Esprit de l'enseignement
Quoique les « Baugewerkschulen » soient des institutions secondaires de l'industrie du bâtiment, elles recherchent, dans la construction usuelle, dont les types sont la maison de ville et les constructions rurales, toutes leurs matières d'enseignement : les études sont essentiellement concrètes et procèdent de l'intuition ; elles ont une tendance à généraliser et produisent ainsi tout leur effet éducatif.
La physique, par exemple, s'attache à l'explication des phénomènes particuliers que présentent les matériaux, la manière dont ils se comportent sous l'influence de certains états atmosphériques déterminés ; de ces études, toutes d'observation, sont dégagées avec soin des vérités générales, à leur tour contrôlées par l'expérience.
La chimie n'est pas systématique ; elle se rattache spécialement aux matériaux et à l'hygiène du bâtiment; elle recherche, de concert avec la physique, le caractère technologique des matériaux, les règles à observer dans la construction; elle justifie leur emploi dans certaines circonstances déterminées et explique les recettes employées dans la pratique.
Les données de la chimie et la physique sont présentées simultanément pendant les études. L'étude de l'eau, par exemple, comporte : ses propriétés chimiques et sa composition, ses propriétés
formule pratique les corporations inculquent le métier à leurs apprentis. L'enseignement se borne à l'étude des détails, tant au point de vue de leur construction, que de leur tracé. Les corporations estiment avec raison qu'un simple apprenti qui n'a que quelques heures par semaine à consacrer aux études, ne saurait acquérir une science et une culture intellectuelle assez vastes pour saisir, dessiner et concevoir des constructions complètes. Les plans, les façades, les coupes d'un ensemble constituent un véri- • table chantier sur lequel l'architecte assigne à chaque corps de métier, qui collabore à sa réalisation, une part déterminée du travail total.
Le plan d'ensemble est une vaste synthèse au-dessus de la portée de l'ouvrier. L'architecte doit tenir compte des convenances et de la destination des différentes pièces, de la stabilité et des résistances, des prescriptions de l'hygiène par rapport à l'éclairage et à la ventilation ; la façade doit être l'expression de la distribution intérieure et offrir, par l'opposition originale des pleins et des vides, un cachet particulier, que seul l'homme supérieurement cultivé peut lui imprimer. Pour synthétiser toutes ces prescriptions utilitaires, scientifiques, artistiques si divergentes, il faut une culture générale très vaste au-dessus de la portée d'une école ouvrière; c'est pourquoi les corporations ne s'évertuent pas en stériles efforts en apprenant aux élèves les tracés de façades et de plans, qui ne constitueraient pour eux qu'un simple dessin superficiel, une copie d'images ne disant rien à leur intelligence. Elle permet seulement aux élèves, les plus avancés, le tracé de quelques profils d'entablements, de frises, d'encadrements de portes et fenêtres appareillés.
Le rôle de l'école est modeste, mais les résultats sont grands, parce qu'elle donne aux maçons et charpentiers, qui ont cherché surtout dans la routine leurs principes professionnels, un savoir pratique et l'intelligence du travail.
Vivifier le métier par la science, voilà le but des corporations et l'effet produit par les études.
LES
ÉCOLES SECONDAIRES DU BATIMENT
BAUGEWERKSCHULEN
L'Allemagne et l'Autriche sont les seuls pays qui possèdent des écoles spéciales pour les entrepreneurs et conducteurs du bâtiment.
La Prusse compte 12 écoles complètes, fréquentées, en 1895- 1896, par environ 3,000 élèves et autant d'écoles du bâtiment avec des cours incomplets, auxquelles il manque seulement les ressources financières pour se développer en une baugewerkschule.
La Saxe en possède 5; le Wurtemberg 1, avec 1,000 élèves, etc.
Le Gouvernement prussien a pour objectif de doter chaque province suivant son importance d'une ou de deux écoles ; il les multiplie dans la mesure des ressources budgétaires, car, malgré le développement considérable de ces institutions, 1,500 élèves doivent être refusés annuellement pour manque de place, ce qui prouve combien ces écoles répondent à un besoin général.
Toutes les écoles allemandes et autrichiennes sont organisées d'après les Baugewerkschulen prussiennes; le but poursuivi, les méthodes et les programmes sont absolument semblables; il nous suffira donc de retracer la physionomie complète d'une d'entre elles, pour donner une idée de cet important groupe d'écoles,
formule pratique les corporations inculquent le métier à leurs apprentis. L'enseignement se borne à l'étude des détails, tant au point de vue de leur construction, que de leur tracé. Les corporations estiment avec raison qu'un simple apprenti qui n'a que quelques heures par semaine à consacrer aux études, ne saurait acquérir une science et une culture intellectuelle assez vastes pour saisir, dessiner et concevoir des constructions complètes. Les plans, les façades, les coupes d'un ensemble constituent un véri- • table chantier sur lequel l'architecte assigne à chaque corps de métier, qui collabore à sa réalisation, une part déterminée du travail total.
Le plan d'ensemble est une vaste synthèse au-dessus de la portée de l'ouvrier. L'architecte doit tenir compte des convenances et de la destination des différentes pièces, de la stabilité et des résistances, des prescriptions de l'hygiène par rapport à l'éclairage et à la ventilation; la façade doit être l'expression de la distribution intérieure et offrir, par l'opposition originale des pleins et des vides, un cachet particulier, que seul l'homme supérieurement cultivé peut lui imprimer. Pour synthétiser toutes ces prescriptions utilitaires, scientifiques, artistiques si divergentes, il faut une culture générale très vaste au-dessus de la portée d'une école ouvrière; c'est pourquoi les corporations ne s'évertuent pas en stériles efforts en apprenant aux élèves les tracés de façades et de plans, qui ne constitueraient pour eux qu'un simple dessin superficiel, une copie d'images ne disant rien à leur intelligence. Elle permet seulement aux élèves, les plus avancés, le tracé de quelques profils d'entablements, de frises, d'encadrements de portes et fenêtres appareillés.
Le rôle de l'école est modeste, mais les résultats sont grands, parce qu'elle donne aux maçons et charpentiers, qui ont cherché surtout dans la routine leurs principes professionnels, un savoir pratique et l'intelligence du travail.
Vivifier le métier par la science, voilà le but des corporations et l'effet produit par les études.
LES
ÉCOLES SECONDAIRES DU BATIMENT
BAUGEW^ERKSCHULEN
L'Allemagne et l'Autriche sont les seuls pays qui possèdent des écoles spéciales pour les entrepreneurs et conducteurs du bâtiment.
La Prusse compte 12 écoles complètes, fréquentées, en 1895- 1896, par environ 3,000 élèves et autant d'écoles du bâtiment avec des cours incomplets, auxquelles il manque seulement les ressources financières pour se développer en une baugewerkschule.
La Saxe en possède 5; le Wurtemberg 1, avec 1,000 élèves, etc.
Le Gouvernement prussien a pour objectif de doter chaque province suivant son importance d'une ou de deux écoles ; il les multiplie dans la mesure des ressources budgétaires, car, malgré le développement considérable de ces institutions, 1,500 élèves doivent être refusés annuellement pour manque de place, ce qui prouve combien ces écoles répondent à un besoin général.
Toutes les écoles allemandes et autrichiennes sont organisées d'après les Baugewerkschulen prussiennes; le but poursuivi, les méthodes et les programmes sont absolument semblables ; il nous suffira donc de retracer la physionomie complète d'une d'entre elles, pour donner une idée de cet important groupe d'écoles,
auxquelles TEtat, les provinces et les communes accordent toute leur sollicitude.
Les programmes tiennent compte, dans une certaine mesure, des besoins de l'industrie locale du bâtiment et de l'importance des communes qu'elles desservent; dans les grands centres, la maison de ville est le pivot de l'enseignement; dans les centres moins importants comme à Magdebourg où les élèves sont destinés à exercer leur profession tant dans la ville qu'à la campagne, le programme comprend, outre les constructions des villes, les constructions rurales. Le double caractère de cette école, joint à son organisation modèle, sous la direction intelligente de M. Mùller, architecte, nous engage à rattacher notre étude à l'école de Magdebourg.