‹ Étude sur les contusions et ruptures traumatiques de la rateChapitre 20 sur 54 · DEGRÉ · texte numérisé non relu

DEGRÉ

que peut provoquer une exploration ua peu hardie de la rate, comme les diverses manœuvres employées au cours d’une opération pour amener cet organe dans la plaie. Ces lésions guérissent le plus souvent d'elles-mêmes, en quelques jours.

2° Seconb DEGRÉ. — Les lésions sont déjà plus étendues. Ici, le parenchyme a été violemment contus et dilacéré en un ou plusieurs points, alors que la capsule fibreuse de l'organe a résisté et est restée intacte. Il se forme donc, à ce niveau, dans l'épaisseur même de la rate, un véritable hématome, dans lequel nagent, au milieu des caillots sanguins, les débris du parenchyme splénique contusionné, aux dépens duquel s'est produite l'hémorragie.

Ces hématomes intra-spléniques qui ont été décrits par Camus (1) peuvent, lorsqu'ils sont superficiels (et c’est ordinairement le cas), venir en quelque sorte faire saillie à l'extérieur, et former, à la surface de la rate, une sorte de bosselure plus ou moins prononcée. D'autres fois, ils s'étendent de proche en proche, décollant progressivement la capsule qui les entoure, et ils peuvent, dans les cas extrêmes, arriver à former, tout autour du parenchyme splénique, une sorte de nappe sanguine séparant complètement la rate de sa capsule. Dans un cas de Sherwood (2), l’'hématome pénétra même dans Pépaisseur du pédicule splénique et vint se collecter derrière le péritoine pariétal, tapissant la paroi postérieure de l’abdomen.

Dans d'autres circonstances, ces hématomes siègent profondément dans l’épaisseur du parenchyme, sans rapports immédiats avec la capsule. Enfin, dans d’autres cas, la lésion ayant intéressé des vaisseaux volumineux, l'hémorragie intra-splé-

(1) Camus, Les hémalomes intra et péri-spléniques. Thèse Paris, 1905,

(2) Saerwoo», Brooklyn medic, Journal, 1906, XX, p. 62. Planson 3

nique n’a aucune tendance à s'arrêter spontanément, et l’hématome acquiert des dimensions de plus en plus considérables. La capsule se tend alors jusqu'à ses extrêmes limites, et finalement arrive à se rompre, permettant ainsi à l'hémorragie de continuer à se faire dans la cavité péritonéale. On trouve un exemple très net d'un semblable accident dans une observation de Frank (1), rapportant le cas d'un homme qui, à la suite d’une contusion splénique, présenta un volumineux hématome sous-capsulaire. Cet hématome se rompit brusquement deux jours après l'accident et nécessita une intervention immédiate.

Anatomiquement,toutes ces collections intra-spléniques sont formées par un mélange de sang liquide, de caillots et de débris de parenchyme. Elles sont comprises dans une cavité ordinairement limitée : d'une part, par la capsule fibreuse, d'autre part, par le tissu splénique plus ou moins dilacéré. Lorsque les hématomes siègent profondément dans l'épaisseur de la rate, ils sont évidemment limités de tous côtés par le parenchyme splénique dilacéré.

39 TROISIÈME DEGRÉ, — Nous venons de voir qu’au cours des contusions, la capsule propre de la rate pouvait arriver à se rompre secondairement du-fait de la tension excessive d'un hématome intra-splénique. Plus souvent encore, cette capsule est rompue primifivement, au moment mème où l'agent contondant vient atteindre la rate ; et c’est précisément cette déchirure capsulaire qui constitue la caractéristique du troisième degré de la contusion splénique.

Dans ce cas, la capsule propre de la rate se trouvant rom-

(1) Frank, Münchener med. Woch., 1906, t. LIT, p. 189; obs, 2

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