‹ Étude sur les blessures simulées dans l'industrieChapitre 21 sur 34 · ROUE · texte numérisé non relu

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par une scapulalgie tuberculeuse du côté droit. Le sujet est d’ailleurs maigre, pâle et présentant des éphélides et un air souffreteux. IF a: l'air d’avoir la fièvre. Les douleurs articulaires ne sont que secondaires, elles semblent être sous la dépendance d’une affection osseuse localisée à la diaphyse humérale. A ce niveau on trouve des douleurs spontanées profondes, une tuméfaction large, une très vive sensibilité. On explique à la mère qu’il se peut que l'effort qu'a fait son fils, pour soulever un fardeau trop lourd pour lui, ait pu déterminer une entorse de l'articulation scapulo-humérale, mais que cette entorse ses manifestations se sont terminées par résolution, en laissant subsister le principal élément du processus morbide qui est une ostéo-myélo-périostite diaphysaire de forme aiguë. Il s’agit donc d’une maladie susceptible de s’aggraver mais qui n'offre pas une corrélation directe avec l’accident qui a pu exister. |

La suite de l’observation a confirmé ce diagnostic : un débridement a évacué du pus sous-périostique. Il y a été donné les soins appropriés ; et la guérison a été obtenue trois mois plus tard.

OBsEervaTION LIX.

F.E., manœuvre, âgé de 32 ans, a eu un tour de reins en manœuvrant.

Le 2 novembre 1894, cet homme souffre beaucoup au-dessous de l’aisselle et en arrière, dans la région thoracique du côté droit. On constate tous les signes caractéristiques de névralgie intercostale, à foyers multiples. (Traitement : six ventouses scarifiées, un purgatif.)

Les jours suivants, l’amélioration ne se produisant pas et le blessé se plaignant toujours de souffrir dans le côté, et également dans la «< chaîne du dos », on lui applique deux vésicatoires de 20/4 cent., un sur chacune des séries de points d’émergence des nerfs rachidiens.

Le 9 novembre, le blessé souffre toujours dans la colonne vertébrale et au point d'émergence des nerfs du côté gauche à la même hauteur, comme s’il s'agissait de névralgie symptômatique d’une myélite au début. D’ailleurs l'intéressé reconnaît que, depuis longtemps, il ne « marche pas comme tout le monde », qu'il traîne les jambes, surtout la jambe droite, qu’il a de la peine à lever. Il ne présente pas de troubles urinaires, ni de troubles du côté de la vue; mais, autrefois,

au régiment, il était dans l'impossibilité de tirer à la cible. Cet homme a des sensations vertigineuses qui troublent son équilibre. Le réflexe rotulien, encore un peu perceptible au côté gauche, a complètement disparu à droite. La démarche ressemble à celle d’un paraplégique au début.

Le 16 novembre, une amélioration notable s’est enfin produite.

SAT L’ouvrier annonce qu’il essaiera de reprendre son travail; et on le perd de vue.

OBsERvATION LX.

V.F., papetier, âgè de 16 ans, dit s’être blessé en tombant contre des garants de poulies le 7 décembre 1893.

Le 21 décembre, quatorze jours après l’accident, on trouve une lymphangite du tiers moyen de la face antérieure de la jambe droite. On constate les signes d’une diathèse syphiitique et la présence d’une gomme de la face antérieure du tibia droit. (Pansement au calomel et emplâtre de Vigo.)

Le 8 janvier, la plaie bourgeonne et tend à la guérison, mais en conservant son caractère spécifique. On continue les pansements au calomel.

Le père du blessé, qui est fort mécontent de ce que l’on ne veuille pas admettre un coup reçu comme origine de cette affection, pressé de questions, finit par avouer que, lui aussi, a eu, il y a une dizaine d’années, de semblables accidents, accidents qui ont été longtemps rebelles au traitement. Sa mère à lui aurait eu ésalement un ulcère de même nature. Il semble étonné de la rapidité de guérison de son fils.

Ogservarion LXI.

S. D., manœuvre, âgé de 34 ans, a reçu un coup au genou gauche et à la jambe droite.

Le 5 juin 1894. on constate, au-dessous de la rotule gauche, un gros furoncle. Quant à la jambe droite on remarque des croûtes volumineuses, résultats d’une ancienne éruption, dont les vésico-

pustules sont desséchés. C’est le reste évident d’une maladie de peau,

A Re

dont il est difficile à l'heure actuelle de préciser la nature. Quelques croûtes sont également remarquées au genou gauche.

OgservarioN LXII.

M. E., manœuvre, âgé de 34 ans, a fait une chute dans un trou de manivelle de machine à vapeur.

Il vient à la Maison de secours le 8 décembre 1893, deux jours après l’accident. On constate une plaie contuse superficielle du milieu de la face antéro-interne de la jambe gauche, avec angioleucite secondaire au pourtour de la plaie et polyadénite inguinale du côté correspondant, (Pansement au sparadrap à la glu.)

Les jours suivants on constate un peu d'amélioration de l’angioleucite. L’adénite inguinale diminue également; mais il reste une plaie sur toute la surface occupée par le pansement, soit dix centimètres de longueur sur sept de large. Cette plaie présente un aspect eczémateux ; de plus le blessé se plaint de démangeaisons par tout le corps. On reconnait l'existence d’un eczéma aigu confluent, localisé à toute la surface recouverte par l’emplâtre médicamenteux. (Pansements quotidiens à la vaseline boriquée et purgatifs répétés.)

La guérison est obtenue quelques jours plus tard.

C’est dans ces cas particuliers, que souvent il est difficile de faire entendre raison à l’ouvrier. Car il est, le plus souvent et à bon escient, récalcitrant aux explications qu'on lui fournit.

Il est trop intéressé à la controverse, non seulement par l’appât d’une indemnité provenant d’une Compagnie financière, qui est un anonyme; mais encore et surtout parce qu'il ne se résigne pas à subir un démenti devant son patron, son contremaitre, ses compagnons de travail et même devant tout son entourage

« Entre cet intérêt personnel d'un ouvrier d'une part et l'intérêt financier d’une compagnie d'autre part, le chirurgien n’a pas à prendre parti. — Sa fonction se borne à rendre un témoignage conforme à la vérité. » (Guermonprez.)

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