‹ Étude sur les carbures incomplets qui prennent naissance accessoirement dans le traitement industriel des pétroles d'AmériqueChapitre 16 sur 36 · GÉNÉE DES PÉTROLES A POINTS D’ÉBULLITION TRÈS-ÉLEVÉS · texte numérisé non relu

GÉNÉE DES PÉTROLES A POINTS D’ÉBULLITION TRÈS-ÉLEVÉS

A l’Exposition universelle de Philadelphie, en 1876, se rencontrait, sous la rubrique de Newproduct, et au milieu d’une variété considérable de produits tirés des pétroles, un groupe de corps d’une nuance verte éclatante.

Ces composés, solides et cristallisés, furent remarqués immédiatement par M. R. David, qui se mit en rapport avec l’exposant et avec le D r Herbert Tweddle, chimiste à Pittsburgh. Ce dernier voulut bien lui fournir les renseignements nécessaires sur la provenance de ces produits ainsi que sur le traitement qui leur a donné naissance, en même temps qu’il consentit à lui remettre, pour être étudiés au point de vue chimique, une partie des échantillons obtenus par lui.

Ces corps ont un fort bel aspect et sont doués d’une riche couleur verte. Ils présentent un éclat gras et une structure cristalline voisine de celle des paraffines ou mieux encore du blanc de baleine, dont leur consistance les rapproche également.

Ils paraissent contenir en grande partie le principe fluorescent des produits commerciaux. Les circonstances dans lesquelles ces produits prennent naissance sont les suivantes. Quand le traitement industriel des pétroles de Ren-

CARBURES INCOMPLETS TIRÉS DES PÉTROLES. 23 sylvanie a fourni déjà l'essence (densilé, 0,715) et l’huile lampante (densité, 0,800), les produits visqueux repassent dans de vastes cornues chauffées à feu nu, où la dessiccation est poussée jusqu’à la formation du coke.

Ils reforment d’abord des produits gazeux qui se dégagent, puis ils distillent des produits liquides qui sont réunis aux produits à épurer. C’est vers la fin de ce traitement que passent les produits qui contiennent le pétrocène (c’est ainsi que le D r Tweddlc désigne le produit initial), qu’on sépare des huiles et de la majeure partie des paraffines par expression et recristallisation.

Ce pétrocène est donc la matière première; sa couleur est d’un vert très-prononcé ; sa densité est d’environ 1,206.

Il est, en somme, peu abondant, puisque cinquante mille barils de pétrole en fournissent seulement quelques kilogrammes.

C’est ce pétrocène que le D r Tweddle a réparti par cristallisation fractionnée en différents produits qu’il distingue par leurs points de fusion, et auxquels il a donné les noms de carbozene, carbopétrocène, thalle ne, etc. Ce dernier est un produit de sublimation du pétrocène; il est d’un jaune tirant sur le vert; il fond vers 210 degrés. De même que ses congénères, son point de fusion est donc de beaucoup supérieur à celui des paraffines (fusibles, comme on sait, au-dessous de 65 degrés). Les chiffres observés à cet égard parleD r Tweddle s’élèvent de 370 à 460 degrés F., soit 190 à 240 degrés C.

Tel est le produit rapporté en France par M. R. David et que nous avons soumis à l’examen chimique. Une étude première nous a montré d’abord que ces différents corps ne sont autre chose que des mélanges. Il suffit, en effet, de reprendre la matière par un dissolvant quelconque pour constater que les points de fusion n’ont absolument rien de fixe.

Sur la lame de platine, la matière fond et brûle avec une

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