INTRODUCTION
S’il est, en médecine, un sujet qui, de tout temps, ait excité les recherches et la sagacité des cliniciens, c’est bien le groupe- des tumeurs décrites sous le nom général de cancers. Et cependant, malgré cette abondance de travaux, il nous faut bien reconnaître qu’il reste encore aujourd’hui bien des lacunes à combler, bien des points passés inaperçus à faire ressortir. C’est ainsi qu’il est une forme particulière de cancers que nous n’avons trouvée décrite dans aucun classique malgré l’importance qu’elle nous paraît avoir.
Nous voulons parler des cancers primitifs multiples, que, sur les conseils de notre maître Monsieur le Docteur Gilbert, nous avons choisis comme sujet de thèse.
Certes, pour mener à bien un pareil sujet, il eût
fallu des qualités cliniques que nous sommes loin de posséder à un degré suffisant. Aussi n’avons-nous pas la prétention d’avoir tranché cette question d’une manière définitive. Non, notre but est plus modeste et nous nous estimerons largement récompensé de nos efforts si nous parvenons seulement à attirer l’attention sur cette forme spéciale de cancers.
Notre étude comprendra trois grands chapitres. Dans le premier, nous retracerons l’historique de cette affection, d’une manière aussi complète que nous le permettront les documents que nous avons pu recueillir. Puis, afin de montrer la différence qui existe entre les cancers multiples primitifs et les cancers multiples par généralisation, nous donnerons un aperçu général de nos connaissances actuelles sur les modes de généralisation de ces tumeurs. Enfin, dans un troisième chapitre, nous exposerons le plus clairement possible ce que nous connaissons sur les cancers primitifs multiples, en y joignant les observations publiées à ce sujet.
Mais, avant d’aborder cette question, nous tenons, profitant d’une excellente coutume, à remercier tous ceux à qui nous sommes redevables des quelques connaissances médicales que nous possédons.
M. le Professeur Chénieux, directeur de l’Ecole de Médecine de Limoges, a été l’un de nos premiers maîtres. Nous avons, pendant deux années, suivi ses cliniques de l’hôpital général, nous le remercions
de renseignement chirurgical comme aussi des bienveillants conseils qu'il nous a donnés au début de nos études.
Nous remercions également MM. les Docteurs Prosper Lemaistre et Justin Lemaistre ainsi que tous nos autres professeurs de l'Ecole de Médecine de Limoges qui, par leur solide enseignement, ont si puissament contribué à notre éducation médicale.
MM. les docteurs Jaccoud, professeur à la Faculté de Médecine de Paris, et Ferrand, médecin des Hôpitaux, ont bien voulu nous faire l'honneur de nous admettre dans leur service ; à eux aussi nous adressons nos plus sincères remercîments.
Nous devons un témoignage tout spécial de gratitude à MM. les docteurs Boulland, médecin de l’hôpital général de Limoges, Vallon, médecin des asiles de la Seine et Gilbert, médecin des hôpitaux, qui, durant tout le cours de nos études médicales, ont bien voulu nous aider non seulement de leurs conseils éclairés, mais aussi de leur puissante protection. Qu’ils nous permettent de leur manifester ici nos sentiments de profonde reconnaissance.
Enfin, nous ne saurions trop remercier M. le professeur Chantemesse pour le* grand honneur qu'il nous fait en acceptant la présidence de cette thèse.