INTRODUCTION
Le travail que je présente aujourd’hui n’était pas destiné à voir le jour si promptement. Les plantes, qui en font l’objet, malgré l’importance légitime que plusieurs d’entre elles se sont acquise, ne sont pas toutes parfaitement connues ; il reste encore beaucoup à faire sur leur histoire. Malheureusement les plus intéressantes ne croissent pas sous notre ciel ; et dire qu’il faut aller en Asie ou en Amérique pour les étudier, c’est assez dire qu’il n’est pas facile d’avoir, à leur sujet, des renseignements dignes de toute confiance. J’en attendais cependant de ces contrées, sur la valeur desquels j’étais autorisé à compter, et je désirais ne pas publier ces pages avant de les avoir reçus. Des circonstances particulières en ont décidé autrement et m’ont obligé, de plus, à les écrire dans un espace de temps bien insuffisant. Je demande donc pour elles toute l’indulgence de mes maîtres; et si, dans la rapidité avec laquelle il m’a fallu les achever, quelques erreurs ont glissé de ma plume, je ne crois pas trop préjuger de leur bienveillance accoutumée en espérant qu’ils voudront bien les excuser. 11 n’a pas dépendu de moi de ne pouvoir leur offrir un travail plus digne de leurs savantes leçons.
Mon but n’est point de passer en revue toutes les convolvulacées auxquelles on a attribué autrefois, ou auxquelles on attribue encore des propriétés purgatives ; il en est plusieurs qui n’offriraient aucun intérêt. Je me suis proposé seulement d’étudier celles que leur énergie médicale a, de tout temps, mises de beaucoup au-dessus des autres, et qui, pour celte raison, ont plus spécialement attiré
l’altenlion depuis qu’elles sont connues. A ce litre, je me suis occupé successivement du jalap, de la scammonée, du turbith et du méchoacan. Puis, après avoir payé un juste tribut d’éloges à celles de ces plantes qui le méritent, je n’ai pu m’empêcher, dans un cinquième chapitre, de consacrer quelques lignes à rappeler que, si les liserons de nos climats ne sont pas aussi actifs que ceux du ^'ouveau-Monde, ils sont néanmoins dignes d’un peu plus de considération qu’on ne leur en accorde généralement. Loiseleur Deslongchamps, qui s’est dévoué à la cause des plantes indigènes, eb après lui, plusieurs autres savants, ont fait sur ces liserons des expériences qui prouvent suffisamment qu’il serait possible d’en utiliser plusieurs avec avantage.