‹ Étude sur les carbures incomplets qui prennent naissance accessoirement dans le traitement industriel des pétroles d'AmériqueChapitre 33 sur 36 · PRUNIER · texte numérisé non relu

PRUNIER

bilité du carbure dans le chloroforme, pour opérer de la manière suivante. On prend l’acide picrique ou l’un des picrates précédents, on le dissout à cbaud dans le chloroforme, puis on ajoute le carbure primitif en excès. On filtre après refroidissement et l’on obtient, par évaporation, un picrate orangé dont l’aspect au microscope se rapproche du picrate ci-dessus. Cependant, la nuance est plus claire et les cristaux plus petits. Ce picrate fond vers +185°.

Décomposé par l’eau ammoniacale, il a fourni :

Matière employée.

Carbure régénéré.

Acide picrique (différence)

Or, la formule (C 1S H S )* indique pour

(C 48 H s )C ,J H a (Az0<) 3 0 1 :

Carbure. 56,5

Acide. 43,5

Le léger excès de carbure indiqué par l’analyse s’explique parfaitement par les circonstances dans lesquelles le picrate a pris naissance. C’est donc la formule C 48 H 8 qui paraît convenir au carbure en question (*), et il semble résulter des chiffres qui précèdent qu’il existe au moins deux et peut-être trois picrates de ce carbure répondant aux formules

C w H , [C' î H*(Az0 < ) , 0’],

C«H‘[C 1J B 3 (Az 0 ') 3 0 J P,

(?) C^H^C^H^AzO^O 1 }.

C’est là probablement un fait à rapprocher de la fixation énergique de la benzine par un autre carbure également très-incomplet, dont il a été question pages 43 suivantes.

(■) La formule C I0 H 10 , qui représente l’homologue supérieur, s’accorderait aussi, à la rigueur, avec les déterminations numériques.

carbures incomplets tirés des pétroles. 53

Pour terminer ce que nous avons actuellement à dire de ce groupe, nous mentionnerons un autre carbure qui est le plus difficilement soluble dans le chloroforme, ou qui reste en dernier lieu après les lavages, à l’éther et à l’acide acétique bouillant, du composé brun obtenu par l’action du chloroforme chaud.

L’éther et le pétrole lui enlèvenL un carbure rougeâtre qui paraît être le benzérylhrène. L’alcool chloroformé entraîne le carbureC*'H 8 , précédemment décrit.

Il reste alors un carbure gris, privé de tout reflet jaune ou rouge. Ce corps est en lamelles brillantes et cristallines.

Il est très-difficilement soluble dans l’acide acétique bouillant.

Il fond au delà de 3 io degrés.

Etifin, il se combine à l’acide picrique pour former un corps brun rougeâtre très-soluble dans le chloroforme, et qui présente au microscope un aspect aiguillé et finement grenu.

Ce corps, qui n’est peut-être encore qu’un mélange soumis à l’action ménagée de la chaleur, se décompose par distillation sèche en un carbure jaune aiguillé, relativement très-volatil, un carbure jaune lamelleux plus fixe, et enfin un carbure brun foncé qui résiste à la température du rouge sombre.

Ce carbure, tel qu’on l’obtient après épuisement en dernier lieu par l’acide acétique, a fourni plus de 97,6 pour 100 de carbone; il correspondrait donc à (C ,4 H 8 )'‘, qui exige 97,67.

Quand l’alcool, l’éther, le chloroforme et l’acide acétique chauds n’enlèvent plus rien, on épuise définitivement par le toluène ou la benzine bouillante, qui entraîne les dernières portions de carbures solubles. Ces carbures, en très-minime quantité, sont nuancés de brun rougeâtre et ne titrent pas au delà de 97,4 environ.

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