CAUSES OCCASIONNELLES
fracturer le squelette costal sur une plus ou moins grande étendue, soit simplement utiliser en quelque sorte la flexibilité normale des ares costaux, et, sans fracturer ceux-ci, les déprimer suffisamment pour arriver au contact de l'organe. Il est fort vraisemblable d ailleurs que la fréquence relativement grande des lésions traumatiques de la rate chez l'enfant, soit due en partie à la grande élasticité que présentent les côtes à cet âge.
20 RuPrures De cause iNDinecre. — Elles relèvent de violences extérieures dont le point d'application sur le corps siège à une distance plus ou moins grande de la région splénique, et qui par conséquent n'agissent sur la rate que par répercussion ou contre-coup. Sans être à beaucoup près aussi fréquentes que les ruptures de cause directe, elles ne sont cependant pas rares.et l’on en rencontre dans la littérature un certain nombre d'exemples des plus nets. Lassabatie (1) rapporte le cas d un homme qui mourut très rapidement d'une rupture complète de la rate, à la suite d’un coup de pied dans la région sacrée. La malade de Baschieri (2) succomba en quelques minutes à la suite d'une rupture splénique consécutive à un coup de pelle reçu sur le côté droit de l'abdomen. La malade de Coville (3) était tombée de sa hauteur sur la fesse droite, sans que le dos ait porté.
Dans d’autres cas, ces ruptures peuvent résulter d’une chute d'une grande hauteur sur le côté droit (Latouche) (4), sur les
(1) LassaëaTie, X7V° Congrès de chir., 1901, p 191.
(2, Bascmeri, Modo singulare di rotura di milza per trauma, ÆRivista ctincu di Boloyna, fase. 10, octobre 1874.
(3) Covizee, Rupt. traumat. de la rate avec hémorr. lente, G43. des Hôpit., janvier 1902, p. 101.
(4) Laroucxe, Bullet. et Mém. de la Soc. de chir., 1905, p. 969.
26 ÉTIOLOGIE
genoux, sur les pieds, sur l'épaule (Parker Syms} ‘1).— Nous verrons ultérieurement quel est, dans ces cas, le mode d'action de la force traumatisante Disons dès maintenant que la production de ces ruptures est souvent la conséquence indirecte d'une altération préalable de la rate ayant augmenté la fragilité du parenchyme.
30 RuPTURES DE CAUSE MUSCULAIRE. — Cette altération préalable du tissu splénique est encore plus nécessaire dans la dernière varitté de rupture qui nous reste à étudier, les ruplures succédant à une contraclion musculaire.
Ces ruptures existent d'une façon absolument indiscutable ; — même elles ne sont pas très rares, — mais elles exigent pour se produire une friabihté toute particulière de la rate. Elles succèdent à une violente contraction du diaphragme ou des muscles abdominaux, à l’occasion d'un effort brusque ou prolongé, d'un accès de toux, d’un vomissement, etc. Ainsi la malade de Finnel (2). en soulevant un fardeau, ressentit soudain un craquementet des douleurs violentes dans l abdomen : elle sucromba quelques jours plus tard d'une rupture splénique. Martin (3; rapporte de même le cas d’un homme, paludéen, qui, à la suite de violentes quintes de toux, ressentit une douleur très aiguë dans l'hypochondre gauche. et mourut d'une rupture splénique quelques heures plus tard.
Enfin, on a observé un certain nombre de ruptures spléni-
ques consécutives aux eflorts de la période d'expulsion dans
(4) Parker Syus Ann. 0/ Surg., juin 1900. p 737.
(2: Finnez, No York met. Journ., juin 1876; ct ARerue des Sciences FC EE) AIS
(3) Manrix, Thèse Montpellier, 1877, p. 17, in Vaixcewr, Des ruptures de la rate, Revue de chirurgie, 1893, obs. XVIL p-1591: