‹ Étude sur les corps étrangers articulairesChapitre 4 sur 17 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les corps ^î^feærs organiques intra-articulaires dont iÉ|^^PJP[estion dans ce travail, sont des product^^^pathologiques de nature, de consistance, de formes variables, se développant dans une articulation relativement saine et déterminant par leur présence, des accidents divers.

Cette dénomination donnée par Cruveithier ne comprend ni les coagulations fibrineuses qu’on peut rencontrer dans une articulation, ni les nombreux corps étrangers de l’arthrite sèche où les lésions articulaires occupent toute la scène, ni enfin les corps venus du dehors à la suite d’un traumatisme. Ces productions ont été décrites sous des noms très-divers. Ils sont nommés cartilages libres par S. Cooper, cartilages mobiles des articulations par Velpeau, pierres articulaires par A. Paré, corps mobiles et flottants des articulations par Nélaton,

M. Panas, dans son excellent article du nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques

que nous citerons souvent, propose le nom d’arthrophyte (équivalent au mot : parasite de l’articulation), qui ne préjuge en rien de la nature du corps étranger, a l’avantage d’être court, de désigner, jusqu’à un certain point, le mode de formation de ces corps, enfin, de distinguer les produits articulaires des corps venus du dehors (1).

Les corps étrangers articulaires ne sont pas très-rares, et si un grand nombre d’entre eux échappent à notre observation, c’est que leur présence n’est pas toujours reconnue des malades, ou ne leur occasionne pas assez de gêne pour qu’ils réclament les secours de la chirurgie.

Le côté le plus intéressant dé l’étude de ces arthrophytes, c’est leur traitement.

L’extraction seule peut donner une guérison parfaite, et bien des chirurgiens hésitent à pratiquer cette opération , craignant, avec raison, les dangers d’une extraction par incision à ciel ouvert, ou les difficultés delà méthode de Goyrand.

Abandonnerait-on aussi souvent les malades à eux-mêmes, si l’on était en possession de méthodes qui permettent d’extraire les arthrophytes avec facilité et peu de danger? Nous ne le pensons pas.

Nous avons recherché les cas où l’on avait appliqué à l’extraction des corps étrangers articulaires, le pansement ouaté et la méthode antiseptique qui, nés d’hier, ont déjà rendu de nombreux services à la chirurgie. Quoique nos observations

(i) Dictionnaire de Jaccoud, article Articulation.

soient peu nombreuses, nous espérons montrer, pour notre cas particulier, la vérité de ces quelques lignes écrites par M. Lucas Championnière, au sujet des lésions traumatiques en général :

« Nous devons conclure que les chirurgiens ont dans leurs mains les moyens de diminuer la violence de la fièvre traumatique, de la rendre insignifiante, et qu’après les précautions opératoires prises, les plus précieux entre les procédés de pansement sont ceux de M. Lister ou de M. Guérin, ainsi que les faits l’ont démontré pour tous les grands traumatismes » (1).

Après avoir décrit l’anatomie pathologique, la pathogénie, l’étiologie, les symptômes, le diagnostic et le pronostic des corps étrangers articulaires, nous donnerons tous nos soins à l’étude du traitement. Deux chapitres spéciaux seront consacrés à la description du pansement ouaté et de la méthode antiseptique appliqués à l’extraction des arthrophytes.

Avant d’entrer plus avant dans la question, qu’il nous soit permis d’adresser nos remerciements les plus sincères à M. Just Lucas Championnière, chirurgien des hôpitaux, à M. Saxtorph, professeur à Copenhague, à M. Tillaux, chirurgien à l’hôpital Lariboisière, pour l’aide qu’ils nous ont prêté dans le cours de ce travail, ainsi qu’à nos maîtres, MM. Parise, Verneuil, Desnos et Archambault pour l’intérêt qu’ils nous ont témoigné dans le courant de nos études.

(1) Thèse d’agrégation. De la fièvre traumatique.

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