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Analyse chimique faite au laboratoire de l'hôpital militaire ne 442.
Degré hydrotimétrique total 220
permanent 3° Chlorures en chlorure de sodium 0,015 par litre
INICTLES SM ER PER EE TU traces
AINMOMAQUES eee ane néant
MAtIÈrTeS OISANIQUES ER cree traces à peine sensibles.
Dépôt faible ocreux soluble dans l’eau acidifiée par l’acide azotique et donnant une coloration bleue intense avec le ferrocyanure de potassium, rouge avec le sulfocyanure de potassium (eau ferrugineuse).
Les médecins de Bourges possédant une eau douée de telles propriétés, dès le xvi® siècle essayèrent les différents modes d'utilisation en thérapeutique. L’absorption en eau de boisson fut seule reconnue réellement efficace, et même cette absorption fut régi dès 1683 par des règles immuables. Les auteurs plus récents n’ayant fait que suivre les conseils de leurs devanciers, nous devons étudier les règles édictées par Cousturier en 1683. Cet auteur interdit de faire usage de l’eau de la Fontaine Saint-Firmin sans en référer à son médecin ordinaire. Si la Faculté autorise l’usage de cette eau il faut choisir son moment. Les mois de juin, juillet, août et septembre semblent les plus favorables. L'heure la plus propice est une heure, ou deux, même s’il fait frais, après le lever du soleil « qui répendant sa lumière « dans l'air en remue et agite les parties de manière à
l’échauffer et à ouvrir les pores sensibles et insensibles de nos corps ».
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Mais avant toute cure il est de nécessité de subir les « remèdes généraux » de l’époque : principalement la saignée, puis la purgation pour éviter que « les impuretés croupissent dans les parties du bas ventre». Et pour faire que la saignée et la purgation aient tout leurs effets on les fera précéder de quelques lavements ordinaires.
Après avoir absorbé tous ces remèdes, chers à Molière, on commence la cure prorement dite : Le jour de la purgation, 2 heures après l’absorption de la purge on commence par boire 4 à 5 verres d’eau « pour leur faire prendre le chemin que la purgation leur aura préparé ». Puis on se rendra boire à la Fontaine même; car l’eau laissant vite déposer son fer il faudrait prendre de trop grandes précautions pour garder à l’eau toutes ses propriétés.
Pour aller à la source il faut marcher lentement et avant de boire il faut prendre le temps de se reposer.
Le lendemain de la purgation on augmentera de 2 verres puis d’un verre par jour jusqu’à « la quantité que l’estomac pourra supporter sans peine ». La quantité la plus ordinaire est de quinze à seize verres de huit à neuf onces chacun, pour les personnes adultes. On restera quinze jours à la quantité atteinte puis on ira en diminuant de la même manière qu’on aura été en augmentant. Mais entre chaque verre il faut faire une promenade, fort lente, d'environ deux cents pas, en sorte que l’on prenne la quantité prescrite en une demi heure au plus. Puis le temps passé de la boisson on s’en ira, à pied au logis. Deux heures après on devra uriner et prendre un bouillon fait avec du veau et du poulet, le plus chaud que l’on
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pourra « afin de réchauffer doucement l'estomac etde précipiter les eaux qui y pourraient rester ».
Sur le midi on mangera « du potage et la viande qui aura fait le bouillon ». L’après-midi il faudra prendre de l'exercice.
La durée totale de la cure semble être de 3 semaines à 1 mois. Les malades qui trouvent un trop mauvais goût à l’eau de la source pourront prendre après chaque verre un peu d’anis, de coriandre, d’écorce de citron, d'orange ou de camelat confit.
La cure de l’Eau de la Fontaine de Fer était donc aussi sérieusement faite que celles en usage dans toutes nos grandes stations thermales actuelles.
Pour expliquer d’où vient notre Eau et comment elle acquière ses propriétés ferrugineuses les avis des auteurs diffèrent beaucoup.
Cousturier en 1683 nous dit : « leur première source « qui est du côté de l’orient d’été est dansles hautes colli- « nes qui sont au delà de la rivière où nous voyons quel- « ques endroits de la terre ferrugineuse, et où apparam- « ment il y a du minerai de fer profondément caché, aussi « bien que dans plusieurs endroits en deçà de la rivière « dans le même quartier de la ville où il y a plusieurs « puits d’eau minérale, et qui de là se faisant chemin sous « terre, elle passe au-dessous des marais de ce fauxbourg, « comme l’on juge de quelques uns de leurs fossés, dont « l’eau par le goût et la rouille qu’elle laisse attachée « à leur terre semble approcher de notre fontaine ».
Vannier et Moyreau en 1762, émettent des idées semblables.
M. Peneau, en 1890, disait « qu’elle ne vient pas d’une « grande profondeur et prend probablement naissance « dansle sous sol tourbeuxet dans lesgraviers d’alluvions « inférieurs à la tourbe, graviers qui contiennent une « certaine quantité de débris de minerai de fer exis- « tant dans le voisinage ».
En 1905, M. le Docteur Leprince affirmait qu'il est
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« bien difficile d’en donner l’origine exacte : on peut « admettre que cette eau chargée d’acide carbonique « et de bicarbonate n’est devenue ferrugineuse qu’à la « suite de son passage prolongé sur un minerai de fer. « On trouve du reste en amont, et notamment à l’angle « formé par la Voiselle et l’Yèvre, dans les Hauts- « Ribauds, des restes indiquant qu’il a existé en cet « endroit une exploitation métallurgique, ou tout au « moins la preuve que cet endroit a servi de dépôt à un « titre quelconque des résidus de hauts fourneaux qui « devaient être situés dans le voisinage, car a côté du « minerai en grains arrondis (oxyde de fer gélatineux) « on trouve des morceaux de fonte ».
Mais il y a chez beaucoup d’hydrologistes une tendance actuelle a donner à l’eau ferrugineuse une autre origine : le fer viendrait de la décomposition de matières végétales.
À Bourges, la Fontaine Saint-Firmin est située au retrécissement d’une vallée et en aval de marais très étendus où pousse depuis des siècles, une végétation très abondante. On fait mention de ces marais dans le « De Bello Gallico » de César à propos de la prise d’Avaricum.
Toutes ces plantes possèdent de la chlorophylle. La chlorophylle comme l’hémoglobine renferme du fer, et du fer en combinaison organique presque la même dans ces deux corps.
Si le courant souterrain qui alimente la Fontaine Saint-Firmin se charge dans les marais d’un fer en combinaison organique, l’eau de la Fontaine est bien plus
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efficace que celle de sources où le fer ne se trouve point sous cette forme. Le courant souterrain ne semble pas très profond puisque sa température habituelle est de 11 à 120, il n’est qu’à quelques dizaines de mètres de profondeur. ;
Lors du début de nos recherches, en avril 1933, sur la Fontaine Saint-Firmin, l’eau ne s’écoulait plus dans le bassin de pierre comblé par une épaisse couche de vase. Voulant nous rendre compte des propriétés de ce ruisseau souterrain ferrugineux nous avons cherché si une ramification ne sortait pas, ailleurs du soi. En amont de la Fontaine Saint-Firmir, dans les marais dit des Ribauts on trouve plusieurs fossés dont le fond semble couleur de rouille. Mais à peu près à l’endroit où le prolongement de la rue de Babylone arrive sur un coude de la Voiselle se trouve une véritable source ferrugineuse. Le tuyau d'écoulement de cette source débouche à l’air libre sur les bords d’un fossé dont les parois sont recouvertes d’un enduit couleur rouille très caractéristique. Le débit semble assez abondant pius de 150 litres à l’heure. Cette eau au dire des riverains est chaude l'hiver et très fraiche l'été.
Cette nouvelle source des Marais semble avoir les mêmes caractéristiques que celle de Saint-Firmin. Nous en avons prélevé plusieurs litres en vue de l’analyse chimique et bactériologique.
L'analyse bactériologique fut faite dans les laboratoires de la Préfecture de Police de Paris par M. le Docteur Raymond Neveu. Bien que cette eau apparaisse en plein marais elle est propre à la consommation et peut être bue sans danger.
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L'analyse chimique a été faite sous la direction de M. Bordas à l’Institut d'Hydrologie et de Climatologie du Collège de France par les services de M. Touplain.
Après plusieurs analyses portant sur des échantillons différents M. Touplain nous donne le 1er juin 1933, les résultats suivants :
Résistivité électrique (en Ohms) ....... 1914 Matières organiques (en 0) 2:72 0,0006 Extraitsec'a 1800 FERRER 0, gr 375 Extrait sec transformé en sulfate ...... 0, gr 487 Degré hydrotimétrique total .......... 240 Degré hydrotimétrique permanent ..... 240 Alcalinité en centimètres cubes N/10 ... 61 Alcabinté en CMOS TRES Re 0, 1708 AAMONUME FA Re er ie te El néant NETITRS RE RM RU R Ut M AESE néant NHTATES ER RTE RO NE RER néant Chloré (om CD TERRE MA ER RE 0,0128 Kertde SUuLUNQUENSOPPRR RARE 0,007 SOLE Re 0,0084 ACidé-SiliCiqUE SHOP EEE RATE 0,020 Calame GRO RREERRNEE et 0,1336 CDICALS ENS A MM ER RTE 0,0955 MAaSnéSIume (CREME) SRE PE 0,0033 Fer'(en: fer totale 0,0042 SOU ER be te TR D RON A Sat 0,034 POTASSUL EE SR RE EE a RES 0,003 ATSONIC SR ee nee be Me D RER non dosé
On voit que cette analyse se présente sous une forme nettement différente de celle employée par MM. Ripart, Soupiron, Peneau et Leprince. En effet la présentation des résultats en ions positifs et négatifs est la seule employée aujourd’hui et c’est sous cette forme que nous trouvons l’analyse moderne de l’eau ferrugineuse de Bourges.
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Dès 1855 la commission des eaux minérales, composée de MM. Balard, Chevreuil, Dufrenoy, Senarmont et Thenard a prescrit dans ses conclusions que :
« Les acides et les bases doivent être inscrits dans les « tableaux séparément tels que les donnent les méthodes « de séparation. Cette méthode n’a pas besoin d'être
« justifiée, c’est la seule qui rende directement compara- « ble les résultats obtenus par des opérations différentes. « Les groupements salins que chacun imagine ensuite «entre les éléments divers, primitivement confondus « dans une même solution, ne sont la plupart du temps, « que des réactions plus ou moins arbitraires de la fan- « taisie de calculateurs, aucun principe général ne peut « en effet venir en aide à une divination trop souvent « illusoire ».
La plupart des analyses d'eaux minérales ont été revisées suivant cette notation nouvelle, mais la coutume fait qu’on continue à garder l’ancienne notation en présentant les analyses de certaines sources anciennes.
Nous avons réunis, dans un tableau (p. 52) en nous appuyant sur les travaux de M. Petiteau la teneur en fer de quelques unes des principales sources ferrugineuses Françaises (par litre) :
Nous voyons que Bourges, quoique ne contenant que 0 gr. 0042 de fer par litre, peut très bien occuper une place dans la liste des stations hydrominérales ferru-
gineuses.
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Chez l’homme le fer constitue la 2 dix millième partie du poids total du corps, ce qui fait 3 ou 4 grammes en tout dont 2 grammes, 30 en moyenne dans le sang. (Lapicque). Il y en a plus ou moins dans tous les tissus, notamment dans les noyaux des cellules La majeure partie se trouve dans le sang dont la couleur est due à un pigment ferrugineux, l’hémoglobine des globules rouges ; le fer entre pour 0,43 % dans le poids total de celle-ci.
Les organes les plus riches en fer sont le foie, la rate et la moœlle osseuse. Le foie lavé, c’est-à-dire débarassé du sang, en contient 25 centigrammes par kilog. C’est dans ces organes que se trouvent les réserves où puise le sang.
Le fer dans l’organisme n’est pas immobile, il travaille en participant à la vie de l’organisme et ce travail donne lieu à un mouvement d’apports et de pertes, qu’on peut estimer entre 2 à 4 cg par jour, les apports devant toujours compenser les pertes pour que l'équilibre soit satisfait : ce sont les aliments et éventuellement les médicaments qui fournissent les apports.
Les aliments ont une teneur en fer spéciale pour chacun d’eux; on le mesure par rapport à leur poids de substance sèche. En tête vient le sang animal (boudin)
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puis certains légumes (épinards, choux verts) ; les viandes occupent un rang moyen et le lait une place fort modeste, ce qui ne l'empêche pas de suffire aux besoins des enfants et, dans certaines conditions, à ceux d’adultes malades.
Les voies d'élimination sont le tube digestif (excrétion par la muqueuse elle même et par la bille secrétée), les reins, la peau et ses dépendances.
Mais que fait le fer pendant son passage dans l’organisme ? Dans le globule rouge il est agent essentiel du phénomène de l’hématose, c’est-à-dire de l’oxygénation du sang et par son intermédiaire des tissus. L’hémoglobine, qui n’existe pas sans lui est le vecteur de l’oxygène introduit par la respiration ; les échanges respiratoires ont pour effet principal l’oxydation de l’hémoglobine des globules rouges ; ceux-ci transportent ainsi cet oxygène aux tissus qui en ont besoin, le prennent et l'utilisent ; le sang ramène aux poumons l’hémoglobine réduite qui s’y oxygènera de nouveau, et l’acide carbonique, produit des combustions organiques, qui sera éliminé par l’air expiré.
Dans les tissus le rôle du fer est complexe, participation à la constitution des cellules, réserves pour le sang, excitation propre de l’activité de certaines cellules, action catalytique dans diverses réaction organiques.
Quand, sous des influences pathologiques diverses, l'organisme s’appauvrit en fer, le malade devient anémique, soit qu'il y ait insuffisance d’assimilation de ce précieux métal ou de production des globules rouges, soit qu’il y ait déperdition excessive, par l’hémorragie par exemple, Le déficit est parfois considérable :
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1 gramme et même 2 grammes sur les 3 ou 4 grammes que nous possédons.
Comment compenser et réparer les pertes ?
D'abord en supprimant la cause, quand c’est possible, mais aussi dans tous les cas en donnant du fer à l’organisme au moyen d’une alimentation animale ou végétale convenable, en l’enrichissant par l’apport de fer médicamenteux.
Les chimistes ont beaucoup discuté pour savoir si celui-ci est absorbé ou s’il ne fait que faciliter l’absorption du fer alimentaire. En fait l’assimilation du fer médicamenteux dépend de sa forme.
Nos aliments habituels ne nous apportent que du fer en combinaison organique. Le fer médicamenteux en combinaison organique est le mieux absorbé ; sous cette forme les résultats obtenus peuvent être très satisfaisants, avec une quantité modérée. Les eaux minérales ferrugineuses et celles de Bourges en particulier offrent du fer sous une forme très analogue aux combinaisons. organiques : « C’est une matière médicale organisée vivante » (Landouzy).
Les expériences sur les eaux ferrugineuses sont très rares et c’est la raison pour laquelle on rapporte leur action physiologique à ce que l’on sait du fer minéral. Mais, à l’heure actuelle, après les travaux faits à ce sujet, notamment ceux du Professeur Kopaczewski, on arrive à démontrer que le fer dans les eaux minérales, comme d’ailleurs les autres composés minéraux, se trouve à l’état colloïdal. L'existence de colloïdes dans ces eaux leur a fait mériter le terme d’eaux vivantes ».
Mais l’état colloïdal est éminement instable et l’eau minérale contenant des colloïdes, se trouve à l’émergence brusquement, dans d’autres conditions que dans la profondeur de la terre, elle ne supporte pas ce contact, et meurt. Sa vie comme toute vie est éphémère. Ce qui a permi à Chaptal de dire « quand on analyse une eau minérale on dissèque un cadavre ».
L'action physiologique des eaux ferrugineuses s’explique, malgré la faible proportion de métal par le pouvoir catalyseur du fer dont une petite quantité produit des effets considérables.
Dans l’eau minérale, il y a ce que nous connaissons mais il y à aussi ce que nous ne connaissons pas encore.
D’après les travaux sur les eaux ferrugineuses on peut leur attribuer les actions pharmacodynamiques suivantes :