‹ Étude sur les droits de navigation de la Seine de Paris à la Roche-Guyon duChapitre 71 sur 104 · Bibl. Nat. Collect. Lévrier, t. XIV, pièce · texte numérisé non relu

Bibl. Nat. Collect. Lévrier, t. XIV, pièce

2. ExtTdiiX d\i Bùualc lectionarium S. Wandreg. A 371-441, de la bibl. de Rouen, fol. 26 v», édité dans la Bévue des Sociétés Savantes, année 18r»8, 2« semestre, page 10. Arch. de la Seine-Inférieure. Cartulaire de Saint Wandrille, coté 36, foL 307 r° et vo.

question que du vin. La première nous dit, et on le com- * prend facilement, que les bateaux de Saint- Wandrille ne payaient rien en remontant la Seine. D'après la note des formalités, il était dû 12 deniers par dolium; le document de 1282 parle de tonneau, avec 30 sous pour les chaînes, que l'on ne payait pas, s'il y avait moins de 12 à 16 tonneaux ou environ, et si le batelier voulait donner 3 sous par tonneau. Le pontonnage était de 8 deniers avec 1 denier pour le pontonnier. Dans la pièce de 1282, on ne distingue pas si le vaisseau était chargé de 18 tonneaux ou de moins.

Je dis, d'après l'accord de 1282, qu'il y avait 30 sous de chaînes, mais voici ce que porte la note des formalités : « Item apud Rupem Guidonis, debemus de quolibet dolio « XII denarios, et de quolibet vase vina portante pro lagefùs « XXXsolidos. Et siibi sint XII dolia, vel sexdecim, vel « circa in uno vase, qui conductor navium, non solvetla- « genas^vo eo vase, si voluerit solvere pro quolibet dolio III

« solidos » Si on veut voir dans le mot lagena un objet

quelconque à mettre du vin, il est impossible de comprendre ce passage, car si un dolium paie 12 deniers, quelle est la pièce assez grande pour payer trente fois plus ? On peut répondre, à la vérité, que dans les tarifs du moyen âge on ne se piquait guère de suivre les règles de la proportionnante, aussi je n'insiste pas; mais je demande que l'on fasse attention à cette faculté laissée au bateUer de ne pas acquitter les lagenas s'il donne 3 sous par poinçon. Chose plus décisive encore, il est évident qu'il faut traduire vas par navire j car comment expliquer autrement le vase vina portante 1 Cette nécessité de traduire vas par navire résulte encore de deux passages de cette même note qui sont relatifs à Mantes et que je reproduis ici : « In hac villa (Mantes) hec « debemus, canonicis Sancti-Dyonisii, pro quolibet dolio, « 1 denarium ; item pro lagenis III sohdos et IX denarios

« de qualihet nave et de bacco similiter Debemus

« preposito de Roeni, pro les Malveisins, de quolibet dolio

« in nave seu navibus existente, IIII den. ; et de qualibet « nave, pro lageniSy III solides*. » Est-ce que le namsAxi dernier fragment n'est pas exactement le vas des deux précédents ? Il est donc hors de doute que vas est le bateau lui-même. Mais alors pro lagenis signifie pour les chaînes^ car quel sens, je le demande, si on traduit lagena par bouteille ou tout autre mot équivalent ? Et puis, dans le dernier passage, ne dit-on pas très clairement que, pour un naviSy on paie 3 sous pour les lagenœ. Enfin, dernier argument, l'accord de 1282, qui est pour ainsi dire la reproduction de la note, dit formellement qu'il est dû 30 sous pour les chaînes et c'est ainsi que je traduirai pro lagenis. J'ai longtemps hésité à proposer ce sens, car nulle part je n'en ai trouvé trace, mais il me semble que les rapprochements conduisent à l'admettre.

Nous avons vu plus haut que dans la convention de 1 195 dolium était rendu par poinçon. Mais ici la pièce latine parle toujours de dolia et la française de tonneaux, ce qui est d'ailleurs la façon ordinaire de traduire dolium.

En 1282, la difficulté qui nécessita la nomination d'arbitres entre Saint- Wandrille et le seigneur de la Roche était la suivante. Les religieux voulaient payer 12 deniers pour les pièces petites ou grandes; Guy exigeait 12 deniers par tonnelle la mueson de Saint-Jean et de Gascogne, et pour les tonneaux plus grands 4 deniers par muid. Les arbitres décidèrent que Saint-Wandrille pouvait faire passer chaque année 60 tonneaux contenant chacun 4 muids à la mueson de Saint-Jean et de Gascogne, et que, pour les vaisseaux plus grands, il serait dû 4 deniers par muid. En somme Saint-Wandrille avait gain de cause, et celui qui conduisait son vin élaitcru au péage sur son seul serment sans « mesurer autrement », et je me figure que l'abbaye ne devait pas y perdre.

1. Je cite aussi ces passages relatifs à Mantes parce qu'ils nous . prouvent, par la répétition du mot lagena^ qu'il ne faut pas voir une erreur dans un des endroits du texte.

Aux XIV et XV* siècles, il y eut des procès entre la ville de Paris et les seigneurs de la Roche. En 1326, Jean Prudhomme fut condamne par le Parlement à abandonner 54 tonneaux pour lesquels il n'avait pas acquitté, ou à donner 8 sous tournois par tonneau *.

Le 3 septembre 1417, la cour décide qu'elle va prononcer entre le prévôt des marchands et le seigneur de la Roche; elle n'avait pas manqué de temps pour élucider l'affaire, car le plaidoyer était du 27 mai 1406 *. Je n'ai pas malheureusement trouvé l'arrêt, mais le plaidoyer de 1406 est fort curieux '. Le prévôt des marchands, appuyé par le procureur général, se plaint amèrement de l'énormité des droits ; ainsi, de mille harengs, on en aurait d'abord pris vingt-cinq, plus cinquante pour le bateau et dix pour le pontonnage ; d'un bateau de sel, trois mesures et de plus une pelletée ; mais on ne nomme pas la mesure. Une queue devin payait deux sous. Il est probable que ces trois mesures, dont Tune était comble et les deux autres rases, étaient les bassins dont il a été déjà question plus haut. Dans le tarif du xvi* siècle on parle de trois bassins, dont un comble. Je passe sous silence les plaintes habituelles, comme celle du temps que l'on faisait perdre aux bateliers. Les demandeurs prétendaient que les droits que l'on prenait n'étaient pas anciens, puisqu'ils voulaient qu'on revînt aux usages antérieurs.

La ville de Paris s'occupait beaucoup de la navigation qui avait tant d'importance au point de vue des approvisionnements. Elle avait « quatre sergens de l'eau qui vont in- « cessamment par les rivières et grans chemins et font le « rapport sur l'empêchement qu'ils y trouvent ». Un bailli du seigneur de la Roche ayant mis en prison un de ces sergents, son maître fut condamné à 5 livres d'amende \

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