‹ Étude sur les cystites consécutives aux inflammations chroniques du col utérinChapitre 11 sur 44 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

SYMPTOMATOLOGIE

Les symptômes de la cystite d’origine génitale ne diffèrent pas de ceux des cystites banales, ce sont des troubles miclionnels : fréquence, douleur, et des alléralions de l'urine : pyurie, hématurie.

L'intensité des symptômes est extrêmement variable.

La fréquence peut aller d’une légère augmentation du nombre des mictions diurnes à l’intolérance vésicale absolue. La période aiguë passée, les intervalles entre les mictions sont plus longs, les envies d’uriner moins impérieuses et moins continuelles.

La douleur, réaction personnelle, peut varier énormément d’un sujet à l’autre, elle n’est en rapport ni avec l'intensité ni avec l’étendue des lésions. Elle peut se montrer avant, pendant ou après la miction. Seule la douleur post-mictionnelle a un caractère pathognomonique. La douleur avant ou au début de la miction, qui se calme lorsque le besoin d’uriner est satisfait, est plutôt une manifestation névropathique.

La pyurie est caractérisée par des urines troubles, mais à des degrés très variables. A la période de début

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de l'infection, les urines sont louches, sans être tout à fait troubles, le dépôt qui se forme au fond d’un verre paraît composé d’un amoncellement de flocons légers, tandis que l'urine redevient à peu près limpide.

Lorsque les lésions Sont plus avancées, les urines sont épaisses et franchement troubles, elles ne s’éclaircissent plus par le repos. Il se produit assez rapidement une fermentation ammoniacale avec formation des mucosités jaune-rougeâtres d’odeur fétide.

Pour éviter toute erreur (trouble dû aux sécrétions vaginales), il faut faire uriner la malade dans deux verres, après toilette de la vulve. Souvent aussi, chez ces malades tourmentées par leur état, en équilibre nerveux plus ou moins instable, avec nutrition et assimilation parfois défectueuse, les urines renferment une quantité anormale de sels minéraux (oxalates, phosphates ammoniaco-magnésiens, etc.) qui précipitent d’autant plus abondamment que l'urine émise est moins acide. Avant d'affirmer la pyurie, il faudra acidifier l'urine ou mieux faire pratiquer après centrifugation un examen cytologique, qui donnera en même temps des renseignements intéressants sur la flore microbienne.

Quand les urines sont franchement troubles, elles le sont dans la totalité, mais non pas dans d’égales proportions au commencement, au milieu et à la fin des mictions. En faisant uriner les malades successivement dans trois verres, on voit que le pus est surtout abondant au commencement et à la fin, tandis qu'il peut

AE; a ca presque faire défaut dans la période intermédiaire. L'hémalurie, même discrète, est rare.

L’urine peut être assez fortement teintée, uniquement par les quelques gouttes de sang que font

sourdre de la muqueuse eongestionnée du col les dernières contractions de la vessie, à la fin de la miction. Ces hématuries terminales et sans gravité, mais qui peuventimpressionner les malades, ne seront bien mises en évidence que par l’épreuve de trois verres. La miction dans un seul récipient empêche de saisir le moment du saignement et peut faire croire à une hématurie totale, toujours plus sérieuse.

La fièvre n'existe pas en règle générale, quelle que soit l'intensité de la cystite.

Par contre, l’amaigrissement, la dépression physique et morale qui concourent à aggraver l’état des malades et à retarder la guérison, se rencontrent assez souvent. La douleur et les envies fréquentes d’uriner, qui empêchent la malade de s’alimenter convenablement et de prendre un repos suffisant, en sont la cause.

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