ÉVOLUTION. - PRONOSTIC
La cystite d’origine génitale a une marche irrégulière avec périodes d’accalmie et crises paroxystiques dont il faut chercher la cause dans l’état de l’utérus, chroniquement infecté, quand elles ne coïncident päs avec la période menstruelle présente où absente. Elle ést d'autant plus rebelle qu’elle est plus ancienne,
” 3 = Fr et n’a aucune tendance à la guérison spontanée.
Le pronostic est en général bénin et d'autant plus favorable que les lésions sont plus récentes et les symptômes plus francs. \
Nous avons déjà, dans l'introduction à ce travail, signälé la tendance spéciale à la chronicité de cette variété de cystite : l'amélioration est lente, la guérisn peut se faire attendre indéfiniment.
Lés causes qui peuvent rendre ces cystites rebelles d'émblée au traitement sont : d’une part, la marche traînante de la métrite cérvicale dont cés malades sont atteintes, d'autre part, la difficulté à obtenir la stérilité du milieu vésical lorsque la muqueuse a été
SEE et
atteinte, et la fréquence relative des lésions urinaires associées.
Les infections évoluant sur le col utérin par poussées à longue échéance et constituant des lésions de chronicité désespérante, on conçoit facilement la résistance de ces cystites à tout traitement, tant que la vessie sera entourée de ce foyer septique, cause de sa congestion et source de son infection.
Il faudra d’autre part tenir également compte des lésions urinaires coexistantes.
L'urètre, dans les cystites chroniques, par son fonctionnement exagéré, présente une diminution de sa contractilité, déjà si faible à l’état physiologique ; il revient incomplètement sur lui-même, il ne se vide pas, ou tout au moins ses glandes restent des foyers toujours infectés qui évacuent mal leurs sécrétions. ;
Les prolapsus de la muqueuse urétrale que nous avons signalés s’ajoutent aux causes citées plus haut pour entretenir la cystite.
Le pronostic dépendra donc de facteurs divers : guérison plus ou moins complète du foyer métritique, existence des lésions associées (urètre, prolapsus de la muqueuse urétrale), âge de la malade, la cause de l'inefficacité du traitement tenant — d’après certains auteurs, Garceau par exemple — à ce que le processus de réparation est moins rapide et moins efficace chez des malades âgées.
Ceci explique la longue durée des cystites d’origine
génitale qui, si elles ne sont pas dangereuses par
OPAONES
elles-mêmes, dépriment les malades et sont une menace constante d'infection rénale.
La guérison est dans beaucoup de cas plutôt une guérison clinique que bactériologique : l'examen et surtout la culture montrant la persistance des microbes dans les urines de certaines malades longtemps encore après la disparition complète des signes cliniques d'infection vésicale. Melchior avait déjà attiré l’attention sur ses bactériuries vésicales : dans sa statistique, sur dix-sept malades considérées comme guéries, dix gardaient encore des urines micro— biennes.