L, PRUNIER
flamme très-éclairante, puis se boursoufle et laisse finalement un résidu ferrugineux presque insignifiant.
Les dissolvants ne tardent pas à séparer chacun des composés primitifs en une série d’autres corps dont les points de fusion sont très-différents. Ce sont donc des mélanges, et non des espèces chimiques distinctes. L’analyse centésimale en a été également effectuée, et elle a montré tout d’abord que ce sont bien des carbures, et même des carbures fort élevés dans la série, puisque les nombres sont compris, pour le carbone, entre 88 et 95 pour 100, le reste étant de l’hydrogène. Ce premier résultat était déjà intéressant, puisqu’il établissait que, considérée dans son ensemble, la masse de ces produits était formée de carbures incomplets.
Eu effet, les carbures éthyléniques titrent 85 ,71 et les carbures forméniques contiennent moins de carbone ; or nous avons 88 à 90, c’est-à-dire que notre produit est formé principalement par des carbures incomplets d’ordre très-élevé.
Continuant notre examen préliminaire, nous avons attaqué la masse par l’acide sulfurique concentré, qui en laisse une partie indissoute, ce qui nous a permis d’évaluer approximativement la quantité de paraffines. Cette proportion varie de 1 à 9 ou to pour 100.
Le brome, employé directement, se combine énergiquement à la substance, en dégageant de l’acidebromhydrique, 1 partie de carbure fixant 2 à 2 -j parties de brome.
Enfin, nous avons aussi constaté la formation de picrates, dont les points de fusion, de même que ceux des bromures, n’offraient rien de fixe.
L’ensemble de ces résultats préliminaires montre surabondamment que ces corps ne sont autres que des mélanges fort complexes de carbures d’hydrogène appartenant aux séries les plus incomplètes.
Pour entreprendre la séparation, nous avons laissé de
CARBURES INCOMPLETS TIRÉS DES PÉTROLES. 2 7 côté la distillation fractionnée, qui avait déjà donné au D 1 ' Tweddle tout ce qu’elle pouvait fournir et qui était incapable, comme la cristallisation du reste, d’isoler les corps les uns des autres.
Les carbures dont il s’agit, en effet, ont des points d’ébullition trè%-voisins et compris sensiblement de 35 o à 45 o degrés C. environ.
Ils se dissolvent tous réciproquement, et dès lors on ne pouvait souger à les séparer par celte méthode. Nous avons alors pensé à traiter le produit par les liquides susceptibles de le dissoudre incomplètement, en variant les essais tant au point de vue de la nature du dissolvant qu’à celui de la température à laquelle on 'opère.
Ces différents essais nous ont montré que l’alcool employé à l'ébullition ne dissout qu’une partie de ces composés, de même que l’éther ; tandis que le sulfure de carbone, le chloroforme et la benzine employés en excès finissent par tout dissoudre, sauf un très-faible résidu.
Après des tâtonnements assez nombreux, nous nous sommes arrêtés à l’emploi de l’alcool bouillant, qui fournil un premier mode de séparation qu’il est facile de compléter ultérieurement par l’emploi méthodique des autres dissolvants.
Ce mode d’investigation permet, comme on va le voir, de répartir la masse initiale en une série de coupes solubles dans les différents milieux alcooliques de degrés variables ou mixtes, dans lesquels l’addition de l’alcool, ou finalement de l’eau, amène une série de précipitations fractionnées dont l’ensemble comprend la totalité du produit mis en expérience.
C’est ainsi que nous avons été amené à employer la méthode dont nous allons maintenant exposer le principe.
Méthode de séparation par les dissolvants . — La matière pulvérisée est épuisée par l’alcool à <)4 degrés bouil-