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Depuis l’époque de la publication du livre de Mercier la renommée de la Fontaine était si grande que Jean Chenu, avocat en parlement, en 1621 dans son « Recueil des antiquitez de la Ville de Bourges » écrivit un chapitre sur elle. Il ne fit d’ailleurs que de copier les principaux passages du livre de Mercier.
Nous trouvons dans les archives municipales de Bourges en date du 10 juin 1624 le marché d’un siège de pierre de neuf pieds de long dans l’enclos de la Fontaine Saint-Firmin. Ce qui nous prouve que les réparations nécessaires en 1619 ont bien été effectuées et que l’enclos comprend déjà une promenade.
Il aurait paru à Bourges en 1631 un livre de Maurice de Monteuil sur les « Fontaines minérales de la ville de Bourges ». Nous citons cet ouvrage d’après la « Bibliothèque du Père Lelong » car aucun des auteurs suivants n’en fait mention.
Après avoir eu pendant près de 100 ans une grande célébrité la Fontaine Saint-Firmin semble être un peu abandonnée et surtout mal entretenue, si nous en croyons l'extrait d’une lettre écrite le 5 janvier 1667 par Guenault, premier médecin de la Reyne, celui dont Boileau parle en ces termes dans sa satire sur les embarras de
Paris : « Guénault sur son cheval en passant m'éclabousse ».
« Monsieur,
«Pour prévenir les inconvénients de la collique néphré- « tique et de la gravelle dont vous avez ressenti les
« douleurs, je ne saurois vous suggérer un meilleur et « plus souverain remède que l’usage de l’eau de votre « Fontaine de Fer... Je m'étonne de ce que Messieurs les « Médecins vous conseillent Pougues ayant la Fontaine « de Fer, qui à des vertus singulières pour ce mal, « pourvu qu’on ait bien soin de l’entretenir et de la « faire couler ».
L’entretien laissa longtemps à désirer puisque le 12 juin 1681 MM. les Maires et Echevins de la ville de Bourges publierent l’Ordonnance suivante :
« Pour ne point priver le public d’un aussi puissant « secours il est défendu de jeter ou de faire jeter des im- « mondices dans le fossé ou coule l’eau de la Fontaine, « ni d’y laver les herbes ou du linge, afin d’éviter le « regonflement et les dommages qui pourraient en ré- « sulter ».
La peine prononcée par cette ordonnance contre les contrevenants était de 50 livres d’amendes payables sans deport (51 livres 6 sols 10 deniers) avec l'obligation de curer le fossé.
Il nous faut arriver en 1683 pour trouver une étude complète et sérieure de l’eau de la Fontaine Saint- Firmin. Etienne Cousturier, docteur et professeur en Médecine de l’Université de Bourges publia cette année là un « Traité des eaux minérales de Bourges ». Cet ouvrage eut un grand retentissement à l’époque et fut approuvé par les Facultés de Médecine de Bourges et de Paris.
Le Doyen de celle de Bourges, Jacques Lebloy fit
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parvenir à l’auteur une pièce de vers latins qui fut imprimée en tête de l’ouvrage sous la forme suivante :
« Dom Stephano Cousturier Academia Bituricencis «in Faculte Medica constanti et perenni Professori « meritissimo, super ipsius Libellum De Fonte Saincti « Firmini, Jacobus Lebloy in eadem Facultate. Decanus, « haec Disticha reponit :
« Bitturigum latices Acidos, mira arto recludis, « Alkali et impletos, meus peracuta fodit
« Utque salis varii discorcs concordia lymphas, « Temperat, et cogit plura Metalla simul
« Sic Veterum Libros et commentaria saecli
« Praesentis, parvo codice solus habes.
« At quod ab ingenio naturae Fons capit, idem
« Natura ut valeat, debet et illa tuo.
C’est dans l’ouvrage de Couturier que nous trouvons la première description de l’enclos : promenade et fontaine.
« La Fontaine à 3 pieds de diamètre et 18 pieds de « profondeur ; elle est proche d’un plan d’arbre qui fait « une agréable promenade aux beuveurs le long de la « rivière d’Yèvre. Le bassin vidé se rempliten 1 /2 quart d'heure, en pleine sècheresse ».
Ce traité établi aussi la technique de la cure d’après le résultat de nombreuses observations.
Mais 40 ans plus tard la Fontaine était encore très mal entretenue. En 1720 le municipalité vendit 16 ormes
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et fit faire un devis pour la réparation et l’agrandissement des lieux d’aisances.
Quoique la Fontaine fut renfermée, l’entretien de la cloture était tellement négligée, que les bestiaux allaient y boire.
Les médecins en firent l’observation à l’Hôtel de Ville et d’après leur rapport, il fut résolu, le 28 décembre 1721, que l’enclos serait rétabli qu’on y mettrait une barrière à l’entrée, qu’on pratiquerait des lieux communs et qu’enfin on y remplacerait les ormes morts. Toutes ces réparations ont couté 100 livres outre l’abandon de 13 ormes aux ouvriers.
Trente ans plus tard, le 26 août 1751, on adjugea les arbres qui étaient restés sur pied aux SieursBernardel, Dubreuze et Flagis moyennent 300 livres.
Dans le courant de juin 1759 on placa une grille de fer à l’entrée de la promenade et sur l’un des pilastres qui la soutenait on grava l'inscription suivante, sur une plaque de marbre de Saint Pallais :
« An de Grace MDCCLIX de la Mairie.
« De M. Jacques Henri Triboudet, Ecuyer, Seigneur de « Boisvert, conseiller du Roi, lieutenant du baiïllage de « Berry, Siège Présidial de Bourges.
« De l’Echevinage.
«De MM. Jacques Robinet des Grangiers. Conseiller du Roi, son premier avocat au même siège :
« De M. Claude Bonardel, ancien Prévot de la juri-