‹ Étude Sur Les Divers Systèmes De La Représentation Distincte Des Intérêts AgricolesChapitre 7 sur 64 · AUS · texte numérisé non relu

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L'agriculture va pouvoir exhaler sa longue plainte et proposer librement les mesures propres à soulager sa détresse. Sans doute, malgré l’extension du droit de suffrage aux communes rurales, il sera rare que les noms des députés du tiers ne soient pas accompagnés de qualifications indiquant des charges judiciaires ou administratives, où tout au moins une maîtrise; et le simple titre de laboureur n’apparaîtra guère que trois fois dans la liste du Tiers-Etat.

Mais si l’agriculture n’envoie pas souvent siéger « certains bons personnages » pris dans ses rangs, des Audiger, des Guyet, des Odet Soret (1), du moins, lorsqu’auront été publiées « à son de trompe et cri public », ou lues aux prônes des :messes paroissiales, les lettres royales enjoignant aux habitants de députer deux d’entre eux des plus notables pour assister à l’assemblée du bailliage et y apporter les cahiers de leurs plaintes, les paysans ne seront pas sourds à la voix de la cloche, qui, le dimanche, les conviera à la rédaction de leurs

cahiers (2).

1. En 1576, Nicolas Guyet, laboureur, député du Tiers-Etat du bailliage de Montfort et Houdan. La même année, Audiger, laboureur et marchand, député de La Ferté-Aleps ; nous voyons qu'il demande à retourner chez lui avant la fin de la session et qu'il lui est alloué quarante sols tournois pour ses salaires, frais et vacations de chaque jour, venue, séjour et retour. En 1595, Odet Soret, laboureur, député du Tiers-Etat de Caux. Il a même écrit une relation sur les séances auxquelles il assista. Bulletin de la Societé de l'Histoire de France, année 1845, p. 3.

2. On à conservé quelques-uns de ces cahiers de villages, celui de Blaiguy (1576), celui de Spoy, rédigé en 1614, avec ce titre :

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Parfois la noblesse pourra bien encore, comme en 1614, prendre la défense « du pauvre peuple des champs » contre les gens du fisc « qui le réduisent à l'extrémité ». Le clergé s’intéressera bien « au pauvre laboureur des champs, qui laboure, sème et moissonne, travaillé jour et nuit, à la chaleur, au froid, à la sueur de son corps, vivant pauvrement, sobrement, de gros pain et d’eau, presque nu et mal vêtu, pour faire vivre les grands splendidement et à leur aise », mais désormais, ce seront les paysans qui nous exposeront euxmêmes leurs misères et proposeront les réformes nécessaires à les soulager.

Et de 1576, où le tiers — après nous avoir dépeint le triste état des cultures, « les paysans tellement appauvris que les uns sont morts de nécessité, les autres mendient » — demandera qu’on restitue aux gens de la campagne leurs communaux, qu'on permette au laboureur d'enlever ses récoltes à sa commodité, qu’on diminue les impôts qui le frappent, (1) jusqu’en 1789, les cahiers seront pleins des doléances des campagnes.

Si, dans le long intervalle des sessions, les paysans

Mémoire des plaijites et doléances que font et entendent faire les pauvres habitants de Spoy.

1. « Les pauvres gens de village ont été tués et massacrés, les uns précipités. les autres à coups de pistolet ; on en a vu de brûlés à petit feu, morts, raccourcis de moitié. Ceux qui n’ont pas été tués ont été battus ; on leur à chauffé les pieds pour leur faire dire où était leur argent. Ils ont vu violer leurs femmes et leurs filles et enlever leur bétail. Le Tiers-Elat, qui a tant souffert, espère donc la décharge des impositions ». Etats Généraux de 1556, cité par Thibaudeau, Histoire des Etats Généraux, pages 9 et suiv.

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