SIGNES LOCAUX
A l’examen des organes urinaires, voici ce que l’on constate :
Le palper hypogastrique provoque une douleur vague, généralement faible, plus souvent un sentiment pénible du besoin d’uriner.
Par le toucher vaginal isolé ou combiné au palper hypogastrique, le siège de la douleur est mieux loca-
eue aies
lisé. La pression sur l’urètre lui-même ne détermine pas de douleur, sauf dans les cas où il y a un prolapsus de la muqueuse urétrale associé, comme dans les observations 11, V et VI. Quand on arrive avec le doigt sur la portion prévésicale du canal, la douleur et le besoin pressant d’uriner apparaissent. En comprimant légèrement la vessie contre la face interne du pubis, on détermine les mêmes sensations dou-
loureuses.
L'examen des organes génitaux dans tous ces cas est d'une importance capitale ; ce sont les renseignements fournis par un examen méthodique de l'utérus surtout, qui permettront la détermination de la cause de la cystite.
L’interrogatoire fait déjà ressortir l'existence de pertes muco-purulentes d’abondance variable et datant de plusieurs années, accompagnées de douleurs ou simples sensations de gêne dans la région lombo-sacrée, et quelquefois de petites pertes san— guines produïtes par un rapport sexuel.
On constate en outre : ;
Au toucher : un gros col de consistance ferme, tantôt hypertrophié régulièrement, quelquefois surtout hypertrophié et élargi à son extrémité inférieure. Souvent déchirures cervicales à l’une des commissures ou aux deux, surtout chez des multipares. Dans les cas d’existence d’une érosion cervicale,consistance granuleuse, associée à un léger ramollissement sur une surface plus ou moins étendue, circulaire. Autour
D. Weissberg 3
de l’orifice du col, on sent souvent des nodules euchâssés dans l'épaisseur de la lèvre antérieure surtout, du volume d’une tête d'épingle jusqu’à celui d’un noyau de cerise. Au niveau de l’orifice, le doigt peut sentir la mollesse particulière de la muqueuse utérine herniée qui fait contraste avec la dureté du col.
La mobilisation du col est toujours douloureuse.
L'exploration des culs-de-sac vaginaux montre généralement un manque de souplesse, ou même un certain degré de sensibilité exagérée, qui décèle presque toujours l'existence d’une inflammation périutérine.
Au spéculum : Col hypertrophié, de coloration violacée, prenant parfois l’aspect de bouchon de champague. Lèvres saillantes, ou en ectropion, laissant voir la hernie de la muqueuse rouge et tuméfiée qui forme un bourrelet autour de l’orifice, quand celui-ci est déchiré ou béant. Souvent érosions circulaires à contours irréguliers, de couleur rouge vif, d’aspect brillant, vernissé, avec petites saillies irrégulières à la surface. D’autres fois, ulcérations de petites dimensions habituellement, saignant facilement au contact d’un tampon. Glaires visqueuses et filantes, ou fluides, d’abondance variable.
L'examen hislo-bactériologique montre toujours une certaine quantité de leucocytes polynucléaires, des cellules endothéliales de différentes formes, parfois
des globules rouges, point de cylindres.
La flore microbienne est représentée le plus fréquemment par le colibacille pur, déterminé par la culture, quelquefois associé à d’autres éléments colimorphes, ou au staphylocoque.
L'examen cysloscopique est indispensable dans tous les cas, pour vérifier si la cystite n’est pas due à une autre cause, et pour préciser l’état des lésions; il donne des renseignements que nous avons signalés dans le chapitre des lésions anatomo-pathologiques, et nous n’y reviendrons plus.
Il faut toutefois souligner la sensibilité de la vessie à la distension. Si on injecte du liquide, on constate que la vessie est intolérante, à des degrés très divers d’ailleurs. Tantôt elle supporte sans aucune réaction douloureuse 140, 160 grammes de liquide, tantôt les douleurs apparaissent sous l'influence de petites quantités, de 80, 70 grammes par exemple.