‹ Étude sur les contusions et ruptures traumatiques de la rateChapitre 36 sur 54 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

La mortalité effroyable que donnent les ruptures traumatiques de la rate, lorsqu'on les abandonne à elles-mêmes, impose dans presque tous les cas un traitement chirurgical énergique. Nous n'en sommes plus à l'époque où l'on pouvait écrire : « Il n y à pas de traitement de ruptures vraies de la rate, il ne peut y avoir que quelques indications à remplir » (Besnier) (1). Actuellement, tous les chirurgiens sont d’accord pour intervenir toujours et de bonne heure, dès que le diagnostic est posé avec un certain nombre de chances de certitude. Certes nous ne voulons pas dire par là que le traitement chirurgical soit de mise immédiatement dans les contusions simples et dans les hématomes intra-spléniques peu volumineux.

Ces lésions guérissent assez souvent d’elles-mêmes, par les moyens simples : repos absolu, glace sur la région splénique, alimentation des plus restreintes. Mais cependant il y a encore lieu, dans ces ras,de suivre les malades avec le plus grand soin, en raison de la possibilité d'hémorragies secondaires par rupture tardive de la capsule splénique, ou d'accidents infectieux par suppuration de l'hématome — De même, dans certains cas exceptionnels de rupture vraie avec hémorragie très peu abondante, le traitement chirurgical immédiat peut n'être pas

(1) Besnier, Dict. Encycl. des Sciences méd., 3° série, t. Il, p. 525. Paris, 1874.

indiqué. Mais ici encore, quelques jours ou quelques semaines après l'accident, on peut voir survenir des troubles variables nécessitant une intervention secondaire : évacuation du sang, ouverture d'un abcès sous-phrénique, etc.

On peut donc, au cours des contusions et ruptures traumatiques de la rate, être appelé à intervenir dans deux ordres de circonstances :

4° Aussitôt ou peu après l'accident, pour remédier à une hémorragie grave ;

2° Tardivement. pour lutter contre des accidents variables :

abcès traumatiques de la rate, péritonite localisée, kystes méta-traumatiques, etc.

S 4. — Interventions précoces.

Les observations d'interventions précoces pour ruptures spléniques ne sont pas encore très nombreuses, et Auvray (1), dans son travail de 1901, ne put en réunir que 45 cas avec 22 morts, ce qui donna une mortalité de 48,88 p. 100. Quelques mois plus tard, Février, dans son rapport au XIVe Congrès de chirurgie, présenta au total 56 observations de ruptures spléniques avec 29 morts, soit une mortalité de 51,78 p. 100. Berger, dans son important travail de 1902, réunit 90 cas avec 99 morts (donc 43,3 p. 100 de mortalité). Mais cette dernière statistique présente quelques inexactitudes manifestes, et doit, à notre avis, être légèrement modifiée. D'abord, on doit en supprimer deux cas (un de Mauclaire et un de Willien) dans lesquels il s’agit, non pas de ruptures, mais de plaies de

(1) Auvray, Gaz. des Hôpitaux, 20 avril 1904, p. 441.

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