OBSERVATION XV
Mme B..., âgée de 37 ans, originaire de Palestine, avait ressenti, en 1913, au cours d’une première grossesse, de violentes douleurs dans le rein gauche, s’irradiant à la vessie et s’accompagnant de vomissements, les urines contenaient de l’albumine et du pus. Les
Here
mêmes phénomènes douloureux se reproduisirent, en 1917, à l’occasion d’une deuxième grossesse, accompagnés de pyurie, d’hématurie et de fièvre. Enfin, en 1920, nouvelle crise douloureuse si violente qu’on dut recourir à la morphine.
La malade est adressée le 127 Juillet dernier à M. Aimé, par son confrère Mme Nageotte, pour un examen radiologique de l’ap-. pareil urinaire.
L'examen radiologique des reins montre que les ombres rénales sont normales comme situation et comme contours et qu’il n’y a
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aucune ombre qui puisse être interprétée comme étant celle d’une concrétion calculeuse opaque. On ne voit rien d’anormal du côté des bassinets et des uretères. On remarque, par contre, au niveau des dernières vertèbres sacrées, masquant en partie le coccyx, une tache opaque à contours arrondis et réguliers d’un côté, irréguliers et comme ramifiés de l’autre, qui fait penser tout d’abord à un calcul.
Un examen plus approfondi montre que ce pseudo-caleul qui mesure deux centimètres environ sur deux centimètres est entouré d’une coque ovoïde dont le grand axe est parallèle au rebord de l'ombre sacrée et mesure 9 centimètres 5, le diamètre transversal étant de huit centimètres. La-situalion de cette masse ovoïde renfermant une concrétion opaque permettait le diagnostic radiologique de kyste dermoïde de l’ovaire. Seule, en effet, une vessie à parois épaissies, adhérente, rétractée et contenant un caleul, aurait pu donner une image approchante. Le Docteur Wolfromm, examinant la malade le 4 Juillet, constata par le toucher vaginal la pré-
sence d’une masse située dans le cul-de-sac droit, de la grosseur d’une orange, bien mobile et ayant une consistance ferme un peu élastique. Il ne perçoit pas les reins à la palpation el constate à la cystoscopie un double orifice urétéral gauche. Le plus bas situé de ces orifices présente une légère hyper-vascularisation que l’on constate d’ailleurs aussi autour de l’orifice urétéral droit unique,
Fig. 13
La malade fut opérée le 16 Juillet, par le Docteur Dubouchet et sortit guérie au bout de quinze jours. Actuellement, tous les troubles urinaires ont disparu. I n’y a plus de phénomènes douloureux dans le flanc gauche ni dans la région vésicale. IH subsiste encore, de temps à autre, de petites poussées d’élévation de température.
L'opération chirurgicale consista en l’extirpation d’un kyste dermoïde de l’ovaire gauche. Ce kyste, dont les dimensions sont exactement superposables à celles de la coque mise en évidence par la radiographie, était inséré, par un long pédicule, sur la corne gauche de l’utérus, mais se trouvait à droite et en avant du corps
utérin. L’utérus tordu sur lui-même inclinait fortement à droite sa face antérieure.
La radiographie faite après l'opération montre l’image de la dent qui se trouve à l’intérieur et confirme l’absence de calcifica-
tion de la paroi.
Paul Aimé.
Journal de Radiol. et d’Electr. N° 5, Mai 1925.
COBSERVATION XVI
Kyste dermoïde de l’ovaire droit avec productions dentaires décelées à la radiographie et pouvant faire penser à un calcul de l’uretère droit.
Il s’agissait d’une malade de 40 ans.
A la suite de l’examen clinique, on avait porté d’abord le diagnostic d’appendieite chronique avec salpingo-ovarite droite chez une femme présentant, en outre, un rein mobile droit.
Une radiographie du petit bassin faite par le Docteur Infroit montra l’existence d’une tache triangulaire, à sommet externe, et dont la partie centrale restait claire, tache située à deux travers de doigts au-dessous de Ia symphyse sacro-iliaque. On opéra la malade et on retira un superbe kvste dermoïde de l’ovaire droit.
Ce qui fut intéressant, c’est que l'examen du kyste de l’ovaire a montré qu'il s'agissait d’un kyste dermoïde et que, à l’intérieur de ce kyste, existaient deux dents soudées l’une à l’autre ; ces dents étaient manifestement l’origine de la tache à forme si spéciale triangulaire décelée par la radiographie.
Le Docteur Masson, de l’Institut Pasteur, ayant examiné la pièee opératoire trouva que l’une des deux dents avait la forme assez nette d’une incisive, alors que l’autre rappelait très vaguement
la forme d’une molaire.
A. Gosset.
Bull. et Mém. Soc. de Chir. Année 1923, p. 707.