L. PRUNIER
» Ces carbures peuvent être regardés comme produits en partie par la distillation sèche et en partie comme dérivant les uns des autres et du formène, suivant les réactions régulières que j’ai observées dans l’étude des carbures pyrogéués. En effet, j’ai signalé les métamorphoses réciproques etdirectesdesquati ehydrures decarbonefondamenlaux : l’acétylène C s H (2 vol. ), l’éthylène, C® H* (2 vol.), le méthyle, C® H 8 (2 vol.), et le formène, C®H* (4 vol.), qui constituent, avec l’hydrogène, un système en équilibre, système tel, que les quatre carbures fondamentaux se forment à la température rouge aux dépens de l’un quelconque d’entre eux pris comme point de départ : c’est là un fait d’expérience. J’ai aussi montré, par expérience, comment le formène libre engendre directement, nonseulement l’éthylène (C®H®)®, mais aussi le propylène (C®H®) 8 , et probablement toute la série des carbures polymères (C*H®)". L’acétylène libre engendre également, par synthèse directe, la benzine C 1 * H 6 = (C*H®) 8 , et toute une série de polymères, (C*H®) n , entre lesquels la benzine prédomine, à cause de sa plus grande stabilité.
» Tous ces corps se retrouvent, en effet, dans le gaz d’éclairage et dans le goudron de houille formé simultanément. Non-seulement les quatre carbures fondamentaux C®H, C®H®, C*H 8 , C®H*, et les polymères des deux premiers (C®H)® m , (C®H*)", prennent ainsi naissance, mais tous ces corps se combinent deux à deux, toujours sous l’influence de la température rouge, pour constituer des carbures plus compliqués, en équilibre avec les carbures plus simples qui les engendrent, »
Nous n’avons pas un mot à ajouter à ce qui précède pour donner la clef de ce qui se passe dans la dissociation pyrogénée des pélx’oles.
Nous avons, en effet, signalé la présence de l’acétylène et de l’éthylène; celle de l’hydrogène et des carbures forméniques i nférieurs n’est pas moins évidente : nous sommes
donc pleinement dans les conditions où les loU précédentes trouvent leur fonctionnement naturel.
Nous n’insisterons pas davantage sur l’intérêt qui s’attache aux aperçus nouveaux qui font envisager le mèsiiy- Ihne ou triallylène (C 6 H‘) 8 et le tricrotonylène (C 8 H 6 ) 8 comme les points de départ de séries nouvelles comparables à la série aromatique proprement dite, dont la benzine ou triacétylène (C 4 H 8 ) 8 forme le noyau.
Le propylacétylène ou térène C 4 H* (C 6 H 6 ), dans cet ordre d’idées, devient également le point de contact avec les carbures camphéniques et térébéniques.
Notre travail n’offre pas de si larges horizons; modestement abrité derrière les découvertes de notre savant maître, nous n’avons fait, en somme, autre chose que de vérifier sur les produits accessoires du pétrole l’exactitude des lois formulées par lui, etles quelques variantes qu’on pourrait relever n’ont trait, en définitive, qu’à la quantité relative des produits plutôt qu’à leur nature et à leur constitution même.
On remarquera, sans nul doute, que nos expériences, jusqu’à présent, ne se rapportent qu’aux termes inférieurs des différentes séries.
Nous n’avons en effet, jusqu’ici, fait mention que des composés gazeux ou tout au moins volatils à basse température; le butylène, l’amylène, le crotonylène, la benzine, représentant les plus élevés parmi ceux que nous avons caractérisés.
En ce qui touche aux termes moyens, et nous entendons par là les carbures liquides, comme les homologues de la benzine, le styrolène, ou ceux de consistance solide qui sont voisins de la naphtaline et de l’acénaphtène, nous n avons pas, quant à présent, d’ensemble expérimental à produire. Mais cette lacune nous paraît à peine regrettable; elle est comblée théoriquement d’une manière complète par les carbures si bien étudiés et connus des huiles de houille, qui présentent la série complète.