‹ Étude sur les droits de navigation de la Seine de Paris à la Roche-Guyon duChapitre 34 sur 104 · Loc. cit · texte numérisé non relu

Loc. cit

7. Voici des lettres de Jean II du 27 septembre 1355 qui sont à noter au point de vue des motifs et de la procédure. Les seigneurs de Conflans exigeaient le péage de Tabbé de Saint-Denis bien que, disent les lettres, les religieux eussent reçu des rois de France des biens qu'ils devaient tenir dans la même liberté que les possédaient les rois, et que .souvent l'abbaye eût été exemptée de droits dans tout le royaume. Jean ordonne que les seigneurs de Conflans et quelques autres ayant des péages sur les rivières, et dont le domicile est hors du ressort du Parlement, soient ajournés, non à ces domiciles, mais au lieu même où ilslèvent le péage. (Doublet. Histoire de V abbaye de Saint-Denis^ p. 990.)

Au xv* siècle, il est fait mention dans un censier du prieuré de Conflans* de certains droits consistant en 21 deniers parisis sur les bateaux de vin passant à Conflans, le jour de la Chandeleur. Au xvi* siècle, nous avons enfin un tarif détaillé* dans lequel nous pouvons relever au sujet du vin quelques distinctions curieuses. Les pièces assez petites pour qu'un homme pût les décharger, en les portant à bras, ne payaient rien ; elles étaient dans le cas contraire taxées chacune à 10 deniers parisis, si le vin étant français, c'est-à-dire de l'Ile-de-France, avait été chargé à Paris ou dans un lieu en aval de cette ville, ou si le bateau contenait moins de 13 pièces. Au-dessus de ce nombre, la nef devait 20 sous de chaînes, mais alors une seule pièce de la cargaison était soumise au droit de 10 deniers. Pour les vins étrangers, tels que ceux de Gascogne, d'Orléans, de Bourgogne, non seulement le droit de chaînes, au-dessus de 13 pièces, s'élevait à 20 sous, mais encore ils devaient dans tous les cas 10 deniers par pièce.

Nous avons des renseignements plus anciens à l'égard des droits sur le sel. Par suite d'une transaction, Mathieu de Montmorency abandonna, en 1270, la seigneurie de Conflans à Robert de Dreux et à sa femme, mais en se réservant la moitié d'un minot qui se prenait sur chaque bateau'. Quarante ans plus tard, Jean de Montmorency avait le minot tout entier et'de plus 48 mesures de rente sur le port et travers de Conflans*. Un document de la même époque'* nous apprend que l'une de ces mesures équivalait à un demi-minot, puisque les huit faisaient le setier de Paris. Nous y voyons en outre qu'il se prenait à Conflans 22 de ces mesures avec 18 sous pour la nef, c'est-à-dire 2 setiers 3 minots.

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