‹ Étude sur les contusions et ruptures traumatiques de la rateChapitre 16 sur 54 · MODE D'ACTION · texte numérisé non relu

MODE D'ACTION

l'accouchement. Tel fut le cas d'une malade de Hubbart (1) qui mourut d'une rupture splénique quelques heures après un accouchement à terme, et des malades de Schalite 2, et de Wiklein (3) qui présentèrent l’une et l'autre, à la suite d’un accouchement, tous les signes d’un kyste hématique de la rate.

Telles sont, en quelques mots, les diverses variétés de traumatismes qui peuvent produire des contusions ou des ruptures spléniques. Il nous reste à étudier maintenant le mécanisme qu'emploient ces agents traumatisants.

Mode d'action. — 1° TRAUMATISMES DIRECTS. —- Quand un traumatisme violent frappe directement la base du thorax au niveau de la région splénique, il peut arriver qu'un fragment de côte fracturée vienne dilacérer la rate sous-jacente et produise sur celle-ci des lésions plus ou moins graves. C'est ce qui se passa dans un cas de Campbell (+) où une côte fracturée traversa successivement le diaphragme et l'iléon et fit une déchirure à la rate. C est ce qui arriva également dans un cas de Heidenhain (5) où l'on observa une hémorragie mortelle de

la rate à la suite d'une fraclure de côte. Mais il ne s'agit pas

(4) Husgarr, Rupture of the spleen after Labor. Ver York medic. Jour: nal, juillet 1819, et fev. des Sciences méd., L. XVE, p. 214.

(21 Scnaurre. Kyste sanguin de la rate. Splénect. Guérison, Soc, de Méd. de Ki ff Anal. in Wracht, 1899, n° 9.

(3) WikueiN, Kyste hémalique de la rate, in Bacezur, 1! Policlinico, 15 mars 1897

4 Cavesecz, cité pa: Quéxu, in Trailé de Chir. Durzay et Recrus, gro édit ,t VII, p 191.

(5) Heinexaaix, Vierlelj. f. ger. Med., XLVI, p. 87, in AÆev. des Sciences méd., XXX, p. 785.

28 ÉTIOLOGIE

là à proprement parler de véritables ruptures spléniques ; ce sont bien plutôt des plaies sous-cutanées par un instrument piquant. Nous n'insisterons donc pas sur cette variété d'ailleurs rare de traumatisme.

Dans les cas les plus simples, lorsque la rate est comprimée entre deux agents vulnérants agissant en sens opposé (comme les tampons d'un wagon de chemin de fer), ou lorsqu'elle se trouve prise entre un corps résistant, formant point d'appui solide, et une force traumalisante considérable (par exemple entre le sol et la roue d'un véhicule), le mécanisme de la rupture peut être celui de l'écrasemeut. La rate est alors plus ou moins réduite en bouillie, ou présente en tout cas des désordres considérables.

Lorsqu'au contraire la force traumatisante agit avec moins d'intensité, ou ne peut pas comprimer violemment la rate contre un point d'appui résistant, le mécanisme de la rupture est ordinairement celui de l'éclatement. Chez le vivant.en effet, la rate est constituée par un tissu remarquablement riche en sang, et par conséquent susceptible de se comporter plus ou moins comme une masse semi-liquide enfermée étroitement dans une capsule assez peu résistante. Si une force traumatisante vient donc frapper cette masse, elle se transmettra intégralement dans l'intérieur de celle-ci, et s'y répercutera dans toutes les directions. Elle atteindra la capsule, et la fera céder en un point faible ou en une région où la tension intra-capsulaire sera au MAXIMUM.

Dans d'autres cas, la rupture semble se faire par le méca-

nisme de la fexion exagérée. D'après Lewerenz (1), qui a

(1) Lewerenz, Archiv f, klin. Chir., t. 60, 1900, p. 951.

Page 1