OBSERVATION IL
« Appelé, en 1894, par mon regretté confrère et ami, le docteur Monteil, d’Alais, auprès de M. X.., cafetier, âgé de 34 ans, d’une constitution athlétique, sans tare héréditaire, je constatais un état général offrant tous les signes d’ue cachexie avancée. La maigreur était extrême, la figure et les téguments avaient une teinte subictérique terreuse ; le malade était découragé et se sentait perdu; son entourage et son médecin pensaient comme lui; j’eus quelque peine à lui faire accepter un examen qu’il jugeait inutile.
L’éthylisme était l’unique cause de son mal; tous les jours, depuis bien des années, il ingurgitait de nombreux bocks de bière et régulièrement, ses repas étaient précédés d'un apéritif, absinthe ou amer.
Depuis plusieurs mois, ce funeste régime avait causé ses effets inévitables. Les selles étaient rares, décolorées, les urines étaient. foncées, à reflets rougeâtres. Le foie était un peu hypertrophié, lisse, sensible à la pression.
Pouls normal à 70, un peu dur.
Le traitement hydrominéral fut institué tout de suite et, dès les premiers jours, les selles devinrent bilieuses et abondantes, la diurèse était excessive. L'amélioration s’accusait de jour en jour, et, en deux semaines, le malade était méconnaissable. Il observait régulièrement le régime
preserit. Je pus continuer le traitement pendant trois mois
et quand le malade quitta l’établissement, il était complè.
= de 2 tement guéri. Son poinds était passé de 64 k. 800 à 80 k. 100. Depuis M. X. s’est toujours bien porté.
Dans le traitement del'artériosclérose les eaux d’Euzet ont donné aussi des résultats remarquables. La sclérose suppose la disparition des cellules dont le tissu fibreux a définitivement pris la place; et cependant, les organes considérés comme selérosés, retrouvent leurs fonctions; c’est que, bien souvent, les troubles fonctionnels attribués à la sclérose, sont encore des troubles conduisant à cette affection ét en présentant les symptômes.
« Des désordres rénaux, hépatiques, cardiaques ou cérébraux, s’accusent bien longtemps avant toute altération organique. Les observations sont consolantes pour le pronostic des maladies chroniques. On peut les guérir très longtemps après leur invasion en modifiant leurs causes pioductrices. » (Montpelier Médical, 1917, docteur Perrier).
Lèes eaux d’EBuzet diminuent toujours l’hypértension artérielle. Durant la saison de 1891, M. le docteur Bonnemaison, alors interne à Euzet, prit avec soin les tracés sphygmographiques de 7 artério-seléreux; ils avaient tous un caractère commun: la systole donait une ligne ascentionnelle anormalement inclinée et dont l’ébliquité augmentait avec l’hypértension. Quand l’accélération des échanges accusait le meilleur fonctionnement de la cellule et des vaisseaux capillaires, l'hypertension diminuait, la ligne systolique se relevait, se rapprochait de la verticale.
M. le docteur Gouget, professeur agrégé de Paris, conseille aux avtério-scléreux les eaux de Contrexeville et Martigny qui sont fortement sulfatées calciques. L’action bien connue des eaux sulfatées calciques magnésiennes, si utiles aux arthritiques, laissait prévoir leur indication dans l’artériosclérose.
À Euzet la clinique a fourni de nombreuses preuves expérimentales. Les résultats favorables se sont accusés tout aussi bien dans les seléroses débutant par les vaisseaux capillaires que dans celles consécutives à la prolifération du tissu conjoncetif conduisant à l’endartérite des vaisseaux emprisonnés. Cette dernière aboutit plus particulièrement à la sclérose multiple et disséininée de Grasset. Les mêmes causes générales provoquent ces deux artérioscléroses dont le départ est différent mais qui se retrouvent souvent chez le même sujet. Il est done tout naturel de les voir également influencées par la même médication.
OBsEeRvATION III
M. X.., de Pézenas, est envoyé à Euzet, par M. le professeur G.. Constipation, céphalalgie, éblouissements, marche ttiubante, fourmillement dans les mains, parole difficile, rales congestifs aux bases du poumon, artères flexueuses aux tempes, pouls dur.
L'effet purgatif et diurétique est immédiat, l’appétit se réveille, la céphalalgie disparaît. Au bout de vingt-deux jours il quitte Euzet se trouvant très bien. Il marche volontiers et parle facilement.
Nous terminerons cette étude du traitement des maladies par ralentissement de la nutrition, par les eaux d'Euzet, en envisageant les résultats obtenus dans l’obésité. j3 |
Tous les obèses ont diminué de poids, et cela sans être soumis à aucun régime, se laissant aller à leur appétit, aiguisé par l’absorption de cette eau éminemment apéritive.
« Quels résultats n’obtiendrait-on pas, si des malades dociles. voulaient suivre un traitement de quelque durée,
| ME tout en s’astreignant, sans beaucoup de sévérité, à une certaine dietétique ». Docteur Perrier.
Dans les cas d’obésité, la balance vient confirmer, une fois de plus, la loi posée par M. le professeur Bouchard.
En résumé, chez l’obèse, comme chez les graveleux, comme chez l’artérioscléreux, les échanges cellulaires se font mal et, pendant que dans cette digestion intime ceux-ci éliminent mal à propos des urates, des oxalates qui vont péniblement impressionner tel ou tel département du système nerveux ou se concréter en sables, graviers ou calculs, l’obèse emmagasine, à son préjudice, de la graisse.
D’autres, et le plus grand nombre parmi ces malades ‘ chroniques, présentent un état général très médiocre. Au bout de peu de jours de traitement d’Euzet, nous avons constaté que leur état général s’améliorait, même dans les cas les plus graves et alors que des désordres irrémédiables restaient sans modification. Le docteur Perrier avait demandé à la balance d’enregistrer ces changements. Ils sont d'autant plus remarquables que l’augmentation de poids est obtenue par une médication éminemment évacuatrice. |
Pour remédier à tous ces accidents si divers, il suffit de régulariser et d’activer la nutrition cellulaire.
« L'eau ingérée en abondance, active la combustion. Pour accélérer les mutations nutritives, deux actions seules sont possibles :
« Relever le système nerveux; « Activer les fonctions du foie.
(« La chaux est peut-être le seul alcalin avec lequel on obtienne des effets durables ». (Professeur Bouchard).
Voilà l'explication des suecès thérapeutiques d’Euzet.
UT Est