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Le 17 mai, le blessé vient dix jours après l’accident, il n’est plus guère facile de constater la fracture de côte qu’il prétend avoir eue, d'autant plus qu’on lui a mis sur la région un large vésicatoire, probablement pour un foyer de congestion pulmonaire. D’ailleurs le blessé se porte bien aujourd’hui ; il ne ressent plus de douleur que dans les inspirations forcées. L’auscultation de la poitrine révèle les signes d’une bronchite chronique, quelques râles de congestion au niveau du vésicatoire. Les battements du cœur sont très accentués. On perçoit un bruit de galop. Il n’y a pas d’albumine dans les urines.
Toute distinction entre une blessure et une maladie est écartée, parce qu’il a laissé écouler les conditions de date prévues par le contrat ; et surtout parce qu’on ne trouve aucun argument chirurgical pour faire fléchir les règles administratives.
OgservarTion LVII.
D. H., palefrenier, âgé de 23 ans, s’est foulé le pied en manœuvrant une voiture.
Le ? novembre 1894, on constate, sur la face dorsale du pied droit, à peu près au niveau des deux dernières articulations tarso-métatarsiennes, un hygroma chronique. Il en existe un autre identique, mais moins volumineux et moins tendu, dans la région symétrique du pied opposé. L’intéressé est averti qu’il ne s’agit pas d’une entorse, ni d'aucune lésion traumatique.
OgservaTION LVIII.
D. F., terrassier, âgé de 19 ans, a eu le bras droit pris entre deux wagons.
Le 20 juillet 1894, le malade fait un récit différent de l'attestation du patron. Il n’aurait pas eu le bras serré entre deux wagons; mais il aurait fait un violent effort dans une mauvaise position, pour dégager un wagonnet embourbé. La douleur, qu'il a éprouvée, ne l’a pas empêché de travailler de 10 heures du matin à midi. Depuis lors, il souffre de plus en plus; il a perdu le sommeil et l'appétit, malgré les applications de teinture d’iode et les vésicatoires, qu’il s’est mis sur l’épaule blessée. On est tenté d’interprêter les symptômes locaux