Maintien ou suppression des Chambres de commerce en
Belgique (Rapport).
Que reproche donc aux sociétés libres belges M. Legrand, dans son rapport sur les projets de représentation agricole, sinon de ne pas avoir une organisation uniforme, d'être très développées dans certaines régions du Brabant, du Limbourg et de la province d'Anvers, et d’avoir peu d'importance dans d’autres provinces (1)?
En France, si nous voyons des départements pourvus de 97 syndicats, comme l'Isère, ou de 135, comme le Doubs, ou de 169 comme l’Indre-et-Loire, groupant respectivement 9807, 11760, ou 12882 membres; nous en trouvons d’autres comme l’Ariège, le Puy-de-Dôme, la Haute-Savoie, qui n’en possèdent que 2, réunissant un peu plus de 2000 adhérents, ou comme l’Aveyron, le Cantal, la Corrèze, la Haute-Loire, qui n’ont que 4 syndicats avec un chiffre d’adhérents flottant de 741 à 6208.
Concluons donc avec M. Chevallier : « Peut-être si le mouvement syndical s'était partout généralisé, le problème de la représentation agricole serait résolu. Groupant tous les cultivateurs de la région, qui élisent à leur tour les hommes appelés à diriger la société, certainS syndicats peuvent être regardés à la fois comme un corps électoral et un corps élu de l’agriculture, mais si, dans telle contrée, il y a beaucoup de syndicats, dans telle autre 11 y en a pas ou peu. lei ils comptent beaucoup de membres et ailleurs un très petit nombre ». Il faut donc les compléter.
1. Conseil supérieur de l’agriculture. Session de 1898-1899. Réorganisation des comices agricoles : Rapport de M. G. Jacques, présenté à la 2 section. — Bruxelles, 1900.
Nous arrivons à ces conclusions, sans avoir à rechercher si, comme le dit M. Maurin, « les syndicats, intermédiaires excellents pour les transactions, sont encore bien malhabiles à défendre les intérêts généraux » (1), où si, comme le soutient M. Méline, les associations libres doivent être écartées, parce que « leurs réunions sont trop rares, leurs membres trop éloignés les uns des autres, trop absorbés par leurs occupations personnelles pour qu’on puisse exiger d’eux des efforts suivis et persévérants » (2).
Pour nous résumer avec le Comice de Cadillac : « les associations agricoles n’existent pas partout où il y a des intérêts agricoles à défendre ; — là où elles existent, elles ne représentent pas tous les agriculteurs » (3), voilà qui suffit à nous faire préférer des Chambres d’agriculture.
Ajoutons du reste, avec le même comice, que le commerce possède aussi ses sociétés et ses syndicats et que « pourtant les Chambres de Commerce sont considérées comme indispensables ».
« Au nom de l'égalité, la création de Chambres d'agriculture s'impose au législateur », disait aussi M. de Pontbriand. Et M. Chevallier, reprenant la même idée, écrivait dans son rapport : « D'ailleurs le commerce et l’industrie, qui ont leurs syndicats professionnels, ont
en même temps leurs Chambres. Pourquoi seule l’agri-
1. La Représentation de l'agriculture, par G. Maurin, 1806. 2. Proposition de loi de M. Méline, p. 2.