‹ Étude sur les carbures incomplets qui prennent naissance accessoirement dans le traitement industriel des pétroles d'AmériqueChapitre 21 sur 36 · L. PRUNIER · texte numérisé non relu

L. PRUNIER

(les composés oxygénés ou des carbures incomplets auxquels est dû le polycliroïsme.

Si dans le traitement général on emploie le chloroforme au lieu de sulfure de carbone, les résultats sont sensiblement les mêmes. Toutefois, le chloroforme se prêle avec beaucoup plus de facilité que le sulfure de carbone à l’épuisement à chaud, et ses propriétés dissolvantes diffèrent aussi de celles du sulfure, ce qui peut être utilisé pour la séparation de certains carbures à point d’ébullition très-élevé.

C’est surtout dans ce cas qu’il est préférable de se servir de chloroforme et de terminer aveclui l’épuisement, attendu qu’il restitue intacts les carbures dont il s’est emparé, tandis que les détails qui vont suivre montreront qu’il n’en est pas toujours ainsi quand on se sert de la benzine, ainsi qu’on l’a fait tout d’abord.

Nous poursuivons donc jusqu’à son terme la description du traitement de la partie demeurée insoluble dans les liquides sus-mentionnés, tel qu’il a été pratiqué en premier lieu.

Le résidu, d’une teinte verte de plus en plus foncée, titré en bloc,ne contient pas moins de 9 6 pour 100 de carbone. On le lave à l’alcool, puis on le sèche et on l’épuise à chaud par la benzine. Le dissolvant enlève, à la longue, la presque totalité de la masse et ne laisse qu’un résidu rouge brun, violacé, très-peu abondant. Son poids est négligeable et ne représente pas plus du millième de celui du carbure initial, lepétrocène. Il se dissout en totalité dans une faible quantité d’acide chlorhydrique étendu, et la liqueur donne tous les caractères des sels de fer.

Les appareils en fonte ou en tôle qui serventdansl’industrie sont évidemment le point de départ de ce composé ferrugineux, sur lequel nous n’insistpns pas davantage.

3 ° Étude des produits fournis par l’action de la benzine bouillante. — Nous avons dit que la benzine bouil-

CARBURES INCOMPLETS TIRÉS DES PÉTROLES. Zi)

lantc finit par dissoudre la presque totalité du résidu insoluble dans le sulfure de carbone froid.

Par filtration à chaud, on obtient un liquide extrêmement fluorescent qui dépose, par refroidissement, du chrysène et un mélange de carbures à point de fusion s’élevant jusqu’à 280 degrés (clirysogène de M. Fritzsche). Ce mélange est en partie soluble dans l’éther, qui laisse indissous le chrysène ainsi que les carbures voisins.

Les dernières portions, épuisées par une grande quantité debenzine chaude, donnent un carbure jaune citron clair, très-peu soluble, fusible à 290-300 degrés. Ces produits paraissent souillés d’une trace de quinone verte qui s’oxyde à l’air et laisse finalement le corps blanc.

Le toluène et les huiles de houille, bouillant au-dessous de 120 degrés, donnent sensiblement les mêmes résultats que la benzine.

Quand les solutions bouillantes ont été concentrées pour laisser cristalliser les carburesjaunes ci-dessus, fusibles de à 3 oo degrés, on finit par avoir un liquide incristallisable, presque sirupeux s’il a été énergiquement concentré, et fortement teinté de brun rougeâtre, avec fluorescence très-manifeste. C’est de ce produit que nous allons maintenant nous occuper.

La liqueur visqueuse est filtrée et additionnée de cinq à six fois son volume d’alcool, puis agitée fortement pour diviser le précipité formé et faciliter la dissolution de l’huile de houille dans l’alcool.

Par le repos ou la filtration, on sépare une masse poisseuse qu’on lave à l’alcool à plusieurs reprises, puisa l’eau bouillante, qui lui enlève des traces d’alcool et de benzine retenus énergiquement et auxquels est due principalement la consistance visqueuse.

Ce corps est ensuite dissous à l’ébullition dans une grande quantité de pétrole bouillant vers 100 degrés.

Par refroidissement on obtient une poudre blanchâtre,

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