ESSAIS DE SYNTHÈSE ET DE RÉGÉNÉRATION DES CARBURES
Ce Chapitre comprend deux paragraphes : le premier rapporte les essais effectués en vue de réaliser la synthèse des carbures de la série acétylénique, et en particulier du crotonylène; le second est consacré aux tentatives de régénération des carbures éthyléniques au moyen des bromures obtenus précédemment.
i. Expériences synthétiques. — Ayant obtenu par dissociation pyrogénée des pétroles les carbures incomplets de la série acétylénique, notamment l’acétylène et le crotonylène, il m’a paru utile de confirmer par synthèse, s’il était possible, les résultats fournis par l’analyse.
C’est pourquoi, m’attachant plus particulièrement au crotonylène, dont j’avais été conduit à étudier le tétrabromure, j’ai voulu tenter d’en élucider la constitution au moyen de la synthèse.
Déjà la Science possédait dans ce sens une expérience des plus élégantes, due à M. Berthelot, sur la combinaison
CARBURES INCOMPLETS TIRÉS DES PÉTROLES. l3
de l’éthylène avec l’acétylène à volumes égaux ( 1 ). La réaction s’effectue au rouge sombre dans une cloche courbe, avec condensation de moitié.
Restait donc à savoir si l’étbylacétylène de M. Berthelot et le crotonylène de M. Caventou, tiré du bromure de butylène dérivé lui-même de l’alcool amylique, étaient identiques ou simplement isomères.
Pour éclaircir autant que possible cette question, j’ai fait passer dans un tube de porcelaine chauffé au rouge sombre un mélange gazeux à volumes égaux d’étbylène et d’acétylène.
On peut également se servir d’un tube en verre de Bohème rempli de fragments de pierre ponce. Les deux gaz se combinent conformément à la réaction signalée par M. Berthelot :
Acétylène. Éthylène. Éthylacétylène.
Le mieux est de ne pas prolonger l’action de la chaleur, afin d’éviter la polymérisation.
On ne risque d’autre inconvénient que celui d’avoir une quantité relativement plus forte d’étbylène et d’acétylène libres; mais, comme leurs composés bromés ne cristallisent pas, le produit définitif n’en est pas souillé.
Les produits gazeux de la réaction traversent ensuite des flacons à brome convenablement refroidis, où l’on a soin de maintenir le brome en excès, afin que l’éthylacétylène passe à l’état de tétrabromure.
Pour faire cristalliser le produit, on chasse, par distillation, d’abord l’excès de brome, puis la majeure partie du bromure d’éthylène, en chauffant jusque vers i 3 o-i 35 degrés.
(*) Annales de Chimie et de Physique, 4* série, t. IX, p. 466.