‹ Étude Sur Les Divers Systèmes De La Représentation Distincte Des Intérêts AgricolesChapitre 5 sur 64 · Thibeaudeau. Hasloire des Elats-Généraux, page · texte numérisé non relu

Thibeaudeau. Hasloire des Elats-Généraux, page

disparate devait être minime du reste pour le bien-être des paysans.

À Strasbourg, au x1v° siècle, on voit bien reconnaître officiellement une corporation de marchands de blé, mais elle n’accueille que les commerçants. Sous Louis XI, parmi les soixante et une bannières, on en trouve une, la cinquante et unième, qui, sans doute, groupe les maraîchers et les jardiniers, tandis que, derrière la cinquante-sixième. les vignerons sont organisés militairement ; mais les laboureurs ne sont pas embrigadés. Au xvir° siècle, il en sera de même; les vignerons resteront associés et la communauté des jardiniers verra ses statuts renouvelés en 1697, pour comprendre encore douze cents membres maîtres en 1766 ; mais les cultivateurs n’auront pas leurs groupements professionnels.

Ils resteront ainsi longtemps sans organisation, sans accès auprès du pouvoir central, à peine défendus contre les exigences des seigneurs. A la fin du xv° siècle, l’admission de la population des campagnes à une partie des droits politiques va pourtant modifier leur situation. On sait ce qu’étaient les Etats Généraux sous l’ancienne monarchie. Ces assemblées, que convoquait le caprice du monarque, n’étaient pas appelées seulement à consentir des impôts, mais à présenter des doléances.

Tout d’abord elles ne donnaient leur avis que sur le point spécial qui leur était soumis; on ne leur laissait aucune initiative, même en forme de conseil. Mais en 1468, pour la première fois, on voit nettement des cahiers de doléances, émanant des électeurs, apportés par les

députés, qui d’ailleurs se contentent de les déposer et

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d'en demander l'examen par le pouvoir royal(r). Pendant près de trois siècles, les campagnes n'ont pas le droit de se faire représenter à ces assises solennelles, d'y élever la voix, d’y faire parvenir leurs plaintes. C'est le privilège des bonnes villes de députer au Tiers Etat, le plat pays est soumis à la tutelle officieuse des cités.

Sans doute « le troisième ordre eut toujours le mérite de se croire chargé de plaider, non la cause de telle ou telle classe du peuple, mais celle de la masse des non-nobles, sans distinction de francs ou de serfs, de bourgeois ou de paysans » (2), mais les campagnes manquent d’une représentation propre, elles n’interviennent pas directement.

C'est en 1484 seulement que les habitants des bailliages vont pour la première fois prendre part à lélection (3). Désormais les communes et les villages entreront dans la composition des assemblées primaires et participeront aux opérations préliminaires. « Les gens du plat pays se trouveront en état de parler par euxmêmes et c'est d'eux que viendront directement les remontrances qui les concerneront dans les cahiers de

1. Esmein, Cours élémentaire d'histoire du droit français, p. 490.

2. Augustin Thierry. Essai sur l’histoire du Tiers-Etat, page 33.

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