HISTORIQUE
La connaissance des corps étrangers développés spontanément dans les articulations ne remonte qu’à Ambroise Paré qui retira, en 1558, en incisant une hydarthrose du genou une concrétion cartilagineuse, dure, polie, de la forme d’une amande (1).
En 1691, Pechlin publia un second fait de ce genre (2). Wagner, en 1726, rencontra dans l’articulation fémoro-tibiale d’un bœuf un corps étranger de même nature, et, à peu près vers la même époque, Alexandre Monro (3) et Simpson (4) observèrent, l’un, sur le cadavre d’une suicidée, l’autre, sur le vivant, des concrétions cartilagineuses. La première opération de propos délibéré, en vue de l’extraction des corps étrangers articulaires, a été faite par Simpson. Depuis ce temps, les corps étrangers ont été l’objet de nombreux travaux, tant chez nous, qu’en Allemagne et en Angleterre, qui ont contribué à élucider d’une manière à peu près complète l’histoire de ces productions pathologiques. Citons les travaux de Pechlin, de Bilquer, de Morgagni, de Fahsel, de Reimar et Haller, de Heismann, de Bromfield, de Henckel, de Bell, de Desault, de Boyer, de
(1) A. Paré, édition Malgaigne, t. III, page 32.
(2) Pechlin, Observ. natur. cur. Hamb., 1691.
(3) Monro, Med essays and. observ., t. IV, p. 244. 1726.
(4) Simpson, idem p. 79. 1736.
Richerand. C’est en 1841 que Goyrand d’Aix donne connaissance de la méthode opératoire qui porte son nom et qui a diminué la gravité de l’extraction, faite jusqu’à lui à ciel ouvert. En 1860, M. Larrey fit, sur ce sujet, une communication à l’Académie, qui donna lieu à une discussion où prirent part Chassaignac, Gosselin et Giraldès. Notons encore un excellent article de M. Panas dans le nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques (1). La méthode de Lister date de 1867 et c’est l’année suivante que l’auteur appliqua son pansement à l’extraction des arthrophytes. Le pansement ouaté est venu peu après, et nous voyons M. Tillaux l’appliquer en 1870, à l’affection qui nous occupe.