TROISIÈME SECTION
Cuscutées.
Le genre Cuscute (cuscuta), qui constitue cette section des Convolvulacées, comprend des plantes parasites d’un aspect très singulier. Elles sont grêles, dépourvues de feuilles et s’enlacent autour des herbes voisines aux dépens desquelles elles vivent et s’accoissent, et qu’elles ne tardent pas à faire périr, en absorbant leur sève élaborée.
Lobel accorde des propriétés purgatives aux Cuscutes qu’il signale comme faisant beaucoup de ravages dans les vignobles du Midi. 11 ajoute toutefois qu’elles acquièrent des vertus un peu différentes suivant les plantes qui leur servent de nourrices. Ainsi on estime particulièrement les espèces suivantes :
Cuscuta densiftora. — Elle croît sur le lin, auquel elle doit sa saveur moins acre.
Cuscuta major. — Cette plante est parasite de l’ortie. Lobel lui attribue des propriétés diurétiques.
Nous citerons encore parmi les Cuscutes médicinales une espèce originaire de l’Amérique méridionale, c’est la :
Cuscuta americana (Linné) Cuscuste d'Amérique (vulg.), Corde à violon — Synnate — Herbe Z'amourette, Herbe Z'amitié — Cachyry des
Caraïbes. — Le nom de corde à violon donné à cette plante parasite indique assez bien la forme et la couleur de ses tiges enlaçantes absolument semblables à une corde à boyaux. Les cultivateurs lui font une guerre continuelle et l’arrachent sans pitié des citronniers ou orangers dont elles pompent tellement les sucs qu’on voit le feuillage jaunir sur le tronc desséché.
Cette plante contient presque moitié de son poids de mucilage et une très petite quantité de résine, plus une substance amère et astringente. La cuscute, d’un sentiment unanime parmi les praticiens des Antilles, jouit de propriétés apéritives, hépatiques et laxatives. Elle s’administre en infusion ou en décoction.