‹ Étude sur les écoles techniques de l'industrie du bâtiment et de l'industrie du bois en AllemagneChapitre 5 sur 61 · Leurs écoles · texte numérisé non relu

Leurs écoles

On peut dire que l'élan en faveur de l'enseignement professionnel est parti des patrons; les neuf dixièmes des Fachschnlen et des cours professionnels existants sont issus des écoles des corporations, dont l'origine, pour beaucoup d'entre-elles, se rattache au moyen-âge. Organisées d'abord modestement aux frais exclusifs de la corporation, sur le pied de quelques heures de cours par semaine, ces écoles, dirigées par des gens du métier, adaptées strictement aux besoins du métier, ont attiré dans ces derniers temps l'attention des autorités publiques. Beaucoup de corporations ont obtenu pour leurs écoles un subside fixé sur les bases d'un contrat, déterminant les obligations et les relations réciproques de la commune et des corporations. Leurs écoles sont devenues ainsi des institutions permanentes et durables. Sous la poussée des nécessités nouvelles, elles s'accrurent rapidement, élargirent leur cadre et la portée des études. En mainte localité, elles prirent un développement tel, que les membres de la corporation n'auraient pu mener de front leurs affaires privées et la

direction de plus en plus absorbante de renseignement; de plus, l'allure des cours grandit par l'introduction des principes des sciences plus vastes et des arts industriels plus élevés, à tel point que les patrons, ne se sentant plus à la hauteur de la tâche, durent se résigner à céder leurs écoles aux villes. Celles-ci les ont organisées et développées grandement et luxueusement et en ont fait ces établissements modèles, dont nous avons tâché de donner une idée dans nos précédentes études. Telle est, en général» l'origine de l'enseignement technique allemand.

L'enseignement s'est élevé et transformé avec les ressources des villes; il a néanmoins conservé cette qualité fondamentale, qui est l'empreinte de son origine : le caractère pratique, les méthodes et les matières puisées dans le travail. C'est par là que ces écoles sont devenues de puissants instruments d'éducation populaire.

Si dans cette transformation les corporations ont perdu, en maint endroit, la direction effective des écoles professionnelles, elles continuent à les soutenir moralement et pécuniairement; elles leur assurent une fréquentation régulière en obligeant les apprentis à suivre les cours, leur procurent des modèles et des travaux et invitent les élèves à l'étude dans leurs ateliers.

Les corporations pour l'industrie du bâtiment s'intéressent particulièrement aux écoles du bâtiment de l'État et des villes. Elles délèguent une commission chargée d'examiner à fond l'organisation et la tendance des études; si elles sont trouvées conformes aux vues des corps de métiers, elles sont reconnues. Cette reconnaissance est très flatteuse pour les écoles qui en sont l'objet; elle entraîne d'ailleurs des avantages; ainsi les élèves qui ont suivi d'une manière satisfaisante les cours de l'école du bâtiment reconnue, sont dispensés de l'épreuve théorique de la maîtrise; il ne leur reste à subir que l'épreuve pratique.

Le Gouvernement lui-même apprécie l'utilité de l'intervention des corporations dans la surveillance de l'enseignement officiel. Tous les ans, il invite trois membres de la corporation à siéger au sein du jury pour la délivrance de certificats d'études et de diplômes de capacité.

La coopération des autorités corporatives et des pouvoirs publics produit le meilleur effet sur l'esprit et sur la tendance des études; elle maintient l'enseignement dans la voie pratique et incite les professeurs à enseigner en tenant compte des réalités du métier; elle empêche que l'école ne s'enferme dans un esprit conventionnel et ne perde de vue son but : tout pour le travail réel.

Les corporations possèdent actuellement, disséminées sur le territoire de Prusse :

103 écoles professionnelles du degré inférieur, avec enseignement général de l'allemand et du calcul, fréquentées par 5,486 apprentis.

163 écoles sans ces branches générales, fréquentées par 6,019 apprentis.

Soit 268 écoles fréquentées par 11,674 élèves (1).

Berlin compte seule 24 écoles professionnelles des corporations dont 15 placées sous un curatorium composé de délégués des corporations, de la ville et de TÉtat, et entretenues à frais communs. Les autres (marquées d'un astérisque) sont entièrement entretenues par les corporations (2).

Nous indiquons ci-dessous, d'après le même Denkschrift, les noms et la population de ces écoles en date du 2 janvier 1895 :

*1 école pour peintres, laqueurs, etc. .

1 école pour peintres

2 écoles pour barbiers, perruquiers, etci 1 école pour cordonniers

1 » » tailleurs

2 écoles pour boulangers

M école pour menuisiers.

forgerons

tapissiers et garnisseurs .

selliers, bourreliers, maroquin'*

vitriets

charrons

ramoneurs

relieurs

potiers, céramistes .

cuisiniers ......

paveurs

vanniers

hôteliers

dentistes

338 élèves.

(1) Dcnkschrifl vbcr die Entwickelung der gewerbUchen Forlbiidungschulen in Preussen^ par K. Luders et Simon, 4896, p. 109, appendice G.

(2) Ubersicht iiber dos Fortbildungsvhultvesen, Berlin 4 395 .

1 école pour jardiniers 88 élèves

*1 » » typographes 386 )>

*1 » )) pâtissiers 57 )>

24 écoles des corporations 4,371 élèves.

Pour faire ressortir le rôle des corporations dans renseignement des métiers, il suffira d'opposer à ces statistiques le relevé des écoles officielles du degré inférieur en Prusse et de leur population en date du 2 janvier 1895 (1) :

472 écoles professionnelles obligatoires . . 56,147 élèves.

289 » » facultatives . . 44,270 )>

138 » commerciales 10,600 »

124 » professionnelles et commerciales dans la Prusse orientale et dans la province de Posen 10,025 »

Berlin (2j :

1 école de tissage (cours du jour) ... 31 »

)) » (cours du soir) . . -, 209 w

2 écoles de métiers (Handwerkschulen) » 3,049 » 1 école industrielle (Gewerbesaal), avec

9 écoles filiales dans les différents quart^*" 1,402 )>

1 école pour menuisiers, avec 5 filiales . 031 »

1 » )) maçons et charpentiers . . 223 w

1 » du bâtiment du 2® degré . . . 380 »

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