DE LA BRONCHITE CHRONIQUE
Les eaux d’Euzet sont remarquables par la proportion notable de matière bitumeuse qu’elles contiennent. Aussi les voit-on inscrites sous le nom d’eau sulfuro-bitumineuse dans la notice du docteur Auphan: « Sur les lieux, malgré Podeur sulfureuse plus pénétrante, l’odeur bitumineuse est assez prononcée pour être sensible à quelques pas de la source, et, en outre, la saveur franchement asphaltique de l'eau ne peut laisser aucun doute sur l’existence d’une quantité relativement assez considérable du principe balsamique dont nous parlons ».
Dès le milieu du xvr° siècle, on vantait leurs qualités balsamiques : « Elles sont véritablement bitumineuses, dit Geusanne, et ne peuvent qu'être fort bonnes aux poitrinaires. »
Le professeur Ridens présenta, en 1733, à la Société royale des sciences de Montpellier, un mémoire sur les propriétés des eaux d’Euzet où il établit aussi leur efficacité « dans les ulcères du poumon n'étant pas entretenus par des tubercules ou des concrétions plâtreuses, et ne s’accompagnant päs de fièvre hectique ».
Pectori dicantur, a dit Lieutaud, parlant des eaux d’Euzet. Un
Le professeur Sauvage affirme avoir guéri des phtisiques en les envoyant à Euzet. « Elles ont de très grandes propriétés, dit Sauvage, dont la plus merveilleuse est celle de guérir la phtysie, qui ne dépend que d’un uleère superficiel des poumons, sans durillons ou tubercules, ce que je n’aurais jamais cru si je n’avais été témoin de plusieurs cures. » ï
Mais c’est surtout au catarrhe bronchique que nous nous adresserons dans l’étude qui va suivre; c’est lui qui résume assez complètement les maladies de l’appareil respiratoire sur lesquelles la médication thermale d’Euzetles-Bains à prise; si ces eaux s'adressent à bien des circonstances où le catarrhe n’existe pas seul, c’est toujours sur le catarrhe bronchique qu’elles agissent essentiellement.
Nous entendons envisager, sous ce terme de catarrhe bronchique, toutes les bronchites chroniques ou bronchorrées, c'est-à-dire tous les cas où la muqueuse bronchique, plus ou moins altérée dans sa texture, se trouve le siège d’une sécrétion exagérée, plus ou moins éloignée des caractères normaux qui lui appartiennent.
Les catarrhes bronchiques constituent quelquefois une maladie parfaitement locale, d’autres fois ils se relient plus ou moins intimément à certains états constitutionneis ou diathésiques. Mais, en général, lorsque, malgré les moyens thérapeutiques ordinaires, un catarrhe brouchique persiste, on peut être à peu près assuré qu’il se trouve entretenu par certaines conditions générales de l’organisme, Une bronchite se développe chez un rhumatisant, elle trouve, dans l’existence d’une telle diathèse, des circonstances favorables à son installation et alors devenue secondaire elle-même, elle ne cèdera plus qu’à un traite-
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ment propre à modifier les conditions générales de l’crganisme. | HN VE
Une autre forme de bronchite chronique nous est fournie par une bronchite accidentelle survenue chez un individu offrant des conditions moyennes de santé et d’organisa tion. Cette bronchite passe à l’état chronique par suite du défaut de soins ou de circonstances hygiéniques défavorables. Il se fait dans la muqueuse bronchique une susceptibilité particulière qui y fixe avec opiniâtreté, ou y ramène habituellement le même état morbide.
Enfin, il est une autre condition de l’organisme à laqueile le catarrhe se relie plus communément encore: c’est :a vicillesse. Maïs, chez les vieillards, cette super-sécrétion bronchique a pour effet de suppléer à l’imperfection d’un élément indispensable de l’équilibre nécessaire à l’entretien de la vie. « Alors que les voies naturelles d’élimination se ferment, d’autres doivent s’ouvrir, c’est une loi de l’existence ». Dans cette supersécrétion bronchique des vieillards, il y a donc quelque chose de physiologique, et lorsque cette sécrétion supplémentaire ne revêt pas un caractère précisément morbide, lorsqu’elle n’entraîne pas de troubles de la santé générale, on ne doit lui opposer aucun traitement. Mais il n’en est pas toujours ainsi. Lorsque des sécrétions bronchiques- prennent des proportions alarmantes, lorsqu'il en résulte de l’amaigrissement, de la dyspepsie, parfois même une véritable cachexie, lorsque, par suite de l’irritation de la muqueuse, il s’établit une toux pénible et répétée, entraînant de la dilatation bronchique et de l’emphysème, alors il faut intervenir.
Dans tous ces cas, la médication thermale d'Euzet-les- Bains est indiquée, et nous allons donner quelques observations. |