EXEMPTIONS
Saint-Wandrille. Gauthier, comte du Vexin, avait, ainsi qu'on l'a déjà vu, accordé des franchises à Saint- Wandrille. Dreux, autre comte du Vexin, la famille de Mauvoisin, les comtes de Meulan confirmèrent cette exemption à plusieurs reprises et notamment en 1030, 1150, 1 167 et 1308*. Mais Dreux reçut une somme d'argent dont on n'indique pas le montant, et la franchise de 1150 fut donnée pour un marc d'argent. Elle ne s'appliquait qu'à un bateau de vin et de vin de France, par conséquent à un bateau
1. De Fréville déjà cité. Bibl. Nat. Collecl. Lévrier^ t. II, n* 106, t. XIII, n» 562, t. XVI, n» 1336; Arch. de la Seine-Inférieure. Carlulaire de Saint Wandrille, coté 36, fol. 307 r» et v» 308 r».
descendant la Seine. Cela montre qu'il ne s'agissait que du vin servant à l'usage de l'abbaye.
Dans la deuxième moitié du xii* siècle, Robert IV de Meulan (1167-89) attestait à Louis VII que jamais on n'avait exigé de péage pour les bateaux de Saint- Wandrille passant à Mantes et que Gasc de Poissy et Guy de la Roche-Guyon ses ayant-droit avaient eu tort en prétendant percevoir ce droit. Faut-il en conclure que cette attestation de Robert IV contenait quelque chose de nouveau ? Les termes de la pièce le feraient croire, car le comte de Meulan parle de franchise sans faire aucune réserve. Je ne pense pourtant pas qu'il faille l'entendre ainsi, car Saint- Wandrille au xiii* siècle payait des droits assez considérables pour ses vins.
M. Delisle a publié dans la Bévue des Sociétés savantes \ un passage d'un manuscrit de la bibliothèque de Rouen*, faisant connaître les formalités que devaient remplir les maîtres de bateaux montant et descendant la Seine pour le compte de Saint- Wandrille. J'en ai déjà parlé en m' occupant de la Roche-Guyon, et je n'ai plus à revenir sur ce qui concerne cette localité. M. Delisle date cette pièce du xiii" siècle. M. Lecaron a eu l'obligeance de me communiquer un texte tiré de la bibliothèque du Vatican', également du xiii'' siècle, qui reproduit presque toujours sinon les termes, du moins le sens du manuscrit de Rouen. D'après ce de^nier, en montant, l'abbaye était libre de tous droits à Mantes, mais en descendant elle devait au monastère de Saint-Denis 1 denier par tonneau et 3 sous 9 deniers pro iagenis, que je traduis par chaîne \ Elle de-