PRUNIER
réserve, attendu qu’il n’a été effectué à cet égard qu’une seule analyse.
Le réactif de Fritzsche n’offre rien de caractéristique, du moins tant qu’on l’emploie dans la benzine ou le toluène. Le carbure ne parait pas se combiner à l’anthracène binitré et prend l’apparence visqueuse et amorphe dont nous avons parlé ; peut-être la cause en est-elle due à la benzine elle-même, qui, en s’unissant au carbure pour former une masse amorphe et visqueuse, peut empêcher mécaniquement la cristallisation.
L’acide nitriquefumaul le dissout tranquillement, et par addition d’eau on précipite un produit blanc sensiblement inodore.
Les agents d’oxydation agissent difficilement sur le nouveau corps. Le bichromate de potasse notamment, chauffé avec l’acide acétique cristallisable à l’ébullition en présence du nouveau carbure, ne l’attaque que fort lentement, et, après douze heures d’ébullition, on retrouve la presque totalité du carbure inattaqué. C’est à peine si l’on recueille des traces d’un composé verdâtre, insoluble dans l’eau, et qui a paru fusible vers i45- i5o degrés.
Ce carbure est remarquable par la difficulté qu’on éprouve à le combiner à l’acide picrique. En solution éthérée, le picrate ne cristallise pas, non plus que dans la benzine. Fondu à H- 125 ° avec de l’acide picrique, il paraît y avoir combinaison, mais on n’a pu parvenir à isoler le picrate.
On n’obtient pas non plus de picrate cristallisé en faisant bouillir le carbure avec une solution picrique dans l’alcool.
Revenons maintenant sur l’ensemble des faits observés sur ce carbure, et en particulier sur la formule qu’il convient d’adopter. Nous avons vu, premièrement, avec quelle opiniâtreté ce corps retient les dissolvants, et particulièrement la benzine, au sein de laquelle il est soluble en toutes proportions et incristallisable.
CAttBUKES INCOMPLETS TIRÉS DES PÉTROLES. 4^
Deuxièmement, chaude au-dessus de i5o degrés, il perd une certaine quantité d’un carbure liquide à la température ordinaire.
Troisièmement, le résidu élève sa teneur en carbone jusqu’à 96 pour ioo environ.
Quatrièmement, on n’a rencontré jusqu’ici ce corps, de mêmé que le précédent, qu’aprèsdes traitements prolongés en présence de la benzine ou du toluène à l’ébullition.
Enfin, sans insister plus qu’il ne convient sur la difficulté à préparer le picrate, si l’on tient compte de ce que la masse initiale, dissoute dans la benzine, titrait en bloc 96 et même un peu plus, on en vient à se demander comment on n’en relire que deux carbures, dont le premier contient 94,7 et le second g5,3 6 de carbone, sans qu’il y ait eu de dépôt de charbon, l’opération ayant été effectuée entièrement par dissolution et précipitation ultérieures.
Telles sont les raisons qui me font hésiter à admettre purement et simplement la formule (C 7 H 2 )", bien qu’elle se rapproche remarquablement des résultats analytiques.
Remarquons en outre que, par lachaleur maintenue audessous du point d’ébullition du carbure, nous avons un résidu qui titre environ 96 et me paraît voisin, sinon identique, avec le bitumène de M. Berthelot5 ceci nous mène à (C 8 H 2 )", qui correspond exactement à 96 pour 100. Faisons maintenant n — 6, on a C* 8 H 18 ; or, avec la benzine,
C 48 H ,S -t- C'MF = C"° H'*,
Bitumène P Benzine.
pour lequel le calcul conduit à g5, a3, chiffre suffisamment proche de celui donné par l’analyse.
Cette interprétation, actuellement hypothétique encore, ou toute autre semblable, me paraît préférable à celle qui consiste à admettre (C 7 H 2 )" purement et simplement, et plus en harmonie avec l’ensemble des faits.