CHAPITRE VII
LÉSIONS CONCOMITANTÉS
Toutes sortes de lésions peuvent naturellement coexister avec les ruptures traumatiques de la rate. Dans certains cas même, les blessures des autres organes sont si nombreuses et si graves que la lésion splénique est absolument noyée dans le complexus symptomatique et qu'elle passe tout à fait inaperçue. Ce fut ce qui se passa dans le cas de Guibal (1) où il existait, à côté d'une rupture étendue de la rate, des déchirures encore plus prononcées du foie, des reins et du diaphragme. Mais à proprement parler, il ne s’agit plus là de véritables observations de ruptures spléniques, et ces cas de grands délabrements thoraco-abdominaux ne rentrent pas précisément dans le cadre de notre étude. Ce que nous vouloss, c'est indiquer seulement quelles sont les lésions des divers organes qui coexistent le plus souvent avec les ruptures de la rate, sans supplanter pourtant la symptomatologie de celles-ci.
Dans les 189 observations de ruptures spléniques ayant été traitées chirurgicalement que nous avons réunies, nous avons trouvé des :
Lésions du poumon gauche . . . dans 3 cas du pancréas AR » 4 »
— de l'estomac. . . . . .. DR En
(1 Guisaz, Bull. el Mém. de la Soc. anat., 1900, p. 907.
LÉSIONS RÉNALES 81
Lésions du foie. , . , . . . . . dans 9 cas — rénales. . .. ÿ D 26 Fractures de côtes. . . . . . .. He G rs — dt crane ni i TO AS — QUDAS Deals. ONE — 5 EROTISME SNS
Toutes ces lésions se traduisent en clinique par les signes qui leur sont propres. Ces signes se surajoutent aux symptômes de la rupture splénique, et augmentent ainsi considérablement les difficultés du diagnostic. Nous ne pouvons les étudier ici en détail ; seules les lésions rénales, en raison de leur fréquence, retiendront un peu plus longtemps notre attention.
Lésions rénales. — Comme nous l'avons signalé plus haut, ces lésions sont presque toujours localisées au rein du côté gauche. Pourtant, dans deux de nos observations, celles de Michel (1) et de Ricard et Morestin (2), il est question de lésions rénales bilatérales.
Ces lésions rénales sont le plus souvent assez légères : dans une seule de nos observations, celle de Trendelenburg (3),elles furent assez prononcées pour nécessiter la néphrectomie.Aussi en règle générale ne se traduisent-elles en clinique que par un seul symptôme, l'ématurie. C'est une hématurie totale, colorant uniformément tous les jets de la miction, du commencement à la fin, ordinairement assez abondante : c’est ainsi que, dans notre observation personnelle, le cathétérisme ramenait
(4) Micue, loc. cit.
(2) Ricarp et Moresrin, loc. cit.
(3) TRENDELENBURG, Deutsche med. Woch., n° 40, cas 5. Planson 6