Bibl. Nat., ms. fr. 1279, fol
Deux siècles plus tard, ces 22 mesures s'étaient singulièrement agrandies, car Tédit de 1546 les mettait à 4 setiers 2 minots, ou 18 minots. Henri III évoquait à son conseil privé un procès fait par Léonard Chabot comte de Charny et G. de Saulx de Tavannes contre des marchands auxquels ils réclamaient 21 minots par bateau*. Il ne faut pas objecter qu'il s'agit d'un autre setier que celui employé au XI v' siècle, car nous avons vu qu'on employait à cette époque à Conflans les mesures de Paris, les seules dont il soit question dans l'édit.
Certains droits portaient sur la coque du bâtiment. C'est d'abord un droit de gouvernail qui, d'après des distinctions tirées de \a grandeur du bateau, était toujours payé que celui-ci fût chargé ou non, qu'il descendît ou qu'il montât.
Vient ensuite un droit d^escuyage, s'élevant à 21 deniers parisis, qui se prenait sur les bâtiments trop petits pour avoir une nacelle, et cela pendant toute l'année. Mais du 16 mars au 17 mai, tout bateau vide ou chargé était obligé d'acquitter ce droit qui montait alors à 2 sous parisis. L'escuyage n'était dû qu'une fois, si plusieurs bateaux, montés chacun par un seul homme, passaient ensemble *.
En quoi consistait Vescuyagel Je n'ai trouvé aucun sens qui de près ou de loin pût convenir ici. Il est très probable que c'était un droit de pilotage. Nous remarquons, en elïet, que les bateaux assez grands pour avoir une flette ou une nacelle ne payaient qu à l'époque où la navigation devenait dangereuse, par suite de la fonte des neiges; dans les autres saisons la flette leur suffisait pour se guider. Au contraire les bateaux qui n'avaient pas d'embarcation, ayant besoin d'un pilote en tout temps, devaient toujours l'escuyage.
La moitié du péage de Conflans était affermée en 1595 1 ,100 écus soleil par an, 4,800 livres en 1633, 6,300 livres