‹ Étude sur les écoles techniques de l'industrie du bâtiment et de l'industrie du bois en AllemagneChapitre 23 sur 61 · Les frais d'écolage. — Les professeurs · texte numérisé non relu

Les frais d'écolage. — Les professeurs

La contribution scolaire pour l'hiver s'élève à 80 marks ; pour l'été, à 50 marks.

• Malgré l'élévation des frais d'écolage, toutes les écoles du bâtiment sont combles; en Prusse, il est refusé \ ,500 élèves en moyenne par an, pour manque de place. Aux différentes propositions émanées de la commission de l'industrie, des congrès, des Chambres, le Gouvernement oppose : l'afflluence extraordinaire vers les écoles, le danger de former pour l'industrie du bâtiment des élèves qui ne sauraient y trouver une occupation conforme à leurs aptitudes; il préconise l'octroi de bourses dans une proposition maxima de 10 pour cent. De leur côté les corporations et des legs particuliers accordent assez bien de bourses aux ouvriers qui montrent des

dispositions spéciales. Quoique les études complètes coûtent 318 marks de minerval, la moitié des élèves sont des ouvriers, qui se procurent en été les ressources nécessaires pour continuer leurs études en hiver.

Quant aux professeurs, ils sont choisis parmi les meilleurs architectes-constructeurs. Les Pouvoirs publics pensent qu'il est de leur devoir de favoriser le plus possible l'éducation des ouvriers qui étudient dans d'aussi dures conditions, et ils le font en organisant à l'école des collections et des bibliothèques sur un bon pied, en n'admettant dans chaque classe que 30 élèves au maximum, et surtout en y attirant par des traitements relativement élevés, des professeurs possédant avec un grand savoir une connaissance parfaite des méthodes et une parfaite honnêteté professionnelle.

La nomination se fait rarement à vie; le plus souvent à terme. Le système des nominations à terme présente certains avantages : l'école peut ainsi se débarrasser de professeurs qui ne possèdent pas les qualités pédagogiques voulues; d'autre part, ce système présente le grand inconvénient de ne pas donner aux professeurs la stabilité et la confiance nécessaires pour poursuivre avec calme les études particulières que comporte l'enseignement.

6. — Influence de la corporation de l'Industrie du bâtiment sur les écoles*

La Fédération des Corporations du bâtiment est la plus puissante de l'Allemagne; elle s'occupe directement ou par l'intermédiaire de ses filiales de la tendance des études et s'intéresse à la prospérité des écoles ; on peut dire que son influence est très bienfaisante.

C'est généralement par son intervention que les écoles du bâtiment sont créées; aussi, elle ne les reconnaît et ne leur prête son appui moral que pour autant que leur organisation, leur tendance et le niveau des études sont conformes aux vues de la corporation. A des intervalles irréguliers, elle invite les écoles du bâtiment reconnues par elle à exposer les travaux des élèves. A l'occasion de cette exposition, on organise généralement un congrès, qui donne lieu à des discussions hautement intéressantes : les travaux des élèves et les méthodes d'enseignement y sont scrutés et critiqués

méticuleusement ; les intérêts professionnels y sont débattus. Les autorités supérieures suivent avec intérêt ces congrès, où elles peuvent trouver des idées à mettre en pratique. En 1893, pareille exposition eut lieu à Hanovre, sous les auspices de la Fédération ; toutes les écoles reconnues de Prusse, de Saxe et de Wurtemberg y participèrent; un grand congrès réunit les délégués du Gouvernement et des villes intéressées, ainsi que les directeurs, les professeurs et les protecteurs. Ces expositions et ces congrès provoquent une émulation de bon aloi parmi les écoles et contribuent au perfectionnement des méthodes d'enseignement.

Les gouvernements de la plupart des Etats allemands confèrent formellement aux corporations le droit de contrôle sur les écoles du bâtiment, en les invitant à déléguer trois membres qui siègent dans le jury pour la délivrance des diplômes de sortie, avec les mêmes droits que les professeurs et les représentants de l'État et de la Ville. La Fédération, de son côté, a décidé de dispenser de répreuve théorique de la maîtrise organisée par les corporations, les élèves qui satisfont à l'épreuve finale de l'école. Cette faveur a son utilité et est très appréciée : les corporations du bâtiment, usant du droit que leur confère la loi industrielle, ont organisé dans beaucoup de districts (Dantzig, Brème, etc.) l'épreuve de la maîtrise ; sous la poussée des corporations, la loi industrielle ne tardera pas à proclamer l'épreuve obligatoire et à subordonner le droit de construire à la possession d'un certificat de capacité, en somme déjà exigé pour des industries moins dangereuses et moins importantes. Les connaissances pratiques pourront évidemment être acquises soit par l'apprentissage, soit par une pratique jugée suffisante; les connaissances théoriques et techniques de construction s'obtiendront dans les écoles pour l'industrie du bâtiment ; mais tous les aspirants patrons devront prouver, devant une commission composée de commun accord par l'Etat et par la corporation, qu'ils possèdent des aptitudes théoriques et pratiques suffisantes. En considérant l'épreuve finale théorique comme une partie de l'épreuve de la maîtrise, la Fédération rend un grand service aux écoles; aussi se prévalent-elles de cette haute faveur dans leurs prospectus.

La corporation accorde un appui moral et pécunier aux écoles qu'elle a reconnues. Elle permet aux professeurs de conduire leurs élèves sur les travaux; elle fait don aux écoles des produits et des matériaux de construction les plus récents et les plus perfec-

tiennes, soutient par des bourses d'études un certain nombre d'élèves indigents, les protège et s'occupe de leur avenir après qu'ils ont achevé leurs études. Ce patronage est d'autant plus précieux, que la fédération monopolise à peu près toute l'industrie du bâtiment et que sa recommandation a de la valeur pour toutes ses filiales de l'empire.

Du concours des corporations, de l'État, des provinces et des villes dans le domaine de l'enseignement professionnel résulte une situation éminemment favorable au relèvement des métiers.v

7. — Branches d'enseignement et leur importance relative. — Heures des cours.

L'enseignement se donne le jour. Nous reproduisons au verso le tableau indiquant le nombre d'heures de leçons consacrées à chaque branche, d'où l'on peut conclure à leur importance relative.

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