‹ Étude sur les cystites consécutives aux inflammations chroniques du col utérinChapitre 24 sur 44 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Mme Louise B..., 46 ans, se présente à la consultation de Necker en septembre 1934, pour pollakiurie trouble et brûlures en urinant.

Antécédents héréditaires : nuls.

Antécédents personnels : Rien d’intéressant si ce n’est un accouchement en 1919, qui nécessita une application de forceps et fut suivi d’une infection puerpérale. A la suite de cette infection, elle présenta pendant plus de deux ans des douleurs dans le bas-ventre survenant spontanément, et exagérées par la marche, la station debout prolongée. En même temps écoulement d’abondance variable.

Au commencement de 1921, la malade s’aperçut que ses urines étaient troubles et qu’elle urinait plus fréquemment que d'habitude; les mictions n’étaient pas à ce moment douloureuses. Cette pollakiurie trouble disparut au bout de deux semaines sans aucun traitement.

En 1929, à la suite d’une recrudescence des douleurs dans le bas-ventre et dans la région lombo-sacrée et pertes plus abondantes qu'auparavant, la malade éprouve des brûlures en urinant, les mictions sont fréquentes, les

urines louches. La malade est mise au repos, avec adminis-

tration d’uroformine et prescription d’un régime alimentaire et dés laxatifs. Au bout de quelques jours, une série de douze instillations de nitrate d'argent dans la vessie. La malade est nettement améliorée à la suite dé ce traitement. Elle garde une plus grande fréquence des mictions, mais ses urines sont claires et elle ne souffre plus en urinant. |

Etat actuel de la malade :

Les troubles vésicaux qui obligent la malade de consulter actuellement ont repris depuis six mois environ. La malade se plaint d’une pollakiurie très intense diurne et nocturne, avec douleurs vésicales et brûlures à la fin et quelque temps après les mictions. Les urines sont troubles avec gros dépôt. Pertes augmentées d’abondance depuis un an. Constipation habituelle.

Examen de la malade :

Vessie peu sensible à la palpation hypogastrique.

Les reins ne sont pas appréciables à la palpation, ét non douloureux au palper.

Le toucher vaginal détermine une douleur nette au niveau de la vessie et un besoin d’uriner.

Organes génitaux.

Au tourher : col sclérosé, nettement augmenté de volume, Orifice externe largement béant avec muqueuse en partie éversée. Déchirure de 1/2 cm. environ au niveau de la commissure gauche avec ectropion de la muqueuse à ce niveau. Autour de l’orifice petites saillies kystiques de volume d’une grosse tête d’épingle. Mobilisation du col douloureuse, cul-de-sac gauche sensible à la pression.

Au spéculum : col rouge violacé, ectropion de la muqueuse

MU

rouge et tuméfiée au niveau de l’orifice du col et de la commissure gauche. Nodosités kystiques autour de l’orifice. Au fond du vagin grosses glaires filantes.

Examen des urines :

Lourd dépôt opaque au fond du verre, liquide surnageant trouble. Odeur ammoniacale. L'examen direct montre nombreux polynucléaires, cellules épithéliales et très nombreux bâtonnets à Gram négatif.

7 septembre 1934 :

Electro-coagulation du col utérin.

17 septembre 1934 :

Col pâle, atténuation des symptômes métritiques ; pas d'écoulement, douleurs vésicales et pyurie persistent.

Instillations de nitrate d’argent à 1 p. 200 dans la vessie deux fois par semaine.

26 septembre 1934 :

Cautérisation des petits kystes autour de l’orifice du col utérin au galvano-cautère.

5 décembre 1924 :

Disparition complète des symptômes de métrite. Amé lioration des troubles mictionnels : fréquence diminuée, mais douleurs et pyurie persistent. La malade continue à être soignée à la policlinique par des instillations de nitrate d'argent à 1 p. 200.

18 décembre 1934 :

En raison de la persistance des douleurs et de la pyurie une cystoscopie est pratiquée. Celle-ci montre une vessie de bonne capacité, mais l'introduction du cystoscope doulcureuse. Vessie pâle et suppurante, parsemée de gru-

meaux purulents. Il existe quelques petites ulcérations au

niveau du bas-fond. Orifices urétéraux normaux. À droite 8t à gauche, les sondes urétérales prélèvent des échantillons. A l’examen histo-bactériologique, on ne note, tant à droite qu’à gauche, ni p1s, ni microbes.

19 décembre 1934 :

FEtincelage des zones ulcérées.

Dans les jours qui suivirent la malade expulsa des urines très troubles avec des débris de la muqueuse.

26 décembre 1934 :

Lavages de la vessie au nitrate d’argent à 1 p. 2.000 tous les jours. Cessation des douleurs, urines floconneuses, dépôt léger transparent.

Exnmen des urines :

Quelques polynucléaires, nombeux colibacilles, rares cellules épithéliales.

18 janvier 1935 :

Mictions normales et non douloureuses. Urines à peine louches renfermant quelques polynucléaires et des colibacilles.

Les lavages de la vessie sont continués.

4 février 1955 :

Examen des urines totales : après centrifugation faible dépôt où l'on trouve encore quelques bâtonnets à Gram négatif et quelques cellules épithéliales.

La malade est revue en juin 1935, ses mictions sont nor-

males, elle ne se lève que rarement la nuit pour uriner.

ÉNEETEE

OZSERVATION II.

Mme Charles S...; 51 ans, est envoyée à la consultation de clinique urologique de Necker en septembre 1934 par son médecin pour une cystite chronique et prolapsus de la muqueuse de l’urètre récidivant.

Antécédents héréditaires sans intérêt.

Antécédents personnels : fièvre typhoïde à Ilâge de 17 ans.

Réglée à 13 ans, d’une façon assez régulière, mariée à 19 ans. Six grossesses, dont la première à l’âge de 20 ans s’est terminée par un accouchement difficile (forceps, déchirure du col utérin), la dernière à l’âge de 37 ans. En outre, quatre fausses couches de six à huit mois. Cinq enfants vivants et bien portants.

Il y a quelques années, la malade ne peut préciser ni la date, ni les circonstances, troubles urinaires sous forme des mictions fréquentes avec émission d’urines troubles et douleurs à la fin de chaque miction. Le traitement prescrit par son médecin (repos au lit, antiseptiques urinaires, javages vésiçcaux), a nettement amélioré l’état de la malade qui a repris ses occupations. Elle garda néanmoins depuis une plus grande fréquence des mictions qu’auparavant, et des urines un peu louches.

En 1929, douleurs au niveau du méat, surtout marquées à la fin des mictions, pendant la marche, la station debout prolongée, pendant les rapports sexuels. Au début simples démangeaisons, cuissons, plus tard douleurs vives, vio-

lentes même, avec irradiations dans les cuisses, dans les

Étant.

aines. Un médecin consulté diagnostiqua un polype de

lurètre ; la tumeur a été excisée, cautérisée. Au bout de

huit jours la malade a repris ses occupations habituelles,

mais des envies fréquentes d’uriner persistaient toujours. Etat actuel de la malade :

Depuis quatre mois environ la malade — qui s’observe mieux qu'auparavant — présente une augmentation de la fréquence des mictions, elle urine en effet toutes les heures environ dans la journée et 3-4 fois dans la nuit. Les mictions sont difficiles et douloureuses, surtout à la fin. Urines fortement troubles avec dépôt lourd, abondant, ne s’éclarcissent pas par le repos. Douleur aiguë au niveau du méat rendant la marche pénible dans le dernier temps surtout, avec irradiations dans les aines, dans l’abdomen; rapports sexuels impossibles. La malade attribue ces phénomènes douloureux à la tumeur dont elle s’est aperçue depuis trois mois environ au niveau du méat et qui a notablement augmenté de volume dans les dernières semaines. Elle se plaint en outre d’une sensation de gêne, de douleur vague dans la région lombo-sacrée. Persistance des pertes glaireuses. |

Examen de la malade :

Entre les grandes lèvres un bourrelet annulaire de volume d’une noix, de coloration violacée, et à sa surface des ulcérations grisôtres entre lesquelles la muqueuse comme bourgeonnante saigne au moindre attouchement. La muqueuse de revêtement de la tumeur se continue avec la muqueuse vestibulaire sans aucune ligne de démarcation. Sur la partie latérale gauche de la tumeur entre les re-

plis de la muqueuse, l’orifice du, méat. Palpation doulou-

MN ee

reuse, ce qui empêche de tenter la réduction de la fumeuï.

La palpation de la région hypogastrique révèle une douleur faible, vague. Reins non appréciables à la palpation, Au toucher vaginal douleur violente au niveau de l’urètre et du col de la vessie.

Organes génitaux.

Au toucher : gros col, étalé, dur. Déchirure au niveau de la commissure gauche, orifice externe du col agrandi, ectropion de la muqueuse. La mobilisation du col est douloureuse, les culs-de-sac vaginaux sensibles.

Au spéculum : col hypertrophié en bouchon de champagne, lèvres fendues au niveau de la commissure gauche avec ectropion de la muqueuse rouge et tuméfiée. Multiples érosions sur la muqueuse éversée. Mucus glaireux

au fond du vagin.

Examen des urines vésicales :

Nombreux polynucléaires.

Cellules épithéliales.

Très nombreux bâtonnets à Gram négatif.

Examen cystoscopique 11 septembre 1934 :

Vessie de capacité normale. Lésions de cystite chronique surtout marquées à 2 centimètres en arrière du trigone. Orifices urétéraux normaux.

14 septembre 1934 :

Electro-coagulation du col utérin et de la tumeur uré-

trale.

26 septembre 1934 :

Symptômes de métrite atténués notablement, pas d'é-

coulement.

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