MALADIES CONTRE LESQUELLES EST EMPLOYÉE L'EAU DE LA HOUNT—CAOUTE
Tout d'abord, comme je l'ai déjà dit, l’eau de la Hount-Caoute était presque exclusivementemployée dans les maladies des reins et de la vessie, mais depuis l’on s’est aperçu qu’elle a uneinfluence no moins bienfaisante dans un certain nombre de ma-
.ladies chroniques où une tonification externe et interne est nécessaire, comme dans les maladies du foie et de l'estomac, où elle agit sûrement etsurtout efficacement.
Sur le foie, elle agit en'réveillant la torpidité de cet organe engorgé, mais si elle ne dissout les calculs biliaires une fois fermés, elle réveille et ranime les contractions des canaux hépatique, cystique et cholédoque ; elle sollicite les sécrétions biliaires dont les produits tendront à entraîner-les calculs,
De plus, comme l’eau de la Hount-Caoute peut être rangée avec les eaux de Vals, Contrexéville, Pougues, désignées par Trousseau sous le nom d’eaux à longue portée, en ce qu'elles agissent longtemps encore après que l’on a cessé d'en faire usage, elle prévient le mal qu’elle est impuissante à guérir et s'oppose à la formation de nouveaux calculs, éloign anrinsi l'apparition des coliques hépatiques, les faisant même disparaitre.
Enumérant les trop nombreuses maladies du
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foie, l'on comprend que dans la congestion simple de cette glande, l'eau minérale dont elle est imprégnée durant toute la durée du traitement aura sur elle une action très puissante; si puissante même que l’on voit apparaître des symptômes d’acuité qui obligeront le médecin à en suspendre lusage. Aussi au début doit-on procéder avec certains Lâtonnemenis, jusqu’au moment où l’on aura bien saisi la susceptibilité du malade : après avoir commencé à faire boire de deux à quatre verres par jour, pro- , œressivement l’on aura recours à des doses plus considérables.
Sous l'influence de ce traitement, le trouble des fonctions digestives disparaît ; la bile devenue plus liquide est versée par les voies biliaires dans la partie supérieure du tube intestinal ; et par l’afflux des liquides divers que l’eau de la Hount-Caoute produit vers les parties inférieures du canal digestif, elles concourent à la diminution de la congestion qui a pour siège la glande hépatique. (Ticier.)
Les médecins de Capvern prescrivent encore les bains sédatifs du Bouridé, les douches à forme, à température, à énergie variables suivant les cas.
La couche descendante percutant directement la région hépatique sera un puissant moyen à empioyer pour obtenir la résolution.
Chez les malades atteints de coliques hépatiques, les eaux sulfatées calciques de la Hount-Caoute ont . une action aussi grande que les eaux alcalines de Vichy, Carlsbaad. Sous leur influence l’on voit les
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malades rendre une quantité prodigieuse de graviers.
Comment agissent ici ces eaux ? De nombreuses théories ont été imaginées, mais elles ont été toutes battues plus ou moins en brèche. Qu’elles contiennent certains principes qui, communiquant à la bile des qualités particulières, permettent d’agir sur les calculs en les désagrégeant et facilitent ainsi leur passage dans l'intestin ; ou bien agissent-elles par l’abondante formation d’une bile diluée et très liquide, capable d’entraînerles calculs, je ne saurais le dire. L'observation clinique a démontré leur efficacité incontestable et cela suffit. |
Seulement l’on peut penser que la seconde hypothèse est fort possible, surtout lorsque l’on voit que effet produit est en raison directe de la quantité plus considérable de iiquide absorbé.
Je connais une dame de Toulouse qui, après de nombreux accès de coliques hépatiques, et malgré le traitement institué sans améliorations, fut envoyée à Vichy. L'effet de ces eaux fut d'aggraver son état. Découragée, elle repartit après peu de temps. À partir de cette époque sa santé déclina de plus en plus. L’année suivante en 1873, trop faible pour entreprendre le voyage de Vichy, elle se rendit à Càpern.
Les premiers jours, il lui fut prescrit de boire de l’eau de la Hount-Caoute à petites doses ; puis des bains au Bouridé d’une demi-heure. La quantité d’eau fut augmentée progressivement, la durée des
bains également. Sous l'influence de ce traitement, des coliques se déclarèrent, suivies de selles diarrhéiques qui persistèrent pendant plusieurs jours ; arrivée avec une teinte jaunâtre très prononcée, l’ictère ne tarda pas à disparaître. Les fonctions digestives, de languissantes qu’elles étaient, devinrent plus actives. Les forces revinrent insensiblement. La douleur et l’empâtement de la région hépatique céda peu à peu, et à son départ de Capvern, après 20 jours, l’état de cette malade était tellement amélioré qu'elle avait obtenu un-soulagement presque absolu.
Ce soulagement ne s’est pas encore démenti, mais, depuis cette époque, cette dame n’a pas mauqué une seule fois de venir à Capvern au moins une fois par an.
Je regrette qu’il ne m'ait point été permis de rédiger cette observation dans un style vraiment scientifique, car elle serait ainsi à l'abri de toute criique. Malgré cela, elle m'a parue intéressante, car elle montre que, dans certains cas, Capvern a une grande supériorité sur les eaux alcalines, surtout chez les malades âgés ou arrivés à une période de déchéance vitale assez avancée. |
Les eaux de la Hount-Caoute sont donc très efficaces dans les coliques hépatiques, car elles modifient la constitution et peut-être les organes sur lesquels elles semblent avoir une action toute spéciale. La présence dans ces eaux de sels de chaux et de magnésie, d'acide carbonique les rendent di-
Dh gestibles ; ne troublant pas les fonctions digestives, elles n'épuisent pas les malades.
Leur effet sera notablement augmenté en suivant un régime régulier tel que le recommandait Trousseau. « L'on ne doit pas insister sur la nécessité d’une alimentation végétale, ni la proscrire à lexclusion d’une alimentation animale, mais seulement combiner sagement ces deux alimentations. Les malades mangeront de préférence les végétaux herbacés, en évitant le beurre, l'huile, les substances grasses, qui, chez les individus dont le foie fonctionne mal, se digèrent difficilement. » Un exercice régulier, facilitant les mouvements de décomposition et de composition organique et qui favorise la combustion des matières grasses de l’économie, sera également fort utile,
Parmi les baigneurs que reçoit Capvern chaque année, un grand nombre sont atteints de dyspepsie.
Que cette dyspepsie soit essentielle ou symptomatique, cela n'offre point d'importance au point de vue du traitement, sauf seulement dans quelques cas.
Ainsi une dyspepsie symptomatique de lésions organiques incurables, ou d’ulcérations simples de l'estomac, serait aggravée, car, sous l'influence de l’eau de la Hount-Caoute, l’on verrait augmenter le travail de désorganisaiion des tissus.
Dans la dyspepsie à forme gastralgique où l’élément nerveux domine, les phénomènes dyspepsi-
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ques, se traduisant par des douleurs très vives du côté de l’estomac ou de l’abdomen, l’eau de la Hount-Caoute, par le fait de sen excitation trop vive, doit être proscrite et remplacée par l’eau de Bouridé, qui rend ici de grands services.
Enfin, l’on doit proscrire l’usage de l’eau de la Hount-Caoute dans les dyspepsies où il existe des phénomènes dominants de pneumatose gastrique ou intestinale. Dans ce cas, l'estomac supporte mal cette eau, même à très petites doses, et ne la digère que très difficilernent, quand il la digère. L'eau de Rouridé trouve encore ici son emploi.
Mais, à part ces trois cas, l’eau de la Hount- Caoute est souveraine dans la dyspepsie.
Dans cette maladie, l’appétit est parfois conservé, mais cet appétit est bizarre : une petitequantité d’aliments lui suffit. Les digestions sont lentes, difficiles, s’accompagnent d’un sentiment de malaise ; parfois surviennent des nausées et des vomissements; les renvois sont beaucoup plus fréquenis, à saveur aigre et acide, provoquant un sentiment de brülure en remontant le long de l’œsophage et du pharyox. La région épigastrique est gonflée, sonore et douloureuse. Les malades atteints de dyspepsie ont mal de tête; leur caractère est inquiet, apathique.
À la longue, l’état général s'aggrave chez ces malades; le sang s’appauvrit sous l'influence du mauvais état des fonctions digestives et les plon-
gent dans un état de marasme pouvant se terminer fatalement.
Quelle est ici l’action de l’eau de la Hount- Caoute ? Est-ce en imprimant à l’économie une modalité en vertu de laquelle les sécrétions gastriques étant régularisées, les sucs de l'estomac ne contiennent plus que les quantités normales d'acides qu'ils doivent contenir? Ou bien est-ce par la présence du carbonate de fer, ou bien encore parce qu’elle ne contient que fort peu de principes miné. ralisateurs ? Autant de causes sans doute qui s’ajoutent pour produire l'effet bienfaisant.
De plus, l’acide carbonique que renferme l’eau de la Hount-Caoute la rend très propre au traitement de la dyspepsie, car cet acide est, parmi les principes divers que présentent les eaux minérales, celui qui s'adapte le mieux à l’état dyspepsique.
L'air pur et libre des montagnes aide, lui aussi, à la cure de la dyspepsie ; à lui seul, il peut avoir raison de cette maladie, mais dans sa forme légère.
Si elle date de longtemps, au traitement aérothérapique l’on doit joindre le traitement hydrothérapique. |
L'eau de la Hount-Caoute, en boisson à la dose de trois à six verres par jour, en bains dont la température doit varier selon les cas. Les douches ont également leur indication, car l'excitation qu’elles produisent sur la peau favorise singulièrement le rétablissement des fonctions digestives.
Ogservarion (T'icier). — M. d'A..., de Toulouse, âgé de 30 ans, rentier, est d’un tempérament lymphatique et d’une bonne constitution. Ce malade, . arrivé à Capvern en 1872, a les digestions très laborieuses depuis deux ans, Il boit continuellement à ses repas de l’eau de Vichy. Les aliments nepassent pas sans le secours de cette eau minérale. M. d'A. éprouve des bourdonnements d'oreilles fort incommodes, une sensation de vide dans la tête d’une faiblesse extrême. Il est pâle et en proie à un véritable éréthisme nerveux. La constipation est habituelle. Ce sont les alcalins sous toutes les formes qui ont été la base du traitement médical qu'il a suivi.
Nous lui conseillons quatre à six verres d’eau de la Hount-Caoute, douche ascendante, les douches générales froides et les bains tempérés du grand établissement.
Dès les premiers jours du traitement, M. d'A. est abondamment purgé par l’eau minérale; l’appétit se déclare très vif ; les digestions deviennent très faciles et les forces reparaissent très rapidement, Le malade fit un séjour de vingt jours et repartit dans un excellent état.
Si J'ai cité cette observation, c’est qu’il m'a été donné de savoir que, depuis cette époque, M. d'A... n’a plus éprouvé d'accidents dyspeptiques et qu’il jouit toujours d’une santé excellente.
Dans les maladies des voies urinaires et les af-