‹ Étude sur les cystites consécutives aux inflammations chroniques du col utérinChapitre 34 sur 44 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

Reblaub : Zd.

La nommée Dubray, ménagère, 43 ans, entre à la elinique des voies urinaires pour des phénomènes de cystite. Cette malade présente des antécédents personnels et héréditaires absolument favorables. Elle a toujours été régulièrement réglée et a fait deux grossesses absolument régulières. La seule incommodité dont elle se plaigne, c'est d’être atteinte depuis de longues années d’une leucorrhée persistante et extrêmement abondante.

Le début de son affection remonte à deux ans. A cette

époque; elle fut prise, sans cause apparente, d’envies fré-

En RQ APRES

quentes d’uriner; les mictions devinrent douloureuses surtout à la fin, les urines se troublèrent. La malade n’avait jamais éprouvé auparavant de phénomènes semblables, elle n’a jamais eu de rétention d’urine et n’a jamais été sondée. Elle dit seulement qu'il lui arrivait souvent de ne pas satisfaire le besoin d’uriner dès qu’il se produisait et de rester longtemps sans uriner. Quoi qu’il en soit, ces phénomènes persistèrent, la malade urinait toutes les deux heures de jour et se levait cinq à six fois de nuit ; les urines restèrent définitivement troubles. La malade n’a suivi jusqu'à maintenant aucun traitement sérieux.

A son entrée à l'hôpital on constate tous les symptômes de cystite : vessie douloureuse à la pression abdominale et au toucher vaginal, douloureuse également au contact, La capacité maximum est de 160 grammes. Les mictions sont douloureuses ; elles se répètent tous les trois-quarts d’heure aussi bien de jour que de nuit.

Le diagnostic de cystite n’était pas douteux, mais quelle en était la nature ? Des examens répétés faits au point de vue de la présence du bacille de Koch restèrent négatifs ; de même les inoculations.

La malade fut soumise aux instillations de nitrate d’argent, qui amenèrent une amélioration, non la guérison. Aussi la trouvons-nous encore dans le service un an après son entrée.

L'examen bactériologique des urines pratiqué à ce moment montre : des urines acides et présentant un dépôt assez abondant et constitué par du pus, quelques cellules épithéliales et des bâtonnets en grande abondance. Ces

D. Weissberg 6

Pa on

bâtonnets par leurs cultures et leur action pathogène sur

les animaux se révèlent être le bacterium pyogenes.

OBSERvVATION XI.

Reblaub : /d.

La nommée Trochu, ménagère, âgée de 41 ans vient à la consultation des voies urinaires le 29 juin 1891.

Elle a toujours été bien portante et ne présente aucun antécédent ni héréditaire, ni pathologique. Réglée à onze ans et demi d’une façon très régulière, elle a fait deux couches : la première, il y a 13 ans, à l’âge de 28 ans, a été fort difficile, a été suivie de métrorragies, mais n'a pas eu d’autres suites graves. Cependant, depuis cette couche la malade est affligée de flueurs blanches extrêmement abondantes qui l’ineommodent beaucoup et qui ont persisté depuis lors avec des intensités variables. C’est à la même époque que remontent les premiers symptômes de l’affection vésicale qui l'amène à la consultation.

À cette époque, elle fut prise d’envies fréquentes d’uriner, et ses urines qui jusque-là avaient été extrêmement claires, devinrent troubles et sont restées louches depuis lors. Puis sont venues à chaque miction les douleurs, qui cependant sont restées peu intenses et caractérisées surtout par une sensation de brûlure à la fin de la miction, Le médecin, qu’elle ne consulta que longtemps après le début des accidents, ordonna des lavages bori-

qués de la vessie et des capsules de térébenthine. Ce

traitement soulagea la malade, mais n’arriva pas à la guérir complètement.

Actuellement. la fréquence des mictions persiste; la ma: lade urine toutes les deux heures : elle sé lève plusieurs fois la nuit pour uriner. Chaque miction s'accompagne de douleurs, surtout à la fin, qui s’irradient dans les cuisses ; en outre, la malade éprouve des douleurs de reins continuelles et une sensation de pesanteur dans le bas-ventre. L'écoulement leucorrhéique persiste également, il est très abondant.

À l'examen physique, on trouve la vessie douloureuse à la pression hypogastrique et à la pression vaginale, mais surtout au palper bimanuel. L’explorateur à boule traverse l’urètre sans provoquer de douleur, mais arrivé dans la vessie, il détermine de la douleur par la percussion, L'injection de liquide dans ia vessie n’est pas douloureuse jusqu'à 120 grammes. À ce moment, le besoin d’urinér commence en même temps que les douleurs, et là malade ne supporte pas plus de 200 grammes.

L'examen endoscopique, pratiqué avec l’endoscope de Grünfeld, fait reconnaître que la muqueuse vésicale ést recouverte par une quantité de pus assez abondante. Si, avec l’exrémité de l’instrument, on gratte la muqueuse pour enlever la couche de pus, la paroi vésicale apparaît avec une coloration gris clair qui diffère à peine de la coloration normale. Mais les vaisseaux ont un aspect caractéristique. Au lieu de contours nets qu’ils ont à l’état normal, ils présentent des contours mal limités ; et leur tra et qu’il est toujours facile de suivre à l’état normal, dispa-

raît par places.

LEE Le

Tous ces caractères permettent d'établir le diagnostic clinique de cystite aiguë d’orgine vaginale passée à l’état chronique.

Cette malade fut soumise à des lavages boriqués suivis d’instillations de NoAg et répétés tous les jours. Elle retourne dans son pays le 17 juillet notablement améliorée et continue le traitement chez elle.

L'examen bactériologique des urines montre : coloration jaune clair, dépôt purulent, manifestement purulent, réaction acide ; odeur normale d’urine.

A l'examen microscopique : grande abondance de globules de pus, quelques cellules épithéliales de la vessie et grand nombre de bâtonnets polymorphes, les uns courts, les autres longs, mais appartenant manifestement à la même espèce. Ces bâtonnets se décolorent par le Gram.

Les cultures sur plaques, agar, gélatine, bouillon montrent qu'il s’agit de bacterium pyogenes.

L'examen bactériologique de la sécrétion vaginale montre un grand nombre de micro-o:ganismes.

La méthode de Pétri et de Koch nous permet d'isoler entre autres bactéries, un bâtonnet qu', par ses caractères morphologiques et culturels, parait identique au bacterium pyogenes mais qui en diffère par ses caractères de virulence. Nous n’avons pu avec des cultures pures de ce dernier dans bouillon, produire ni suppuration chez je

apin, ni infection chez la souris et le cobaye.

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