‹ Etude sur les dents dans les kystes dermoïdes de l’ovaireChapitre 32 sur 36 · PATHOGÉNIE DES KYSTES DERMOÏDES DE L'OVAIRE AVEC DENTS INCLUSES · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE DES KYSTES DERMOÏDES DE L'OVAIRE AVEC DENTS INCLUSES

L'étude de la pathogénie des kystes dermoïdes de l’ovaire a donné lieu à de nombreuses et fort ingénieuses théories. Malheureusement le développement de ces kystes dermoïdes de l’ovaire est loin d’être élucidé, en particulier au point de vue spécial de l’évolution des dents.

Voilà ce que dit Pozzi, dans son Trailé de Gynécologie, au sujet de la pathogénie de ces tumeurs :

« La théorie qui faisait de ces kystes le produit d’une grossesse extra-utérine mérite à peine d’être mentionnée, quoiqu'on ait souvent rencontré ces productions chez les enfants. La théorie de la diplogénèse par inclusions fœtales est aussi inadmissible et la présence d’un nombre excessif de dents suffit à la ruiner ».

Alors est apparue la théorie de la parthénogénèse, formulée d’abord par Waldeyer, puis reprise et défendue par Mathias Duval et Repin ; elle explique les faits de la façon suvante : l’ovule aurait, chez l’homme, la propriété de se développer sans fécondation préalable, il résulterait de cette segmentation spontanée de l’ovule un embryon monstrueux inclus dans l’ovaire : c’est-à-dire une tumeur tératoïde.

Le kyste dermoïde serait, d’après cette théorie, le résultat de ce pouvoir de segmentation de l'œuf non fécondé ; un ovule dans l’ovaire du porteur se segmente et arrive à la formation d’une ou deux assises blastodermiques ; suivant

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le degré de ce développement, le dermoïde ovarien est constitué soit par le feuillet cutané seul ou pr épondér ant, ce qui ést la grande majorité, soit en même temps par des éléments issus du feuillet moyen (cartilage, os, muscles) ou ce qui est rare, de feuillet interne (intestin).

© On s’expliquerait encore que ces kystes soient généralement mixtes, muco-dermoïdes ; à la dégénérescence de l’ovule s’associerait une prolifération consécutive de lépithélium du follicule de Graaf.

. Cette théorie, si séduisante au premier abord, est passible de plusieurs objections graves qui suffisent à la ruiner ; la plus sérieuse objection est que, d’après Bonnet, la parthénogénèse n’existerait pas chez les vertébrés.

En effet, cette parthénogénèse qui existe chez certains invertébrés, n'aurait jamais été démontrée chez les vertébrés (Bonnet) ; d’une part, des cas de prétendue segmentation de l’ovule sans fécondation, tels que ceux rapportés par Morel (de Strasbourg), par Steinlein, qui a vu un kyste dermoïde tout petit dans un follicule de Graaf, ne sont à l’abri de la critique, et on ne peut, pour certains auteurs écarter absolument la possibilité d’une fécondation pass ee

inaperçue ; d’autre part, pour d’autres auteurs, les figures de prétendues divisions ne sont pas comparables à la segmentation de l’ovule fécondé, ce sont de simples figures de dégénérescence (Bonnet).

On peut opposer aussi une objection également capitale à la théorie de la parthénogénèse : c’est la possibilité du dé- . veloppement du kyste dermoïde ailleurs que dans l'ovaire, kystes dont la structure est identique à celle des dermoïdes ovariens ; par exemple, dans le testicule ou dans le médiastin, il est impossible d'admettre la segmentation d’un ovule !

Une troisième théorie est alors apparue : c’est la théorie formulée d’abord par Verneuil et qui fut acceptée par la suite par Lannelongue et Achard : c’est la théorie de l’enclavement ectodermique, qui semble guère plus soutenable.

Elle admet que pendant la vie intra-utérine, certaines parties du blastoderme ont été enclavées au milieu des tissus par suite d’une sorte de pincement. Dans ce pli cutané, emprisonné plus ou moins profondément, vont s’accumuler

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