‹ Étude Sur Les Divers Systèmes De La Représentation Distincte Des Intérêts AgricolesChapitre 22 sur 64 · TRES € SR · texte numérisé non relu

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Au lieu de réclamerla suppression d'impôts trop lourds pour l’agriculture, on a jeté à l’eau les agents du fisc, qui se présentaient pour les percevoir, et plutôt que d'implorer une refonte des fermages, on a brûlé les châteaux et réduit en cendres les vieux livres où s’inserivaient les rentes et les servitudes.

Puis, peu à peu l’ordre s’est rétabli ; beaucoup qui ne possédaient pas sont devenus propriétaires ; les vieux cadres se sont élargis ; une nouvelle classe agricole s’est formée qu’il va falloir organiser et dont il faudra défendre les intérêts.

Les auteurs vont moins écrire sur la représentation de l’agriculture, mais les hommes d’Etat vont à leur tour proposer leurs solutions à cette question importante et chercher à réaliser cette vieille réforme tant désirée. Parfois quelque théoricien, se rappelant les doléances des bailliages et des sénéchaussées, se fera l'interprète « des vœux libres et sans passions de la plus saine partie de la France » et demandera que « chaque collège électoral puisse rédiger encore des cahiers pour faire connaître des griefs, des abus ou des vues d'utilité publique et que le législateur soit {enu d’en connaître et d’en délibérer en public, parce que c'est sur la matière agricole qu’il importe surtout qu'il y ait un centre d'unité, vers lequel de tous les points du royaume, on transmette des éclaircissements relatifs » (1).

Mais, à défaut des écrivains, les gouvernements vont

1. Histoire de l Agriculture française par J. B. R. Delabergerie, membre de plusieurs sociétés savantes nationales et étrangères, ancien préfet, 1819.

oies

se préoccuper de la question et les systèmes succèderont aux systèmes à mesure queles ministres se remplaceront au pouvoir. Les uns demanderont aux sociétés agricoles les éléments de la nouvelle représentation ; les autres croiront devoir créer des organes spéciaux : con-

seils, chambres, comités (1).

Sociétés.

En mai 1798 (prairial an VI), grâce à François de Neufchateau, l’ancienne Société Royale avait été reconstituée ; partout du reste les anciennes associations agricoles supprimées en 1793 commençaient alors à se reformer. Elle avait pris le titre modeste de « Société Libre d'agriculture du département de la Seine ». Mais en 1804, après la proclamation de l’Empire, elle allait revètir un caractère officiel.

Par un décret en date du 25 août (7 fructidor an XI) Napoléon It" l’autorisait en effet à prendre le nom de « Société impériale d'agriculture » et décidait qu'elle se composerait de soixante membres résidants. Le 28 décembre suivant, le ministre de l’intérieur, sous la surveillance duquel elle était placée, fixait son règlement intérieur. Elle était chargée de veiller au progrès de

l’industrie agricole et on lui donnait, comme autrefois

1. Pour toute cette nouvelle partie historique, des renseignements précieux m'ont été fournis par les savantes. Etudes historiques sur l'administration de l'Agriculture en France de Mauguin, 1856-77.

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