Bibl. Nat, Collect. Lévrier, t. XVI, pièce
EXEMPTIONS DE PEAGES. 85
spécifie pas les objets qui étaient libérés des droits, mais dans un diplôme de Louis VII donné en 1 174, on parle de vin et des autres choses à l'usage des moines de Jumièges.* On y voit aussi que les officiers royaux, dans le doute, ne se faisaient pas faute de lever des droits sur les bateaux du monastère. Le roi réunit les bourgeois les plus âgés de Mantes, et ceux-ci jurèrent que l'abbaye ne lui devait rien pour ce qui servait à sa consommation. En conséquence, Louis VII reconnut l'immunité du monastère, mais celui-ci dut donner tous les ans un esturgeon ou 100 sous, ce qui montre et le cas que l'on faisait de ce poisson, et l'élévation des droits pour le commun. Gasc de Poissy en présence du roi accorda à Jumièges le libre passage pour ses bateaux chargés de choses à l'usage du monastère et passant à Mantes (1182)*. L'abbaye «avait un abonnement avec Jean de Flacourt. Elle lui payait 60 sous à Mantes ou à Rosny. Jean tenait ces 60 sous de Guy de Mau voisin. Les religieux rachetèrent ce droit le 29 décembre 1225 moyennant 53 livres'.
A Meulan le monastère jouit de bonne heure d'une exemption pour ses vins. Nous en avons une confirmation par Hugues II en 1058*. Mais en retour du bateau qu'ils pouvaient faire passer franchement, les religieux devaient donner au comte un cheval tous les ans. Galeran II leur remit encore cette charge\ D'après une pièce de 1203, l'abbaye aurait encore eu «à fournir, pour se racheter du péage, un écu. Une certaine Agnès, du consentement de Roger, sénéchal de Meulan, leur en fit la remise ^
1. Arch. de la Seine-Inférieure. Cartulaire de Jumièges^ 20 bis, pièce 68.