nom de hère; ces bosses croissent, s'allongent et deviennent cylindriques. C'est à ce moment, qu'on les désigne sous le nom de couronnes.

Le faon ne quitte pas sa mère de tout Tété.

Ce n'est qu'après la première aiuiée que le bois commence à s<» former, il n'a alors qu'une simple tige pour branche qu'on appelle dague, et le cerf à cette période s'appelle dayuet.

A la troisième année, il lui vient un bois dont chaque ^&rcAe jette deux ou trois branches nommées cors ou andouillers.

Celui delà quatrième se couronne» et l'âge fiait grossir les perches et donne un plus grand développement à la couronne, qui se divise

en dix oa douze branches et prend des formes variées, auxquelles on a donné les noms de f&urehes, ttenymanure»

Jamais les cerfs n*ont plus de trois andouillers à la partie antérieure de chaque fourche. Quelquefois ils n'en ont que deux. De trois à six ans, le cerf est désigné sous le nom de feune cerf; à six ans, on le nomme cerf dix cors jetmement; à sept ans, dix cors; à huit ans, vieux cerf; à cet âge, les bois ont jusqu'à vingt-quatre branches. L'andouiller inférieur, qui est le plus grand de tous, se nomme maître andoniller ; celui qui vient ensuite, sur-andomi/er ; elles autres, chevillures. La tige principale s'appelle le meraut , la meule, l'anneau qui esl à la ])ase ; les pierrureSy les tubercules qui parsèment le bord; les pelures, les élévations du meraiu et des audouillers.

Les femelles des vieux cerfs mettent bas à la fia de février; celles des cerfs dix cors, en mars ; celles des cerfs dix cors jeunement^ en avril, et celles des jeunes cerfs, en mai.

C'est an printemps que le bois du cerf tombe, il ne se refait qu'en août; la chute du bois est plus hâtive de deux ans chez les vieux cerfs.

En hiver, les cerfs et les biches se rassemblent par troupes, que Ton nomme hard»8\ au printemps, les cerfs se dispersent pour perdre leurs bois, et les femelles, pour mettre bas.

Le 6 mai 1849, un bois fossile du cervus elaphus a été trouvé dans la carrière des fours à chaux, près Doué.

Au moyen âge, les chasses étaient réglées autrement qu'elles ne le sont de nos jours : chaque mois étût consacré à une chasse partie eulière. Ainsi, pendant le mois d'août, on chassait le cerf» H fidlait, dans notre province, le séjour d'un prince pour fisiire déroger à cette règle.

En 1394, un gentilhomme angevin, messire Hardouin de Fontaines-Guérin * publia un poème intitulé : le Trésor de la Vénerie.

* Hardouin de FontûneB^juéria était le père du brave et TaiUaAt chevalier

qui, à la bataille de Baugô, tua le duc de Clarence et mit les Anglais en fuilc. La château des Fontaines situé dans la commune des Verchers; il doit

Dans ce travail extrêmement curieux, l'auteur signale à irles d*ATiiou, frère de saint Louis, aux fils Je Louis l'', duc d Aîjjuu, Louis et Charles, et au roi de France, les forêts de l'Anjou où l'on peut chasser le cerf.

Pensan» que eulx y preingnent pleisance.

Car le déduit aiment d'enfance ;

Pour ce, leur vueil fain; savoir

Et au roy viieil rameiitovuir

 la fin <j[ue luieux ii :>uuToingne •

De ses pals que Diex maintiegiie

D'Aïqou et du Haines et, aussi

De ses bons vassaux tjui, sons si,

L'aiment de loyal cuer pariait;

Les QODâ tout pur urdre et de lait

De ses nobles forés plésans

Avant que je soye tésans

Afin que le déduis l'y membre

D*i plésans. lieux et Ii remombre

Du ti'èâ duulz lieu piam J eàbauoy

De la forest de Lmicaunuy \

Et une autre qui est moult belle.

De Bersay * se nomme et apelle :

La forêt de Monnoys ' vous nomme

Ou déduit pitumeat maint noble homme.

être, dit bod'iû, cousidéré comme un monument historique; ii trauâmct à la postérité l'un des plus beaux traits du patriotisme angevin, en rappelant le nom d'an des plos géaéreax chevalien du zv* siiele.

* Cette forêt, placée à enviroa trois lieues nord-est de La Flèche, contenait f';t 1 777, 500 arpents. Elle était autrefois le siège d'un fief appaitenaol aux coiuies d'Aojou. Eu 138o, Guillaume PuiileUe, écuyer de cuisine de la duchesse d'Âi\jou, tenait la segrairie (ioleadance) de LoncauQo;.

* La forêt de Benay,. située h enviroo six lieues sud du Muu, eoatenait sous Louis XlVf 8309 arpents, llardouia de Foalaines-Guérin était an nonibredes gen- UlshoiumL's qui avaient droit il'us4«ge on la lorôt Je Rersay.

' La torel de Moiinoys est à trois heures sud-sud-e^t de Hiiugé et s'étend sur les dâus. cowmuuei) de Moulilierue et du Loroux, caalou de Loaguù. Eu 1664, M. Cotbert de Croissy inentionnait« dues son rapport sur l'Anjou, qu'elle ne eoutouallque 2123 arpents, quoiqu'elle eût été beaucoup plus considérable.

A l'époque qui nous occupe, les habitants de la campagne étaient fréquemment obligée de chercher uu refuge contre les gens de guerre dans les ch&leaux ou villes iortitiées cl dans les bui!>. En i 'àHl, il était reconnu que les estagicrs de Foataine-Berion élaieat accoutumés h avoir leur refuge, en cas de neceinfê si

La forest de Baugé apraz * EL ChtuideluM qui vn est pi <' s <

Qui pour tin rny lii'lli» ft gciitc :

Là Irmvc-t-oii de mains ceiis la sente; Et le graul boisson de Boudré Ou maint noble a tout à son gré

de fortune, aux forêts de Monuoys et de Chaudeloys, et aux forteresses do Loroux, de Renuefort et de VeraoiL (Lettres de la reiue Marie de Sicile, i 1 min 1387.)

^ La fbrèt de Baugé est à une demi^ieoe au nord de la vîHe de ce aom. En 1447y une grande partie de eette forêt fut brûlée : aussi est-il dit, dans les

registres de la Chambre des Comptes d'Anjou, que la forêt de Baugé était fort peu de chose auprès de celles do Monooys et de Chandelajs. Eu f664, elle comprenait 300 arpeas, dont 150 seulement étaient plantés. (Mémoires de Colbert de CroiMy.)

* La forêt de Ghaeddais» également célébrée par AirdojD, est située à une lieu sud-est de Baugé. Son nom s'écrivait autrefois (Aandelays et Champdelea.

Les trois dimanches précédant la Toussaint, les personnes qui voulaient mettre des porcâ au parnage, dans les forêts de Monnoys ou de Chand^lais, venaient se iiijre inscrire danii les bois de Gecerre, faisant partie de Monuoys, par chacun des sei^i avers compétents. Çhandelais contenait, en J66é> 1200 arpents; il n'y aiait que 1000 arpents de plantée.

* Le grand Buisson de Boudré était aussi, au xiv* et au xv" siècle, Boudroy et Bouidré. Il se composait de bois et de landes : les bois ont été défrichés et mis en culture. Les landes, qui existaient encore en 18do, époque où M. Jérôme Pichon écrivait sur Uardojn de FonUiues-Guérin , sont actuellement labourées. Une grande exploitation sgricole se fiiit dans ces lastes plaines» oll le botaniste était joyeux, il y a encore quelque* années, de ponroir récolter la Linai» grette à larges gaines [Eriophorum vaginalum, l..), plante qui ne croissait que dans cette seule localité. Je l'ai trouvée daus les landes de Bouldro en 1345, sur les indications qui m'avaient été données par mon savant et regretté maître, le docteur Guéptn. Cette plante a été découterte en Hsine-st^oire psr VtSAé Baudouin. Bouidré se trouve dans le eanton de Brtollayy arrondiiienient d'An* gers, à une lieue de la petite ville de SeicheSi sur la rive droite du Loir. L'île du Loir, qui appartenait à Hardoyn, est à une demi-lieue au nord de IJouldré. Le roi Reue, étant à Lyon, le 6 juin 1460, donna à Jeban Pasquier, queux du roi de France, l'office de scgrayer de Bouidré, que tenait avant M Pierre le Bouteiller, receveur ordinaire d*Ai^, et, oomme leban Pasquier était continuellement occupé au terriee du roi, et qu'il n'aurait pu exercer en personne oe^ deux offices s»ns manquer à l'un on à l'autre, le roi Uené lui permit de faire exercer l'office de segrajer, mais par Pierre le Bouteiller s^ul.

Souvent graui venaison trouvée :

Et Belle Poule l'espvovée « D'estre de maint cerf bien garnie

Et les ylles sans vilonnie^

Qui (lu Pivnf (\e Ct'» s»^ sTirnompnt

Et uu boysson que, de ça uument

Et appellent le Breuil de Fains *

Dont yisent mains grans corfo au plains.

Mais ore n'en Tueil plus parler,

Ains nicil a ma matere al»»r

Et vous dcmousUer justement

Par quel point, pourquoy ue commeut.

On doit corner droite comure^

Selon le point et la mânre

De forme de corner a point

Pourra trouver de point en point

Comment on doit à lin mener

Chasse de cerfs^ et y corner

Stium la eoustume et Tusage

D'Anjou, où maint grant oerfii ramage.

* hn f>rèt de Belle^POule existait encore en partie en 1664 (Hémoire de

Croissy) et pouvait avoir trois quarts de lieue d'éteuduo, dont ud tiers environ était planté de chênes, d'ormes et de frênes. Elle était située à une lieue d'AngerSj et était entourée par les rivières de Loire et d'Authion. L'emplacement de celte tnéi, aujourd'htti eomplétament déboisé, s'appelle encore l'Os de Belle- Poule. Cest une plaine d'enviroa deux lieues de longueur, renfarmée entre la Loire, fAuthion et la digue qui, à partir de la Dagueuière, s'éloigne de la Loire pour prendre la direction d'Angers. Kn (470, le roi René fit preudre et lier les cerfs cl biches étant dans les douves (ou fossés) de son château d'Angers, et les fit conduire par eau dans la forêt de BeUe-Poule. Bertrand Gosmes, garde des bertes et oiseaulx du Roy, reçut 55 sous tournois, le 9 noferabrc 1470, pour les frais de cette expédition (p. 1342, p. 82). C'est dans la forêt de RlUc-PoiiIc q-^c furent choisis les bois qui servirent ^ la construction d'une fré^nte à laquelle, eu t»ouvenir de ce fait, on donna le nom de BeUe-Poule. C'eàt cette frégate qui ramena de Sainte-Hélène le corps de Napoléon l*^.

* Les lies des Ponts-de-Cé sont au nombre de quatre ou cinq ; elles sont à une demî-lieue de la Tille des Ponls-de^Gé, en remonlaot la Loire ; elles soot aujourd'hui entièrement déboisées. Ea 4469» elles étaient d^à babitées en

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