‹ Étude sur les calculs de l'urètreChapitre 21 sur 23 · TOURS · texte numérisé non relu

TOURS

Un fait à ajouter, c’est quil existait des fistules autour de l'emplacement du calcul.

Pour l’auteur il n’y a pas de doutes, quant à l'origme de ce calcul : pendant qu'il était tout petit, il s’est échappé dans le canal de l’urèthre durant un effort de miction, s'est logé là où il fut trouvé, s'accroissant graduellement, par la déposition incessante des sels calcaires de l'urine passant autour de lui.

Pour achever la série descendante des calculs mixtes il nous resterait à citer l'observation de M. Minich (A) : Extraction d’un énorme calcul uréthral, membrano-spongieux, suivie de guérison. (/èiv. Venela, di Soc. med. Venegia 1888, vol. VIII 5-16) que nous n'avons pu nous procurer, et l'exemple de M. Fleury, de Clermont, concernant en calcul bulbo-pénien de 5 cent. de long, mais nous l'avons donné au chapitre traitant de la région bulbeuse.

CALCULS VÉSICO-PROSTATIQUES ET PROSTATO-VÉSICAUX. — Nous avons dit qu’un calcul vésico-prostatique pouvait avoir pour origine soit une pierre vésicale, soit une pierre prostatique, le premier cas est de beaucoup le plus fréquent, le second assez exceptionnel, d’ailleurs ce fait n’a pas autrement d'importance au point de vue pratique.

Voici la forme sous laquelle se présente d'ordinaire un calcul de cette région : Il existe un renflement vésical, puis un renflement uréthral, représentant quelquefois la forme de la région prostatique, ce que l’on n’observe guère du côté de la vessie, où le fragment, plus gros, est généralement plutôt sphérique; ces deux parties sont séparées par une portion rétrécie ou collet ne dépassant guère 12m" de hauteur.

La formation de ce collet est matière à discussion.

Bourdillat pense, contrairement à l'opinion de la plupart des auteurs, qu’elle n’est pas due à l’action du sphincter vésical mais bien à celle de la prostate arrivée à sa limite

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de distension. Nous verrons à propos d’une observation de M. Sarazin qui paraît se rapporter à un cas de calcul prostatovésical, que cet auteur ne partage pas cet avis.

Ce prolongement uréthral peut-il être considéré comme une manifestation tardive de l'accroissement d’un calcul vésical, une sorte de luette se développant dans l’urèthre? Il faut avouer que, pour peu que la prostate se soit développée, qu’il existe ainsi un véritable bas-fond vésical et à plus forte raison, lorsqu'il s’agit d’un vieillard où le col vésical est si fréquemment reporté en haut par suite d’hypertrophie de la prostate, les choses ont peu de tendance à se passer ainsi. Malgré le nombre considérable de vieux calculeux vésicaux, la formation d’un calcul mixte paraît devoir être l’apanage de l’enfance et de l'adolescence. C’est qu'ici, en effet, le col vésical est dans une position déclive, mal défendu par une prostate encore rudimentaire, et si le calcul n’est pas trop volumineux ou s'il se présente par une extrémité effilée, la contraction énergique de cette vessie, qui dans la jeunesse présente des parois pariaitement régulières, fera converger le calcul vers l’orifice du col, en situation normale, parfaitement souple et facilement perméable. Mais ne pouvant s'engager plus avant, hors de proportion qu'il est avec le calibre du canal, il dilatera ensuite lentement et progressivement le col et la région prostatique, puis se renflera inégalement aux deux extrémités par l’amas de nouvelles couches calcaires.

Bourdillat cite une observation de M. Guyon où ce mode de formation par dilatation lente est bien visible, c’est de plus, un des plus beaux exemples de calculs ambulants dont parle M. Guyon dans son Traité des maladies des voies urinaires. Nous allons la résumer :

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Chez un sujet de 22 ans, atteint d'accidents urinaires interimittents depuis l’âge de 14 ans, se déclara après une accalmie de 3 années, tout-à-coup à Ja suite de plusieurs heures de rétention volontaire d'urine, des douleurs hypogastriques et uréthrales violentes qui n’ont pas cessé depuis.

Etat général bon, miction normale. Douleurs à la pression hypogastrique dans le coté gauche de la vessie. Reins un peu douloureux à la pression. Les explorateurs de divers volume s'arrêtent tous en arrière du ligament de Carcassonne et donnent la sensation d’un corps solide et dur.

Au toucher rectal on trouve la prostate volumineuse, faisant dans le rectum une saillie arrondie du volume d'une grosse noix. Souple à gauche, la prostate présente à droite et au milieu, un corps dur, arrondi, assez régulier, de consistance pierreuse, qui ne parait séparé du doigt que par une mince épaisseur de glande; la pression à ce niveau provoque une vive douleur.

Le lendemain, M. Guyon, en pratiquant de nouveau le toucher rectal, sent tout à coup le corps dur s'échapper sous une légère pression. On sent alors les deux lobes prostatiques assez volumineux, surtout le gauche. L’explorateur n° 20 pénètre facilement dans la vessie; on y introduit une sonde métallique et on perçoit le choc du calcul qui s’est logé dans le bas-fond de la vessie.

Deux jours après, on retrouve, par le toucher, le calcul dans la loge prostatique et on le repousse de même dans la vessie. Ce changement de place du calcul ne change en rien les sensations du malade. Chaque fois qu'on pratique le toucher, on sent le calcul dans la prostate.

Le malade était entré le 11 mai ; le 20, on découvre un second calcul dans la vessie ; le 21, après une tentative inu-. tile de lithotritie, M. Guyon, prenant en considération la dilatation prostatique, enlève le calcul par une taille médiane.

Le calcul vésical est mûral, arrondi, du volume d’une très petite noix.

Très friable, il présente une facette large comme une lentille en contact probablement avec le calcul vésico-prostatique.

Ge dernier, formé d'urate, de phosphate et de carbonate de chaux, présente une dureté beaucoup plus grande. Sa forme générale est celle du cône tronqué à base arrondie. IL mesure

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en hauteur et en largeur 2 centimètres 1/2. Il est rugueux, ne présente pas de gouttière, mais seulement sur la face postérieure, près de la base du cône, une dépression de 1 centimètre, correspondant à la base de la prostate. En haut et en bas, elle se termine d’une façon assez nette par un petit bourrelet saillant de 1"" environ. L’extrémité uréthrale, circulaire, est tronquée régulièrement.

La collection Civiale au musée de ce nom à l'hôpital Necker, offre des exemples remarquables de calcul vésicoprostatiques arrivés à un degré assez avancé de développement.

Au n° 20 (carton 14) s’en trouve un, dont l’extrémité vésicale très grosse, presque sphérique, à surface irrégulière, mamelonnée, est séparée de l’extrémité prostatique, beaucoup plus petite, diminuée encore par une cassure, par un Collet très rétréci présentant à la partie antérieure, deux sillons longitudinaux pour le passage de l’urine; un surtout est bien accentué. La masse assez régulière rappelle l’aspect d’un champignon.

Celui qui porte le n° 6 (carton 16), était considéré par Civiale, au dire de Bourdillat, comme le plus beau de sa-collection, pour les raisons suivantes : L’écorce blanche qui revêt le corps du calcul aussi bien que le prolongement uréthral, a l’aspect poli et la dureté du marbre. Il a la forme d’un œuf dont la petite extrémité, légèrement étranglée, correspondait à la partie prostatique. L’écorce, que l’on a fait éclater sur un point, laisse voir dans l'intérieur, un grand nombre d’éclats fragmentés, spontanément, dont les uns sont libres et mobiles, les autres adhérents à la croûte.

Crosse a également signalé un calcul vésico-prostatique dont la partie vésicale, composée d’oxalate de chaux,

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était revêtue d’une enveloppe de phosphate de chaux qui constituait à elle seule le prolongement prostatique.

Lorsque le calcul prostatique, pour une cause que nous ne connaissons pas, au lieu de pénétrer dans la région membraneuse, ce qui semblerait plus naturel, va devenir prostato-vésical, il s’accroît en insinuant un petit prolongement, une sorte de luette, à travers le col de la vessie.

Le n° 22 (carton 14, musée Civiale) est un exemple frappant de ce mode de formation. Bien que brisé, le petit prolongement vésical est très visible. Il existe, en outre, un calcul à facette s’articulant, par emboitement réciproque, avec la face inférieure du fragment portant l'extrémité dont nous venons de parler. Ce calcul est rugueux et d’une couleur grisâtre.

L'exemple remarquable qui suit, va nous donner une idée des plus nettes d’un calcul prostato-vésical parvenu à son entier développement, ce que prouve l'égalité sensible du volume des deux masses, uréthrale et vésicale. Il est représenté dans le (Traité des mal. des voies urin. Voillemier); nous donnerons l'explication qui accompagne le dessin reproduit par Bourdillat.

Voillemier en fit l’extraction chez un malade de 98 ans, atteint de dysurie depuis 3 ans. Au moment où ce chirurgien, ayant fait une large incision uréthrale, se disposait à enlever le calcul saisi avec une pince, il entendit un petit bruit sec et éprouva la sensation d’un corps dur que l’on brise; c'était la rupture du pédicule grêle qui rattachait le calcul uréthral au calcul vésical.

Ce calcul uréthro-vésical, à l’état sec, pèse 30 gr.; la partie uréthrale pèse 17 gr. et la vésicale 13 gr.

Voici la description donnée par Bourdillat.

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PORTION URÉTHRALE ET PÉDICULE. — Le corps de la portion uréthrale du calcul à 9 centimètres, 7°" en travers et 32» de long. La surface correspondant à la paroi inférieure du canal est convexe, celle qui correspond à la paroi supérieure est plane et présente une rigole dirigée d’arrière en avant, très irrégulière. Cette gouttière se continue sur le pédicule. L

Celui-ci Se continue en avant avec la face antérieure du calcul, il est très court en arrière, où il forme un angle droit avec les deux masses calculeuses.

PORTION VÉSICALE. — Cette extrémité a 4 cent., 1m" de hauteur, 3 cent. 2"" en largeur et 1- cent. 5°" dans: sa plus grande épaisseur. On lui distingue une extrémité inférieure placée en arrière du col vésical et une extrémité supérieure en avant de ce col. La surface antérieure du calcul vésical est légèrement excavée et présente à l’union de son 1/3 supérieur avec ses 2/3 inférieurs, la surface de hbrisure du pédicule.

SECTION EN TRAVERS DU CALCUL VÉSICAL. — On voit des lignes ovalaires ayant pour noyau, la saillie du calcul dans la vessie, elles sont très peu marquées. Toute la masse calculaire est formée de phosphate de chaux,

SECTION EN TRAVERS ET DANS SON MILIEU DU CALCUL URÉTHRAL. — Elle présente : le pédicule, un noyau composé de phosphate de chaux; elle est plus dense que les autres couches. Sur les limites du noyau, les détritus sont composés d'acide urique et de phosphate de chaux. On voit ensuite la ligne de démarcation, très tranchée, de la couche extérieure ; puis un vide laissé par une fausse membrane desséchée.

Pour -les complications et les symptômes, nous n’avons qu’à nous reporter à ce que nous avons dit au sujet d’un calcul prostatique. C’est ainsi qu’on a signalé la dilatation de l’ouraque (Littré). Comme troubles fonctionnels, nous retrouvons une miction difficile, fréquente, ténesme vésical et parfois anal, douleur périnéale accusée aussi vers le gland, incontinence d’urine beaucoup plus fréquente, cela se conçoit, à cause de la dilatation du col, enfin érections fréquentes, douloureuses et quelquefois hématurie après le coit.

Le toucher rectal se retrouve avec toute sa supériorité et permet d'apprécier, en général, le volume des deux parties qui composent la pierre; importance capitale pour l'intervention, soit par la taille hypogastrique, soit par la taille périnéale. Nous y reviendrons en parlant du traite-

ment. | %

CALCULS VÉSICO-MEMBRANEUX. — De forme plus allongée que les précédents, puisque c’est un degré de plus d’accroissement en longueur, on se fait facilement une idée de leur production.

Peut-être qu’un volumineux calcul arrêté dans la portion membraneuse et ne pouvant arriver à forcer le collet du bulbe, va s’accroître par son extrémité postérieure et former ainsi un calcul membrano-vésical. Ceci n’est pas impossible à priori, mais n’a jamais été noté.

Quoiqu'il en soit, c’est un fait très rare que l'existence d’un calcul vésico-membraneux, on n’en connaît que trois exemples bien authentiques ; nous sommes assez heureux pour pouvoir citer une quatrième observation extrêmement

intéressante, due à M. Sarazin; peut-être s’agit-il même d’un calcul membrano-vésical.

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Goyrand, d'Aix (Ann. de chirurg., t. V) a extrait par la taille bilatérale, un calcul ovoide, long de 7 cent. sur 4 d'épaisseur, portant à chacune de ses extrémités un prolongement assez lisse, engagé l’un dans le col de la vessie, l’autre dans la portion membraneuse. Ce col resta béant après l’opération, quoique non incisé.

Dans ses (cases and remarks), Gooch nous montre 16 calculs formant un chapelet continu, s'étendant de la vessie à la région membraneuse, et dont chaque grain, pour continuer la comparaison, était logé dans une logette creusée aux dépens du canal.

Nous allons résumer le cas du D' Laforgue, de Toulouse, rapporté, ainsi que le dessin de la pièce, par Bourdillat. L'intérêt considérable réside dans l’autopsie qui fut faite.

Le malade, âgé de 45 ans, mourut quatre jours après son entrée à l'hôpital.

À l'âge de 7 ans, il avait subi la taille avec un plein succès. Marié à 25 ans et père de famille, sa santé fut excellente jusque vers l’âge de 36 ans, où il fut pris de temps en temps de diflicultés d'uriner, qui n'étaient que passagères et qu'il attribuait à des excès de table. IL y a quatorze mois, les difficultés de la miction devinrent plus fréquentes et s’accompagnèrent de douleurs vives dans la vessie.

Ces accidents prirent rapidement une grande intensité. Ce ne fut que lorsque la rétention d'urine fut presque complète, que le malade appela un médecin. Déjà à cette époque le mal avait fait de grands progrès, puisque le malade assure qu’il rendait, par le rectum, de l'urine contenant des petits grains de sable.

A l'entrée du malade, nous pratiquâmes le cathétérisme. Mais les plus petites sondes étaient arrêtées dans la portion membraneuse du canal, par un obstacle insurmontable, On ne pouvait sentir la pierre, dont le malade disait avoir la sensation par les vives douleurs qu'il ressentait au col de la vessie. La prostration étant extrême, l'urine s’écoulait continuellement par la verge et par le rectum.

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A lJ'autopsie, on ne découvre à l'extérieur aucune trace d'infiltration urineuse, ni d'ouverture fistuleuse., Sur le côté gauche du périnée se trouve la cicatrice de l'incision faite pour la taille.

Le canal de l'urèthre est sain, à partir du méat jusqu'à 15 centim. de profondeur. À ce point qui correspond à la partie moyenne de la portion membraneuse, existe un rétrécissement considérable permettant avec peine l'introduction d'une bougie de 2 mm. En arrière de ce rétrécissement, dilatation énorme de la portion prostatique du canal, avec amincissement de ses parois. Cette cavité, formée aux dépens du canal et de la prostate, est remplie par un calcul piriforme, volumineux. Ce calcul est rétréci en forme de goulot, dans le point correspondant au col de la vessie, qui l'embrasse et se prolonge en forme de cylindre dans la cavité de la vessie. Ce cylindre se termine par une facette sur laquelle repose la facette d'un second calcul, beaucoup plus petit. Ces deux calculs superposés présentent une longueur de 8 centim.

Les parois vésicales très épaisses sont fortement contractées sur les calculs. Sous l'influence de cette pression la vessie s'est ulcérée dans le point correspondant à la partie la plus saillante du gros calcul. Cette ouverture communique avec une large cavité purulente située entre la vessie et le rectum. L'intestin présente un petit pertuis par lequel devait passer une partie de l'urine, qui s'épanchait par l'ouverture vésicale dans le foyer vésico-rectal. Cette perforation intestinale a dû être la conséquence de la pression exercée par le calcul.

Les deux uretères sont fortement dilatés et enflammés. Les reins sont volumineux et profondément altérés. Le rein gauche est en suppuration. Le rein droit est ramolli et infiltré de matière purulente. Le bassinet de ce côté, ainsi que l’urèthre, sont dilatés.

Outre les phénomènes d'infection purulente qui causèrent chez ce malade le profond état de marasme et de consomption auquel il succomba, cet exemple nous montre encore ce que nous disions en étudiant la région pénienne, c’est-à-dire que l’inflammation causée par la présence d’un calcul peut être assez intense pour produire un rétrécis

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sement, que nous voyons siéger au milieu de la région membraneuse.

L'observation de M. Sarazin, par laquelle nous complétons cette histoire, nous présente un calcul de forme étrange, il est bicorne séparé par une gorge profonde; elle nous fait songer de plus, que peut-être un calcul membrano ou prostato-vésical, pourrait, dans certains cas, ne pousser que le prolongement vésical qui se souderait alors à un calcul préexistant dans la vessie, et le calcul unique résultant pourrait fort bien représenter cet aspect d’haltère que nous avons vu dans l'exemple de Voillemier. |

Nous résumons cette observation rapportée dans la Revue méd. de l'Est. Nancy, 1880, XII, 45-50.

Pierre L..., 12 ans, de bonne constitution. Parents vivants et bien portants. Rien d’anormal du côté de la miction jusqu'à 10 ans. :

Il y à 2 ans environ, la miction devint fréquente et impérieuse, jet d'urine brusquement interrompu. Douleurs vives, accompagnées de ténesme recto-vésical et siègeant au gland. Il y à un an, dans un effort violent pour uriner, survint une douleur vive au périnée, comme une sensation de déchirure, depuis, incontinence d'urine, envies fréquentes d'uriner provoquant l’expulsion de quelques gouttes de liquide. Le ténesme recto-vésical ne tarde pas à amener un prolapsus du rectum qui sortait après chaque effort de défécation; rentrant diflicilement.

Fin juin, un docteur, soupçconnant la présence d’un calcui, introduit une sonde qui est arrêtée par la pierre avant d'arriver au col de la vessie.

Vaine tentative de lithotritie, le calcul ne peut être saisi, le malade est envoyé au Dr Sarazin.

Six jours après l’état du malade est bon, pas de fièvre, l'urine goutte et le malade a de temps en temps un petit jet de 25 à 30 centimètres, sans effort, mais qui s'arrête aussitôt.

Une petite sonde introduite dans l’urèthre, rencontre un calcul un peu en arrière du pubis. Glissant sans difficulté entre

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lui et la paroi uréthrale, M. Sarazin franchit le col et pénètre dans la vessie où le calcul semble se prolonger.

! Par le toucher rectal très facile, je sens, dit l’auteur, à travers une certaine épaisseur de parties molles, une masse dure, immobile, paraissant assez volumineuse el remontant derrière le pubis.

A la palpation périnéale, sensation assez confuse d'une saillie résistante, profonde, située en avant de l'anus.

Me basant sur les données fournies par le cathétérisme, le toucher rectal, la palpation périnéale et les symptômes fonctionnels, j'établis le diagnostic de : calcul vésical engagé dans le col et dans le canal de l’urèthre, par un prolongement uréthral. La boutonnière simple paraissant insuffisante, à cause de la grosseur du calcul, M. Sarazin fit la taille suivant son procédé : boutonnière courbe au-devant de l'anus et ouvrant les portions prostatique et membraneuse et le col vésical.

2 juillet, opération sous le chloroforme. Les pieds et les mains sont attachés au moyen des appareils bouclés de l’auteur, les cuisses sont maintenues parallèles par deux aides, celui de droite tient le cathéter cannelé qui a glissé facilement à côté du calcul, jusque dans la vessie. J'introduisis, dit M. Sarazin, l'index gauche dans le rectum jusque vers le col vésical.

Chez l'adulte, ce doigt reconnaît la partie inférieure de la prostate et sert de guide (éloigné il est vrai), au bistouri. Chez l'enfant, on n’a pas à rechercher la saillie de la prostate, mais le canal est moins profond, le bulbe moins développé se rapproche relativement beaucoup moins du rectum, il suffit d'avoir la direction suivant laquelle le bistouri doit pénétrer.

Donc, sur mon index en place, je plonge un bistouri droit au milieu de la ligne ischio-rectale gauche, suivant parallèle. ment la direction de mon indicateur, et je pratique, profonde comme mon doigt, l'incision courbe de Celse et de Dupuytren, passant à 2 cent. en avant de l’anus et s’arrêtant au milieu de la ligne ischio-rectale droite; pas de tâtonnements, pas de dissections, pas de fausses directions possibles, me portant vers les honteuses internes ou vers Le rectum.

Un seul coup de bistouri a ouvert en travers la portion membraneuse du canal de l'urèthre. L'index quitte le rectum pour reconnaître dans la plaie la cannelure du cathéter.

À ce moment un effort de défécation provoque un prolapsus

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du rectum formant une tumeur presque grosse comme le poing. Il fallut réduire l'intestin qui masquait la plaie et le maintenir réduit pendant l'opération. L’index étant reporté dans la plaie, l'ongle est engagé dans la cannelure du cathéter ; il sert de guide au bistouri qui incise la portion membraneuse du canal et prépare la voie du lithotome double qui est ouvert à 3 centimètres. Reporté dans la plaie, le doigt sent le calcul et sert de guide à une pince à pansements un peu forte, avec laquelle le calcul est extrait sans difficulté, grâce à quelques mouvements de dégagement latéraux.

Un bout de sonde molle enveloppé d’une chemise sert à tamponner la plaie. Pas de fièvre ; canule à chemise enlevé le lendemain. Le 3e jour les-urines sont gardées une heure. Elles cessent de passer le 6° et la guérison a lieu le & jour. Malgré la distension énorme et prolongée du col vésical, il n’y a pas l’ombre d’incontinence. Le 9° jour après l'opération, l'enfant s’en va urinant normalement.

Forme bizarre. — Ce calcul est composé de deux cornes à peu près égales. Réunies, elles forment un croissant dont la corde mesure 5 centimètres , la petite circonférence 6 centimètres ,” la grande circonférence 9 centimètres. Le pourtour de la base des deux cornes est de 7 centim. Elles sont séparées par une gorge profonde qui forme un tour 1/2 d’hélice. À ce niveau, le revêtement formé par de petits cristaux blancs, brillants, d’oxalate de chaux, manque à peu près partout et laisse voir la couche sousjacente rouge, d'acide urique.

Cette dépression est l'empreinte du col vésical qui se trouvait ainsi largement dilaté. La portion uréthrale du calcul, un peu plus longue et plus effilée que la portion vésicale, mesure depuis le col au niveau de son axe, 4 centimètres.

Le périmètre de la portion rétrécie correspondant au col est de 54 m/m, le périmètre maximum de la portion uréthrale est de 65 m/m; celui de la portion vésicale de 91 "/". Nous voyons donc quelle distension énorme avaient subi, chez cet enfant, le col vésical et les portions prostatique et membraneuse de l’urèthre.

La position et l'élasticité du col dans l'enfance, l'énergie de la contraction vésicale et de la poussée abdominale, expliquent bien qu’un calcul un peu eflilé, se représentant bien, se soit engagé dans l'urèthre de ce petit malade. Arrêté par ses dimensions, au niveau du collet du bulbe, il a continué à

grossir sur place, débordant petit à petit dans la vessie; puis il s’est recouvert d’une couche d’'oxalate de chaux, qui s’est déposée partout, sauf au niveau du sphincter vésical. Il est probable, dit l’auteur, qu'un second calcul analogue est venu se fixer derrière lui et s'y est trouvé cimenté par une couche d'oxalate de chaux.

Dans ces quelques considérations relatives à l’origine probable de ce curieux calcul, M. Sarazin nous le présente comme étant membrano-vésical ; nous n’en connaissons pas d'exemples, l’est-il réellement ? Voilà encore un de ces points de pratique où, même avec le calcul sous les yeux, il est absolument impossible de se prononcer. Pensant de plus, que c’étaient deux calculs cimentés l’un à l’autre qui formaient ce calcul unique, il eut été à désirer que M. Sarazin pratiquât une coupe longitudinale pour s'assurer de l’existence de chaque noyau, ou de Ia place occupée par celui-ci en cas de calcul unique malgré son apparence.

CALCULS VÉSICO-BULBEUX. — Nous ne connaissons qu’un cas de cette nature, mais il est par contre tellement incontestable, que c’est par lui que nous terminerons l'étude des calculs mixtes de l’urèthre.

L'exemple unique que l’on possède est renfermé au musée Dupuytren. Bourdillat l’a décrit et dessiné en y joignant la figure d’une coupe des plus intéressantes; voici ce que nous dit cet auteur : « On voit sur ce calcul le renflement vésical séparé par une rainure profonde du renflement uréthral. Ce dernier est divisé à son tour en deux parties inégales par une dépression qui correspondait au Collet du bulbe et isolait cette portion bulbeuse des portions membraneuse et prostatique réunies. La portion vésicale est l’image fidèle du bas-fond de la vessie à laquelle elle correspondait. Le renflement prostato-membraneux

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